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L'origine de Excommunication



Depuis la plus haute antiquité

L'origine de l'excommunication est de la plus haute antiquité. Les Grecs en transmirent l'usage aux Romains, et les druides ne faisaient point participer à leurs mystères ceux qui n'étaient pas entièrement soumis à leur jugement. L'excommunication était en usage chez les Juifs ; on la voit constamment établie au temps de Jésus-Christ, puisqu'il avertit ses apôtres qu'on les chassera des synagogues.


L'excommunication dans l'église

Dans la primitive église, l'excommunication était fort simple : les évêques dénonçaient aux fidèles les noms des excommuniés et leur interdisaient tout commerce avec eux. Vers le IXe siècle, on accompagna la fulmination de l'excommunication d'un appareil propre à inspirer la terreur ; douze prêtres tenaient chacun une lampe à la main, qu'ils jetaient à terre et foulaient aux pieds ; après que l'évêque avait prononcé l'excommunication, ou sonnait une cloche, et l'évêque et les prêtres proféraient des anathèmes et des malédictions.
Le 6 de juillet de l'année 900, les douze évêques qui avaient assisté à l'ordination du successeur de Foulques excommunièrent, dans l'église Notre-Dame de Reims, les meurtriers de ce prélat. En prononçant les malédictions usitées en pareils cas, ils jetèrent les lampes qu'ils tenaient dans leurs mains, et les éteignirent. C'est le premier exemple d'une semblable excommunication. Ces cérémonies ne sont plus guère en usage qu'à Rome, où, tous les ans, le jeudi-saint, dans la publication de la bulle in cœncî Domini, l'on éteint et l'on brise un cierge.


La vie des excommuniés

Il n'y avait pas autrefois de plus grande peine que celle de l'excommunication. Un excommunié était suspendu de toutes fonctions civiles, militaires et matrimoniales ; il ne devait se faire faire ni les cheveux, ni la barbe, ni aller aux bains, ni même changer de linge : cela, dit Saint-Foix, devait faire à la longue un vilain excommunié. On refusait même aux rois les services et l'obéissance qu'ils doivent attendre de leurs sujets.
Robert, excommunié par Grégoire V, pour ne s'être point séparé de sa femme Berthe, quoique le concile tenu à Rome en 998 eût déclaré son mariage nul, parce que la reine était sa parente au quatrième degré, se vit aussitôt abandonné de son peuple, de ses courtisans, de ses domestiques ; il ne lui en resta que deux ou trois qui jetaient aux chiens la desserte de sa table, et faisaient passer par le feu toutes les choses qu'il avait touchées afin de les purifier.
Si l'on avait quelque intérêt civil à démêler avec des ecclésiastiques, si on les appelait devant le juge séculier, ils excommuniaient aussitôt juge et partie ; ensuite ils prêchaient qu'il était permis de s'emparer des biens d'un excommunié jusqu'à ce qu il fût absous ; et cette absolution ne se donnait pas à bon marché. Ces attentats contre la société étaient d'autant plus grands que le clergé prétendait que l'autorité royale devait tenir la main à l'exécution de ses censures, tandis qu il ne voulait pas que l'abus en fût réprimé.


La justice des excommunications

Joinville rapporte que les prélats de France représentèrent à saint Louis qu'il laissait perdre la chrétienté. « Eh ! comment cela ? dit ce grand roi. Parce que personne, répondirent-ils, ne se soucie plus d'être absous des excommunications. Ainsi commandez, sire, à vos juges de contraindre tout homme qui sera excommunié à se faire absoudre dans l'an et jour. Volontiers, répliqua saint Louis, pourvu que les juges trouvent l'excommunication juste. » Les évêques prétendirent qu'il n'appartenait pas aux laïques de connaître de la justice de leurs excommunications. Saint Louis déclara qu'il n'en ordonnerait jamais autrement, parce qu'il croirait en cela faire lui-même une grande injustice.

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