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L'origine de Fée



Des divinités modernes

Divinités modernes qui ont succédé aux nymphes des anciens, et surtout à celles que l'on nommait fanes, en latin fanæ ou fatuæ. Les romanciers les ont divisées en fées bienfaisante et malfaisantes. Ils leur ont donné une reine, qui convoque tous les ans une assemblée générale des fées, leur fait rendre compte de leurs actions, punit celles qui ont abusé de leur pouvoir, et récompense celles qui n'en ont usé que pour protéger l'innocence. Elles sont immortelles, mais assujetties à une loi bizarre qui, tous les ans, les force à prendre pour quelques jours la forme d'un animal, et les expose à tous les hasards, et même à la mort. (Dictionnaire de la Fable, par Noël)


Une origine orientale

Leur origine vient d'Orient, et il semble que les Persans et les Arabes en soient les inventeurs. « La doctrine des génies, des fées, dit l'abbé Cournand, dans son Tableau de la littérature ancienne et moderne, était partout mêlée dans les livres des Arabes. C'est d'eux que l'Europe l'a reçue. »
Astruc, dans son Histoire naturelle du Languedoc, conjecture que les deæ fatuæ des Romains, qui passaient pour les femmes des faunes et des Sylvains, et auxquelles on accordait le privilège de prédire l'avenir, ont donné naissance aux fées.
Naudé, dans son Mascurat, attribue l'origine des contes des fées aux traditions fabuleuses sur les Parques des anciens. Il suppose que les unes et les autres ont été des interprètes des volontés des dieux sur les hommes ; il entend par fées une espèce de sorcières qui se rendirent célèbres, en prédisant l'avenir, par quelque communication qu'elles prétendaient avoir avec les génies. Quoi que dise Naudé, les fées n'ont pas succédé aux Parques ni aux sorcières des anciens, mais plutôt aux nymphes, telles qu'était Egérie.


La croyance aux fées en France

A la fin de la première race de nos rois, il y avait encore plus d'un tiers de la France plongé dans les ténèbres de l'idolâtrie. On croyait qu'à force de méditations, certaines filles druidesses avaient pénétré dans les secrets de la nature ; que par le bien qu'elles avaient fait dans le monde, elles avaient mérité de ne pas mourir ; qu'elles habitaient au fond des puits, au bord des torrents ou des cavernes ; qu'elles avaient le pouvoir d'accorder aux hommes le don de se métamorphoser en loups et en toutes sortes d'animaux, et que leur haine ou leur amitié décidait du bonheur ou du malheur des familles.
A certains jours de l'année, ainsi qu'à la naissance des enfants, on avait grande attention de dresser une table dans une chambre écartée, et de la couvrir de mets, de bouteilles et de petits présents, afin d'engager les mères (c'est ainsi qu'on appelait ces puissances subalternes) à les honorer de leur visite, et à leur être favorables. Telle est, selon Saint-Foix, l'origine des fées et des contes de fées.
Nos anciens historiens accusaient de féerie, ou de commerce avec les fées, toutes les femmes dans l'histoire desquelles ils trouvaient du merveilleux. La Pucelle d'Orléans fut accusée d'avoir eu commerce avec les fées, auprès d'une fontaine de son pays (Vau-couleurs), que l'on appelle encore la fontaine des Fées ou des dames. Le roman ou l'ancienne histoire du connétable Du Guesclin, dit que dame Tiphaine, femme de ce héros, était soupçonnée d'être fée, parce qu'elle était fort adroite, et qu'elle prédisait à son mari tout ce qui devait lui arriver.


Les fées et les poètes

Nos anciens romanciers ne sont pas les seuls qui aient fait intervenir ces divinités subalternes, nos poètes se sont plu à les chanter et à exalter leur pouvoir :

Dés que le soir élève ses vapeurs,
La bielle fée, en sa grotte profonde,
Des blancs lutins et des sylphes trompeurs
Fixe un moment la foule vagabonde :
Vous tous, dit-elle, ornement de ma cour,
Sylphes brillants, aimables infidèles,
Illusions, compagnes de l'Amour,
A la lueur du magique flambeau
Accompagnez mon nocturne voyage.

De ses jardins, odorant labyrinthe,
La fin alors gagne la vaste enceinte.
Là, croît pour elle un arbuste enchanté,
Qui de ses mains autrefois fut planté.
Un charme pur de sa tige s'exhale ;
Un prisme éclate au milieu de ses fleurs,
Et mollement la brise orientale
En fait mouvoir les changeantes couleurs.

Morgane approche ; elle invoque la Nuit,
Divinité favorable au prestige,
Cueille un rameau qui verdit sur sa tige,
Et des jardins rapidement s'enfuit.
A l'escorter sa cour est préparée ;
Quatre lutins à l'aile diaprée,
Sont les coursiers de son char nébuleux ;
Et dans sa main la branche balancée,
Sceptre léger, ressemble au caducée
Qui mène Styx les mânes fabuleux.

(Millerose)


La fée Morgane

Il y a des phénomènes aériens qui produisent des illusions d'optique extrêmement singulières. On connaît surtout ce spectacle extraordinaire que les habitants de Reggio nomment fata Morgana, la fée Morgane, qui de temps en temps se fait voir sur le détroit qui sépare la Sicile de la Calabre.
Le célèbre voyageur anglais Swinburn, en donna la description, d'après le P. Angellucci qui, se trouvant à Reggio, en fut témoin oculaire. « La mer, dit-il, qui baigne les côtes de la Sicile, s'enflamma tout-à-coup, et parut, dans une étendue de dix milles, semblable à une chaîne de montagnes d'une teinte obscure, que les eaux des rivages de Calabre devinrent tout à fait unies, et me paraissaient comme un miroir bien poli appuyé contre ce de collines. Sur cette glace on voyait se peindre en clair-obscur, une suite de plusieurs milliers de pilastres, tous égaux en hauteur, en distance, en degré de lumière et d'ombre. Un instant après, ces pilastres se transformèrent en arondes semblables aux aqueducs de Borne. Sur le haut de ces arcades régnait une longue corniche surmontée d'une multitude de châteaux, qui bientôt se transformèrent en simples tours ; celles-ci devinrent des colonnades, puis des rangées de fenêtres ; et enfin des arbres semblables à des pins et à des cyprès, tous d'une égale élévation. C'est ce singulier phénomène auquel on donne, dans le pays, le nom de fata morgana, que j'avais jusqu'ici regardé comme un conte. »

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