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L'origine de Fleur


Chez les Romains, les fleurs servaient non seulement pour les parfums et pour la parure, mais encore pour la cuisine. On les employait à parfumer le vin et l'huile, et on les faisait entrer dans plusieurs ragoûts. Dans les festins, des couronnes de fleurs entouraient les coupes et ceignaient la tête des convives.


Une origine essentiellement orientale

Les plus belles fleurs, à l'exception des œillets, viennent originairement du Levant ; le goût des fleurs, dit Beckmann, a passé de la Perse à Constantinople, d'où il nous est venu en Europe dans le Xe siècle ; mais l'art de l'Europe les a variées et embellies. Il ne faut plus aller à Constantinople, pour voir ce qu'il y a de plus estimé en renoncules, en anémones, en tubéreuses, en narcisses, en hyacinthes, etc. Les jardins de nos curieux offrent de quoi contenter les goûts les plus difficiles ; et c'est aux jardiniers hollandais que nous devons l'art de rendre les fleurs doubles, de varier et de panacher de différentes couleurs, les œillets, les tulipes, etc., de faire changer à d'autres fleurs leur couleur naturelle, et de produire dans ce genre de véritables phénomènes.


Les fleurs desséchées

Ces brillantes productions de la nature réunissent le double avantage de flatter l'œil et l'odorat ; mais leur odeur disparaît avec leur beauté fugitive : on a trouvé le secret de conserver aux fleurs non seulement leur forme et leur couleur, mais même de leur rendre, lorsqu'elles sont desséchées, leur parfum, auquel les nouveaux chimistes français ont donné le nom d'arôme.
Dans un mémoire lu à l'académie des sciences, en 1784, M. Haüy avait indiqué un moyen d'appliquer les fleurs susceptibles de perdre leurs couleurs dans un herbier, de manière qu'elles parussent les avoir conservées. Ce moyen consistait à jeter les pétales dans l'alcool, jusqu'à ce qu'elles fussent entièrement dépouillées de leurs couleurs, et à les colorer ensuite sur un papier qui eût, autant qu'il était possible, la même teinte que la fleur ; ce savant a observé depuis que, quand on n'avait laissé les pétales dans l'alcool qu'autant de temps qu'il en fallait pour que la couleur fût seulement très affaiblie, souvent cette couleur reparaissait d'elle-même, lorsque ensuite on s'était contenté de coller les pétales sur du papier blanc. Le temps nécessaire pour cette espèce de reproduction de la couleur est d'une ou de plusieurs heures, suivant les espèces, et alors la couleur ne s'efface plus. Il y a cependant certaines fleurs auxquelles il a tenté inutilement d'appliquer ce moyen. M. Duméril s'est aussi assuré que les pétales rouges de quelques plantes, telles que les pavots, les adones, reprenaient leur couleur rouge très vive et très solide, si on les frottait d'un acide faible.


Les essences de fleurs

Depuis longtemps la chimie est en possession de tirer des fleurs des eaux odorantes dont la médecine, la toilette et la cuisine font un usage journalier. Un de nos poètes a décrit cette opération, et l'a embellie de toutes les grâces de poésie :

Quand vous n'existez plus, quel art (la distillation des fleurs par le moyen de l'alambic), à fleurs brillantes,
Au subtil odorat vous rend aussi présentes,
Et nous fait respirer le parfum du jasmin.
Celui de l'oranger, de la rose et du thym ?
Dans un cachot d'airain leurs feuilles enfermées,
Par un feu continu lentement consumées,
S'exhalent en vapeurs, et leurs moites esprits
De la prison brûlante humectent les lambris.
Ainsi raréfiée, une liqueur subtile
De la voûte d'airain goutte à goutte distille.
Et formant dans son creux des ruisseaux odorants.
Ressuscite dans nous nos esprits expirants.

(Dulard, les Merveilles de la Nature)


Le symbole des fleurs

L'imagination, toujours occupée de lier le moral au physique, a donné à la plupart des fleurs un attribut particulier qui leur sert d'emblème ; et ce langage emblématique des couleurs et des fleurs était déjà connu du temps de la chevalerie ; peut-être l'avait-on rapporté d'Orient après la première croisade. On remarque en effet dans les joutes et tournois cette ingénieuse diversité de devises et de couleurs qui distinguaient les écussons. Un amant désespéré se présentait dans la lice : le gonfalon et l'écharpe mêlés de rouge et de violet annonçaient le trouble de son cœur. Si, après la victoire, la dame de ses pensées se décidait à mettre fin à ses tourments, elle paraissait le lendemain avec le vert de l'aubépine, lié de rubans incarnat, qui signifiaient l'espérance en amour.
La cotte d'armes, teinte d'un gris-rougeâtre, indiquait le chevalier que la gloire des armes éloignait de plus doux combats. Le jaune, uni au vert et au violet, témoignait qu'on avait obtenu le don d'amoureuse merci, et ne devait jamais se rencontrer chez le guerrier modeste.
Les fleurs, les plantes et les arbres n'étaient pas moins éloquents ; et la composition d'un bouquet, loin d'être une chose indifférente, demandait au contraire beaucoup d'intelligence. Chaque fleur avait son emblème particulier. Un chevalier partait-il pour une expédition lointaine, son chapel, formé de giroflée de Mahon et de fleur de cerisier, semblait dire à sa belle : Ayez de moi souvenance, et ne m'oubliez pas. Avait-on fait choix d'une dame, et lui avait-on demandé l'honneur de la servir, la jeune beauté, se montrant parée d'une couronne de blanches marguerites, était censée répondre : J'y penserai. Voulait-elle le bonheur de son amant, elle prenait la couronne de roses blanches, qui signifiait le doux Je vous aime. Mais si les vœux étaient rejetés, la fleur de dents de lion indiquait qu'on avait donné son cœur, que le requérant d'amoureuse merci ne devait conserver aucune espérance, et qu'il employait mal son temps. Les feuilles de laurier annonçaient la félicité assurée ; le lis des vallées, ou le glaïeul, la noblesse et la pureté des actions ou de la conduite ; de petites branches d'ifs marquaient un bon ménage, et le bouquet de basilic voulait dire qu'on était fâché et même brouillé.


Les fleurs de lys

Les fleurs de lis ne sont pas à beaucoup près aussi anciennes que la monarchie française, dont l'établissement remonte à l'an 412. Ce n'est qu'environ 700 ans après qu'elles furent employées dans les armes de France. Le plus ancien témoignage qu'on en ait, est tiré des mémoires de la chambre des comptes, où il est marqué que Louis VII, dit le Jeune, fit parsemer de fleurs de lis les habits de Philippe-Auguste, son fils, lorsqu'il le fit sacrer à Reims. On est partagé sur le motif qui a engagé Louis VII à choisir les fleurs-de-lis. Les uns disent que c'est parce que son père, Louis-le-Gros, se nommait fleury ; d'autres soutiennent qu'il choisit cette fleur, uniquement parce qu'elle lui plut.
Louis VII fit mettre la fleur de lis non seulement sur les bannières de France, mais il la fit même graver sur son sceau royal. Peu de temps après, Blanche de Castille, mère du roi saint Louis, fonda l'abbaye du Lis. Philippe-le-Bel fit battre une monnaie qu'on appela Florins, parce que d'un côté il y avait une croix fleurdelisée : nos liards qui vinrent ensuite, prirent aussi, selon quelques uns, leur nom du lis dont ils portaient la marque. Le nombre des lis fut ensuite multiplié ; sur l'écu de nos rois, et on les y sema même sans nombre.
« Dans les armoiries de France, dit la Corne de Sainte-Palaye (Mémoires sur l'ancienne chevalerie), les fers de lance, que nous appelons aujourd'hui fleurs de lis, étaient originairement sans nombre sur tous les écus. L'impossibilité d'en faire tenir plus de trois dans le petit sceau ou sceau secret, fut la raison qui détermina depuis à les réduire à ce nombre. » Ce fut Charles V qui les fixa à trois en l'honneur, dit un historien, de la sainte Trinité. Il y a des monnaies d'or de Philippe de Valois qui ont l'écu à trois fleurs de lis, aussi bien que des sceaux de justice royale, où il n'y en a pas davantage.
Quelques uns ont prétendu que les premières armes de nos rois étaient des abeilles, et que des peintres et des sculpteurs malhabiles, ayant voulu les représenter, y avaient si mal réussi, qu'elles devinrent nos fleurs de lis ; mais cette conjecture nous paraît plus imaginaire que fondée, parce que, suivant toute apparence, les abeilles de grandeur naturelle et d'or massif trouvées dans le tombeau de Childeric I, n'étaient qu'un symbole de ce prince, et non pas ses armes. Ainsi, dans la découverte qu'on fit, en 1646, du tombeau de Childeric II, en travaillant à l'église de Saint-Germain-des-Prés, on trouva quantité de
figures de serpent à deux têtes, appelés par les Grecs amphisbène, lesquelles figures étaient sans doute également le symbole de Childéric II, comme les abeilles l'étaient de Childéric I.

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