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L'origine de Flint-glass



La découverte de M. Desfourgerais

On lit dans le Journal des arts, des sciences, etc. du 22 avril 1809 l'article suivant :
D'après le vœu bien prononcé de l'ancien gouvernement, qui ne voulait pas que la France restât plus long temps tributaire de l'Angleterre dans l'emploi du flint-glass, l'Académie des sciences avait proposé en 1766, pour sujet du prix, le meilleur procédé pour imiter en France un verre pesant, exempt de défaut, ayant toutes les propriétés du flint... Le même sujet fut proposé derechef en 1786, et les concurrents ne furent pas plus heureux...
Depuis cette époque, M. Desfourgerais, manufacturier de Sa Majesté, qui inspirait déjà un grand intérêt par l'importance qu'il a su donner à la manufacture du Mont-Cénis, dont les produits ont obtenu dans toute l'Europe la préférence sur les cristaux de Bohême et d'Angleterre, a fait plusieurs essais dans le genre du flint-glass, et a trouvé une composition qui en réunit les plus précieuses qualités. Déjà les plus habiles opticiens en ont acheté plus de 300 kilogrammes, qu'ils ont employés avec succès dans leurs lunettes achromatiques, et nous pouvons croire que désormais l'Angleterre ne nous en fournira plus.
C'est le témoignage flatteur qu'a rendu à la découverte de M. Desfourgerais, M. de Fréminville, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chargé spécialement de fournir au télégraphe et à la marine les lunettes nécessaires à l'observation des signaux. « Vous avez, lui dit-il, atteint le plus haut degré de perfection que la France puisse envier aux manufactures anglaises, soit sous le rapport du commerce, soit sous celui des arts, puisque la beauté et l'utilité de vos cristaux se trouvent réunis à la modicité du prix. »
Les lunettes fabriquées avec les verres de M. Desfourgerais, comparées aux meilleures lunettes d'Angleterre, prouvent que cet éloge n'est pas exagéré. Les commissaires de l'Institut, MM. de Prony, Guyton et Rochon, chargés d'en faire le plus scrupuleux examen, ont trouvé que ce verre, quoique plus pesant que le flint, avait généralement moins de fils et de stries que le flint, et le surpassait en limpidité, ainsi que dans sa force dispersive. (Extrait d'un rapport fait à l'Institut).


Les procédés découverts par M. d'Artigues

M. d'Artigues, propriétaire de la manufacture de cristal à Vonèche, fut chargé, en l'an VIII (1800), par l'Institut, de rédiger un mémoire sur l'art de la verrerie. Il fit de nombreuses expériences sur tout ce qui pouvait contribuer aux progrès de cet art, et s'occupa en particulier de la fabrication du flint-glass. Après beaucoup de tentatives, plus ou moins heureuses, le succès le plus complet a couronné ses efforts. Il possédait déjà en 1811 huit objectifs tous supérieurs à celui de la grande lunette de Dollond qui est à l'Ohservatoire. Il résulte du rapport lu à l'Institut, le 21 janvier 1811, que l'art de l'optique, en France, est désormais indépendant de toute industrie étrangère, et que les procédés découverts par M. d'Artigues ne laissent plus rien à désirer dans ce genre.

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