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L'origine de Fonderie


La fonderie, ou l'art de jeter les métaux en fonte.


La fonderie dans l'antiquité

Les Égyptiens et les Grecs ont connu la fonderie ; mais ce qui reste de leurs ouvrages, et ce que l'histoire nous apprend des autres, fait conjecturer qu'ils n'ont rien fait que de médiocre pour la grandeur. Le colosse de Rhodes, ainsi que quelques autres ouvrages, qui nous paraissent prodigieux aujourd'hui, n'étaient, selon toute apparence, que des platines de cuivre rapportées.
C'est ainsi qu'on a fait la statue du connétable de Montmorenci, élevée à Chantilly, et la belle colonne de la place Vendôme.


L'art de fondre uns statue en un seul jet

Plus heureux que les anciens, nous avons exécuté de très grands ouvrages d'un seul jet, témoin la statue équestre de Louis XIV, qui, en 1699, fut élevée par la ville de Paris dans la place Vendôme. Cette statue équestre était peut-être le plus grand ouvrage qu'on eût jamais fondu d'un seul jet ; il avait vingt-un pieds de haut. L'idée de fondre cette statue d'un seul jet et l'heureuse exécution de ce projet hardi sont dues à Balthasar Keller, natif de Zurich, dont le disciple Jacobi a également réussi, en 1700, à fondre d'un seul jet la statue équestre de l'électeur Frédéric Guillaume, à Berlin.
Les statues équestres de Marc Aurèle à Rome, de Cosme de Médicis à Florence, ont été fondues par pièces séparées. Il en est de même de la chaire de l'église de Saint-Pierre de Rome ; cet ouvrage, qui a quatre-vingts pieds de haut, est fait de pièces remontées sur une armature.
Lorsque M. le Moine, habile sculpteur, exécuta la statue équestre de Louis XV, pour la ville de Bordeaux, il y avait cinquante ans que celle de Louis XIV , dont nous avons parlé, avait été fondue ; les mouleurs, les forgerons et les fondeurs qu'on y avait employés n'étaient pins, et la pratique en était presque perdue, sans les mémoires et les dessins recueillis par M. de Boffrand et communiqués à M. le Moine, qui, aidé de ces mémoires, retrouva l'art de fondre d'un jet des statues équestres.


L'art de forer les canons

La fonte de nos canons a aussi reçu une nouvelle perfection : autrefois on coulait un canon à peu près comme un fond une cloche. Cette méthode les rendait sujets à crever. Vers le milieu du XVIIIe siècle, un nommé Maritz trouva le moyen de remédier à ce défaut, en imaginant de couler les canons pleins et massifs ; ensuite, à l'aide d'une nouvelle machine qu'il inventa, en forme d'alézoire, il parvint à forer l'âme des canons, et à égaliser parfaitement leur surface intérieure. On peut avec cette machine forer un canon en vingt-quatre heures.

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