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L'origine de Fontaine



Les fontaines naturelles et les fontaines artificielles

Il est des fontaines qui sont l'ouvrage de la nature, il en est qui sont l'ouvrage des hommes. Quant aux premières, on se demande d'où viennent ces sources perpétuelles qui forment et qui grossissent les eaux courantes, et que nous rencontrons dans presque tous les endroits où nous creusons la terre ? quelle cause secrète les fait naître et les entretient ?
L'opinion la plus commune est que les pluies, les neiges, les brouillards, toutes les vapeurs qui s'élèvent tant de la mer que des continents et des îles, sont les principales causes qui font naître et qui entretiennent les fontaines, les puits, les rivières et généralement toutes les eaux qui se renouvellent continuellement.


Les fontaines antiques

Chez les anciens, les fontaines étaient un des principaux ornements des villes ; chaque cité en possédait au moins une célèbre, consacrée à quelque divinité, ou bien désignée par le nom de son fondateur, par celui de l'endroit où elle était située, ou par un nom qui rappelait quelque grand événement. Dans la ville de Mégare, on voyait une fontaine établie par Théagènes, et très remarquable par sa grandeur et sa magnificence. Dans le bois sacré d'Esculape, à Epidaure, il y avait une fontaine que Pausanias cite comme remarquable à cause de ses ornements. A Patræ, on en avait construit une devant le temple de Cérès, et à quelques pas était un oracle pour les malades.


Les fontaines de Paris

Les fontaines les plus estimées à Paris, quant à l'architceture et à la sculpture, ont été jusqu'à présent celle des Innocents, qui est un chef- d'œuvre, et celle de la rue de Grenelle ; mais le gouvernement impérial en a fait construire une infinité d'autres, dont plusieurs sont dignes de fixer l'attention des amateurs des beaux arts. Parmi ces dernières, on remarque la fontaine de l'Apport-Paris, et celle du boulevard Saint-Martin.


Le flux et le reflux des fontaines

Plusieurs fontaines naturelles ont leur flux et reflux comme la mer, parce qu'elles communiquent avec elle par des conduits souterrains. Un fameux plongeur sicilien ayant été chercher dans le gouffre de Charybde une coupe d'or que le roi de Sicile y avait fait jeter exprès, assura qu'il y avait de grosses sources qui sortaient du fond de la mer dans cet endroit-là : le roi y fit jeter encore une bourse attachée à une seconde coupe ; le plongeur y retourna, mais il n'en revint pas.


La fontaine artificielle

On appelle ainsi une machine par le moyen de laquelle l'eau est lancée et versée. De ces machines, les unes agissent par la pesanteur de l'eau et forment des jets, des gerbes, des pyramides, des nappes, des cascades, etc. ; les autres agissent par le ressort de l'air, comme la fontaine de Héron.
La fontaine de Héron, ainsi nommée de son inventeur, Héron d'Alexandrie, qui florissait 120 ans avant Jésus-Christ, est peut-être la plus ancienne invention qu'il y ait en ce genre. Elle a été perfectionnée ensuite par Nieuwentyt. Elle est composée de deux bassins qui sont exactement fermés, et qui communiquent ensemble par un tuyau de trois à quatre pieds de hauteur. On remplit d'abord presque entièrement de vin le bassin supérieur de la fontaine ; l'on met ensuite de l'eau dans le bassin inférieur ; cette eau chasse l'air de ce dernier bassin, et l'oblige à monter par le canal de communication dans le bassin supérieur. Ce nouvel air gravite sur la surface du vin, et le fait sortir en forme de jet. Voilà, sans doute, pourquoi les physiciens charlatans définissent la fontaine de Héron : une fontaine qui donne du vin, lorsqu'on lui donne de l'eau.


La fontaine des Innocents

Lorsqu'on entreprit de démolir les charniers et l'église des Innocents pour établir le marché, cette fontaine, adossée aux deux côtés de l'angle de cette église, ne pouvait subsister. Les bas-reliefs qui en faisaient le plus bel ornement, du côté de la rue Saint-Denis et du côté de la rue aux Fers, furent transportés avec soin, et servirent à composer la belle fontaine monumentale
située au milieu du marché. Cette translation s'effectua le 1 mars 1788.


Les fontaines domestiques

Aux fontaines de grès, fragiles en tout temps, et que la gelée faisait ordinairement casser, à celles de cuivre ou de plomb dont l'insalubrité est reconnue, ont succédé, depuis le début du XIXe siècle, des fontaines de pierres filtrantes. Ces fontaines sont de pierre de liais, rondes ou carrées, jointes ensemble par un mastic impénétrable à l'eau ; peintes extérieurement à l'huile, en forme de granit ou de porphyre. Au lieu de sable ou d'éponges, on construit intérieurement, et au fond de la fontaine, une petite chambre plus ou moins grande et bien mastiquée, avec trois à quatre pierres d'un pouce d'épaisseur, dressées de champ. Ces pierres filtrantes viennent de Picardie ; on leur donne le nom de vergier. C'est en passant à travers ces pierres que l'eau versée dans la fontaine filtre et s'épure ; et de sale et bourbeuse qu'elle était, elle en sort claire et limpide par un robinet qui pénètre dans la chambre ; dans le robinet est aussi pratiquée une ouverture dans laquelle entre un tuyau mastiqué qui, venant aboutir au haut de la fontaine, sert à donner de l'air à l'intérieur de la chambre ou réservoir, et facilite l'écoulement de l'eau.


Les fontaines de vin

L'usage de distribuer du vin au peuple, dans les occasions de réjouissance, est fort ancien. Monstrelet, en parlant de l'entrée que Charles V fit dans Paris, remarque : « qu'il y avait dessous l'échafaud une fontaine jetant hypocras, et trois syrènes dedans ; et était ledit hypocras abandonné à chacun. »
Lorsque le roi Charles VI, la reine Isabelle de Bavière, et le roi Henri d'Angleterre, avec sa femme madame Catherine de France, vinrent à Paris, « tout le jour, dit encore Monstrelet, et toute la nuit, découlait vin en aucuns carrefours abondamment par robinets d'airain, et autres conduits ingénieusement faits, afin que chacun en prinst à volonté. »
Alain Chartier raconte, dans son Histoire de Charles VII, que, parmi les joies du peuple de Paris, lorsque le roi y entra, « devant les Filles-Dieu, était une fontaine dont l'un des tuyaux jetait lait, l'autre vin vermeil, l'autre vin blanc, et l'autre eau. »
Enfin Monstrelet rapporte que, « lors de l'entrée du roi Louis XI, dans la rue Saint-Denys était une fontaine qui donnait vin et hypocras à ceux qui boire en voulaient. »

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