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L'origine de Fortification



Les premières fortifications

Les premières fortifications furent d'abord très simples ; elles ne consistaient que dans une enceinte de pieux ou de palissades. On les forma ensuite de murs avec un fossé devant, qui empêchait d'en approcher. On ajouta depuis à ces murs, des tours rondes ou carrées, placées à une distance convenable les unes des autres, pour défendre toutes les parties de l'enceinte des places.
C'est dans la Palestine que l'histoire offre le premier exemple de places fortifiées. Moïse nous apprend que les villes y étaient défendues par des murailles très hautes et par des portes munies de barres et de poteaux. Il paraît aussi que dès lors on connaissait dans ces contrées l'usage des machines propres à renverser les remparts des villes qu'on assiégeait.


Les fortifications de la Grèce antique

Amphion, qui régnait à Thébes vers l'an 1390 avant Jésus-Christ, fut, dit-on, le premier des Grecs qui imagina de pourvoir à la sûreté de sa capitale. Il l'environna de murailles flanquées de tours de distance en distance. Ces moyens étaient suffisants alors pour mettre une place en état de tenir longtemps. Le siège de Tyr par Nabuchodonosor dura treize ans, celui d'Azoth par Psammétique, vingt-neuf. Dans la guerre que les Lacédémoniens déclarèrent aux Messéniens, la ville d'Ithome soutint un siège de dix-neuf ans.
Ce ne fut que peu de temps avant le siècle de Périclès et d'Alcibiade que les Athéniens connurent les fortifications. Les Lacédémoniens les regardèrent toujours non seulement comme inutiles, mais encore comme honteuse pour des hommes de cœur. Sparte et les autres villes de Laconie n'avaient ni fossés ni murailles.


Les méthodes de fortification gréco-romaines

Les Grecs et les Romains employaient à peu près les mêmes fortifications : leurs meilleures places étaient sur des hauteurs. Elles n'étaient pas toujours fortifiées de murs de maçonnerie ; on les fermait quelquefois de bons remparts de terre, qui avaient beaucoup de fermeté et de solidité. Le gazonnage même ne leur était pas inconnu, non plus que l'art de soutenir les terres par des fascinages assurés et retenus par des piquets, et d'armer le haut du rempart d'une fraise de palissades qui régnait autour.
Les ports de mer, comme ceux d'Athènes, de Syracuse, et beaucoup d'autres, étaient défendus par de bonnes murailles flanquées de tours, et l'entrée en était fermée, ou par de grosses chaînes de fer, ou par des estacades appelées portûs claustra.


La fortification moderne

Cette ancienne manière de fortifier a subsisté sans changement considérable jusqu'à l'usage du canon dans les sièges. « La découverte de la poudre à canon, dit Eidous, a donné lieu à celle de la fortification moderne, des batteries, des tranchées, des sapas, des mines, des contre-mines, et de l'artillerie, sous laquelle on comprend les canons, les mortiers, les bombes, les grenades, etc., que l'on ne connaissait point auparavant. » C'est donc alors que s'établit la fortification moderne, et l'on employa les bastions au lieu de tours.
M. le marquis Maffei, dans sa Verona illustrata, en donne la gloire à un ingénieur de Vérone, nommé San-Micheli, qui fortifia cette ville avec des bastions triangulaires, à la place des tours rondes et carrées qui étaient alors en usage. On voit sur ces bastions des inscriptions qui portent 1523, 1529, et les années suivantes.
Daniel Specle, ingénieur de la ville de Strasbourg, publia avant sa mort, arrivée en 1589, un livre de Fortification, qu'on estime encore aujourd'hui, et dans lequel il se regarde comme le premier Allemand qui ait écrit sur les bastions triangulaires. Le premier qui ait écrit, en France, sur cette fortification, est Errard de Bar-le-Duc, ingénieur du roi Henri IV. Son ouvrage est postérieur à ceux de plusieurs Italiens, et à celui de Specle.
On ne nous pardonnerait pas de passer ici sous silence le nom du plus grand ingénieur qui ait peut-être jamais existé ; Sébastien le Prestre de Vauban, maréchal de France, qui, sous le règne de Louis XIV, a entièrement changé l'art de la fortification en Europe.
En 1795, M. de Montalembert a présenté à la convention nationale un ouvrage ayant pour titre : L'art défensif supérieur à l'art offensif. Cet ingénieur a poussé si loin les progrès de l'art, que son système a été annoncé comme préférable même à celui de Vauban.

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