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L'origine de Fou



Apparus au IXe siècle dans la cour des rois

Dès le commencement du IXe siècle, il prit envie aux rois d'avoir à leur cour des fous ou des bouffons pour les divertir par leurs singularités et par leurs bons mots. Théophile, empereur d'Orient, s'amusait des folies de Dandéri, dont l'indiscrétion pensa devenir funeste à l'impératrice Théodora qui faisait ses prières devant un oratoire orné d'images qu'elle cachait avec soin, de crainte que Théophile, qui était iconoclaste, n'en eût connaissance.


Les fous des rois de France

Après l'expédition des croisades, la mode d'avoir des fous s'introduisit chez toutes les puissances de l'Europe ; mais en France seulement leur emploi fut érigé en titre d'office.
La ville de Troyes, en Champagne, était probablement en possession de fournir des fous au roi, puisque Charles V écrivit aux maire et échevins de cette ville que, son fou étant mort, ils eussent à lui en envoyer un autre, suivant la coutume. Ce prince en eut deux qui lui furent extrêmement chers, si l'on en juge par les honneurs qu'il leur rendit après leur mort. On voit encore, à Saint-Maurice de Senlis, un monument consacré à la mémoire de l'un d'eux, dont la représentation est décorée de marbre et d'albâtre, revêtue des habits et ornée des attributs de la folie ; elle est couchée sur un superbe mausolée, avec cette épitaphe : Ci-gît Thévenin de Saint-Légîer, fou du roi notre sire, qui trépassa l'onzième juillet, l'an de grâce 1375. L'autre fou fut inhumé à Saint-Germain-l'Auxerrois ; son tombeau n'existe plus.
Henri IV avait quatre fous : Sibilot Chicot, maître Guillaume, Angoulevant, et Mathurine ; ceux d'Henri II étaient Brusqui et Thoni.
On sait que le fou de François Ier s'appelait Triboulet. Le dernier fou de cour fut le fameux l'Angeli, que M. le Prince amena des Pays-Bas, et qu'il se fit un plaisir de donner à Louis XIV. Mais l'Angeli était un fou plein d'esprit, qui trouva le secret de plaire aux uns, de se faire craindre des autres, et d'amasser par cette adresse une somme de vingt-cinq mille écus de ce temps-là. Cependant ses railleries piquantes le firent à la fin chasser de la cour, et depuis, cette espèce de fous n'y a plus paru.


Le fou au jeu d'échecs

Les Grecs nommaient les fous (au jeu d'échec) aréiphiles, c'est-à-dire favoris de Mars, parce qu'ils provoquaient aux combats.
C'est la troisième pièce des échecs chez les Orientaux ; elle avait la figure de l'éléphant ; elle en porte le nom, fil.
Les Italiens l'appellent alfiera (sergent de bataille) ; l'auteur du roman de la Rose donna le nom de fou à cette pièce, et ce nom, qui approche du mot fil, lui est resté.

Mais pourquoi
Le nommer fou ? c'est qu il est près du roi,
Reprit Jean Jacques, et pour ne vous rien taire,
Au jeu d'échecs, tous les peuples ont mis
Les animaux communs dans leur pays :
L'Arabe y met le léger dromadaire,
Et l'indien l'éléphant ; quant à nous,
Peuple falot, nous y mettons les fous.

On dit proverbialement qu'aux échecs les fous sont les proches du roi.


L'ordre des fous

Cet ordre fut institué en 1380, par Adolphe, comte de Clèves. Trente-cinq seigneurs ou gentilshommes entrèrent d'abord dans cette société, qui paraît n'avoir été formée que entretenir l'union entre les du pays de Clèves. On les reconnaissait à un fou d'argent en broderie qu'ils portaient sur leurs manteaux. Le dimanche après la fête de Saint-Michel, tous les s'assemblaient à Clèves et se régalaient à frais communs. La société s'appliquait ensuite à terminer les différents survenus entre les confrères. Cet ordre ne subsiste plus depuis longtemps.

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