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L'origine de Fronde


L'usage de la fronde n'est pas aussi ancien que celui de l'arc et de la flèche. Job est le seul écrivain des temps reculés où il soit parlé de cette arme offensive. Pline croit que l'invention en est due aux Phéniciens.


L'usage de la fronde dans l'antiquité gréco-romaine

On se servait fréquemment de cette arme chez les Grecs et chez les Romains. La fronde des anciens, dit M. Furgault, dans ses Antiquités grecques et romaines, était une bande faite de cordes, dont on ramenait les deux bouts à la main ; la pierre se mettait au pli d'en bas. L'un des deux bouts de la fronde avait un trou où l'on passait le doigt, afin qu'en lâchant la pierre la fronde demeurât toujours attachée à la main. Parmi les Grecs, les Acarnaniens passaient pour d'excellents frondeurs. Cependant les Achéens les surpassaient, selon Tite-Live. Ils jetaient leurs pierres avec tant d'assurance, qu'ils ne manquaient jamais la partie du visage qu'ils voulaient atteindre.
Les Romains, dès le temps du roi Servius-Tullius, avaient dans leurs armées des frondeurs, qui combattaient toujours hors des rangs. Dans la suite, ils employèrent beaucoup les habitants des îles Baléares, parce qu'ils excellaient à la fronde. Les frondeurs contribuaient souvent au gain des batailles. La fronde lançait les pierres avec tant de roideur, que ni bouclier, ni casque n'en pouvaient soutenir l'impétuosité. Au lieu de pierres, les frondeurs mettaient quelquefois des balles de plomb qui portaient beaucoup plus loin.


Le nom d'un bague dans l'antiquité

Une pierre montée en bague est nommée par Euripide et par Platon sphendônè, une fronde. C'est que le cercle de la bague ressemble au cuir qui renferme la pierre de la fronde et aux deux cordes qui l'assujettissent ; de là vient que les Romains nommèrent à leur tour une bague montée fronda, fronde.


L'usage de la fronde en France

Les Français ont aussi fait usage de la fronde dans leurs armées. Ils ont même continué de s'en servir longtemps après l'invention de la poudre à canon. Cette arme s'appelait alors fonde, comme en latin funda. D'Aubigné rapporte qu'au siège de Sancerre, en 1572, les paysans huguenots, réfugiés dans cette ville, s'en servaient pour épargner la poudre.


La guerre de la fronde

C'est le nom qu'on a donné à cette espèce de guerre civile qui eut lieu sous la minorité de Louis XIV. Voici quelle en fut l'occasion suivant le président Henault : On avait retenu les gages des officiers du parlement, le peuple se voyait accablé d'impôts, et, entre autres édits bursaux, l'édit de création des douze maîtres des requêtes, auquel ceux de ce corps avaient formé opposition dès le 17 janvier, donna lieu aux premiers mouvements. Le parlement de Paris rendit deux arrêts d'union avec les parlements et autres compagnies du royaume, l'un du 15 mai, l'autre du 15 juin. Les présidents Gayan et Barillon avaient été arrêtés dès le commencement de l'année, sans que cela eût eu des suites. Le cardinal Mazarin crut que le jour où l'on chantait le Te Deum à Notre-Dame, pour le gain de la bataille de Lens, qui était le 26 août, serait une occasion favorable pour faire arrêter deux autres membres du parlement.
On fit donc arrêter le président Potier de Blancménil et Broussel : le premier, neveu de l'évêque de Beauvais, ne pouvait pardonner à la reine le dégoût qu'elle avait conçu pour son oncle, au commencement de la régence ; le second, n'ayant pour tout mérite que sa pauvreté et beaucoup de hardiesse, était mécontent de la régente qui avait refusé à son fils une compagnie aux gardes. Cet emprisonnement fit plus de bruit qu'on ne s'y était attendu. Le peuple les redemanda ; bientôt les chaînes furent tendues dans Paris (c'est ce qu'on appelle la journée des barricades) ; et la reine fut forcée de rendre les prisonniers.
Les mécontents du gouvernement furent nommés frondeurs, et les partisans de la cour et du ministre furent appelés Mazarins. A la tête des frondeurs étaient le duc de Beaufort, échappé du château de Vincennes où il était prisonnier depuis cinq ans ; de Retz, coadjuteur de Paris, qui fut depuis cardinal ; la duchesse de Longueville ; le prince de Marsillac ; le prince de Conti ; le duc de Vendôme ; son beau frère, le duc de Nemours ; le duc de Bouillon, qui était l'âme de ce parti ; le maréchal de Turenne, son frère ; le maréchal de la Mothe, etc. Du côté de la cour étaient le prince de Condé, le maréchal de Grammont, le duc de Châtillon, etc. Le duc d'Orléans flottait entre les deux partis, et, suivant son caractère et les intérêts de l'abbé de la Rivière, il en changea plus d'une fois.
Le parlement se raccommoda avec la cour par la déclaration du 4 octobre, et tout rentra dans l'ordre.

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