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L'origine de Frondeurs



En référence à des bandes rivales d'enfants

En 1648, dit le président de Brosses (Mécanisme du langage, 1765), une troupe de petits garçons de la ville de Paris avait pris l'habitude de s'assembler à la butte Saint-Roch, où elle se partageait en deux bandes qui se lançaient des pierres avec la fronde. Les officiers de police les venaient chasser ; mais, dès qu'ils avaient le dos tourné, les petits garçons se rassemblaient et se remettaient à fronder comme auparavant.
Ce fut en ce même temps que s'élevèrent les troubles entre la cour et le parlement, au sujet des impôts dont le peuple se voyait accablé sous le ministère du cardinal Mazarin. La chaleur devint extrême entre les deux partis ; et les vexations du ministre furent cause que le parlement s'oublia de son côté jusqu'à former plusieurs délibérations téméraires. Un jour Bachaumont, conseiller au parlement, jeune homme de beaucoup d'esprit, entendant le président le Cogneux, son père, parler d'une manière qui ne lui plaisait pas, dit, en faisant allusion aux petits garçons de la butte Saint-Roch, qu'il se taisait en sa présence, mais que dès qu'il n'y serait plus, il se préparait à fronder contre cet avis.


Une autre explication

D'autres racontent que Gaston, duc d'Orléans, étant venu assister aux délibérations du parlement pour en modérer la vivacité, Bacbaumont, voyant qu'on n'osait opiner en présence de ce prince aussi librement que de coutume, dit à son voisin : « Si forte virum quem conspexêre, silent (aperçoivent-ils un personnage imposant, soudain ils se taisent ; mais quand il n y sera plus, il faudra frauder comme il faut). Cette expression parut plaisante et se mit à la mode comme il arrive presque toujours en France. On fit la chanson qui commençait ainsi :

Un vent de fronde
S'est levé ce matin ;
Je crois qu il gronde
Contre le Mazarin.


La contribution du cardinal à cette expression

Toutes les petites parures nouvelles ou autres choses d'un usage encore plus commun se nommèrent à la fronde. Le nom de frondeurs fut donné à la faction opposée à la cour. Le cardinal contribua lui-même à donner cours à cette expression, dans un moment de réconciliation qu'il y eut entre le parlement et lui, où il dit en badinant aux députés de cette compagnie, qu'il était devenu frondeur, et leur fit voir son chapeau garni d'une fronde en guise de cordon. C'est ainsi que le mot fronder s'est introduit parmi nous dans la signification ci-dessus rapportée. On a coutume d'appeler frondeurs ceux qui critiquent le gouvernement présent.

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