Accueil > Les origines commençant par H > L'origine de héraut

L'origine de Héraut



L'étymologie du mot Héraut

Hérault, vient de l'allemand herald, ce qui signifie en notre langue un viel gendarme, comme a remarqué Fauchet, ce qui est d'autant plus véritable que cette charge était anciennement l'ordinaire récompense des vieux soldats, dont l'usage et l'expérience au fait des armes les rendaient plus capables de cette science, laquelle de leur nom nous appelons héraldique.
Moreau néanmoins s'est efforcé de tirer l'origine de ce terme du latin héros, d'où un autre appelle l'art des hérauts la science héroïque ; ce qui est par aventure plus spécieux, mais moins véritable. (Le Laboureur, De l'origine des armes, 1658).


Les Hérauts chez les Hébreux et les Grecs de l'antiquité

C'était chez les anciens un officier public dont la principale fonction était de déclarer la guerre. La plupart des peuples policés ont eu de tels officiers sous des noms différents. Ils jouissaient de droits et de privilèges plus ou moins étendus, et leurs personnes, dans l'exercice de leur charge, étaient réputées sacrées par le droit des gens.
On lit dans le Deutéronome que la loi défendait aux Hébreux d'attaquer une ville, sans lui avoir premièrement offert la paix, et cette offre ne pouvait être faite que par des personnes qui eussent un caractère de représentation. Cette coutume était généralement observée dans la Grèce. Polynice, avant de former le siège de Thèbes, envoya Tydée vers son frère Etéocle, pour tenter des voies d'accommodement. Homère nous parle souvent, dans l'Iliade et l'Odyssée, des hérauts grecs et de leurs fonctions ; on y lit que les Grecs députèrent Ulysse et Ménélas vers les Troyens, pour les sommer de leur rendre Hélène, avant d'avoir fait contre eux aucun acte d'hostilité. On voit une foule d'exemples pareils dans toute la suite de l'histoire des Grecs.


Les hérauts dans la Rome antique

Les Romains n'étaient pas moins exacts que les Grecs à observer cette cérémonie de la déclaration de guerre. C'était Ancus Martius, le quatrième de leurs rois, qui l'avait établie. L'officier public, appelé fécial, qui était chargé de déclarer la guerre, après plusieurs formalités, était un héraut qui portait une javeline ferrée, comme la preuve de sa commission. Les Romains observèrent scrupuleusement les cérémonies qui accompagnaient cette déclaration dans les beaux temps de la république ; mais ils s'en dispensèrent lorsqu'ils eurent porté leurs conquêtes hors de l'Italie.


Les hérauts en France

En France les hérauts, qu'on appelait vulgairement hérauts d'armes, étaient autrefois des officiers de guerre et de cérémonie qui avaient des fonctions et des prérogatives distinguées. On les divisait en roi d'armes, hérauts et poursuivants. Le plus ancien héraut s'appelait roi d'armes ; les autres étaient simplement hérauts, et les surnuméraires se nommaient poursuivants.
Le principal emploi des hérauts d'armes était de dresser des armoiries, des généalogies et des preuves de noblesse. Il était de leur charge de publier les joules et les tournois, de convier à y venir, de signifier les cartels, de marquer le champ, les lices ou le lieu du duel, d'appeler tant l'assaillant que le tenant, et de partager également le soleil aux combattants à outrance. Ils publiaient aussi la fête de la célébration des ordres de chevalerie, et s'y trouvaient en habit de leur corps.
Ils assistaient aux mariages des rois et aux festins royaux qui se faisaient aux grandes fêtes de l'année. Aux cérémonies des obsèques des rois, ils enfermaient dans le tombeau les marques d'honneur, comme le sceptre, la main de justice, etc.
Ils étaient chargés d'annoncer dans les cours des princes étrangers la guerre ou la paix ; leurs personnes étaient alors sacrées, comme celles des ambassadeurs. Le jour d'une bataille ils assistaient devant l'étendard, faisaient le dénombrement des morts, redemandaient les prisonniers, sommaient les places de se rendre, et marchaient dans les capitulations devant le gouverneur de la ville. Ils publiaient les victoires, et en portaient la nouvelle dans les cours étrangères et alliées.


La fin des hérauts

Les commencements des hérauts d'armes ne furent pas brillants. Nous voyons par nos anciens romanciers, qu'on regardait les hérauts comme des messagers dont on se servait en toutes sortes d'occasions. Cependant ils parvinrent insensiblement à s'accréditer, à obtenir des privilèges, et à composer leur corps de gens nobles. « Mais, dit Fauchet, ce corps s'est abâtardi par aucuns qui y sont entrés, indignes de telle charge, et par le peu de compte que les rois en ont fait, principalement depuis la mort de Henri II, quand, à l'occasion des troubles, les cérémonies anciennes furent méprisées, faute d'en entendre les origines. »
Depuis il ne fut plus question du corps des hérauts, si ce n'est en 1621, lorsque Louis XIII se transporta dans les provinces méridionales du royaume, pour contenir les chefs de parti, et en 1634, qu'il envoya déclarer la guerre à Bruxelles par un héraut d'armes. Ce héraut devait présenter un cartel au cardinal infant, fils de Philippe, gouverneur des Pays-Bas ; c'est la dernière déclaration de guerre qui se soit faite par un héraut d'armes. A dater de cette époque, ces officiers n'ont servi que pour les cérémonies des mariages et des sacres des rois, tels qu'on les a vus figurer à divers couronnements.

Autres origines :