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L'origine de Héroï-comique



Une sorte de poésie héroïque et comique

Il se dit des poèmes, des pièces de théâtre ou autres ouvrages d'esprit qui tiennent de l'héroïque et du comique. Le Lutrin est un modèle dans le genre héroï-comique.

La badine Epopée, en son tour ironique,
Suit l'inspiration d'un caprice comique :
Art finement léger, qui, dans ses jeux plaisants,
Renverse des objets la figure et le sens.
Tel sur l'orbe incliné d'une glace magique
Voltige ce rayon dont la lumière oblique
Par d'imprévus reflets, aux regards étonnés,
Allonge le visage ou raccourcit le nez.
Tel est l'esprit moqueur ; il se rit du sublime,
Prête à de vains objets une maligne estime,
Du sujet le plus grave abaisse la hauteur.
Et se joue à la fois de l'art et du lecteur.

(Chaussard, Poétique secondaire)

Le poème héroï-comique a le grand avantage de la variété, et souvent le charme de la surprise ; il s'élève par moment à la pompe héroïque, pour retomber par une chute inattendue dans le comique du sujet ; mais cette chute doit être inattendue, sans disparate ; et c'est là la grande difficulté de ce genre de poème. Les quatre premiers vers du Lutrin en sont un modèle parfait :

Je chante les combats, et ce prélat terrible
Qui, par ses longs travaux et sa force invincible,
Dans une illustre église exerçant son grand cœur,
Fit placer à la fin un lutrin dans le chœur.

Les trois premiers sont dignes de l'épopée sérieuse ; le quatrième ramène le lecteur étonné au comique du sujet. Cette composition est une sorte d'espièglerie et de moquerie continuelle, par laquelle le poète trompe à la fois et amuse notre curiosité.

Il se rit de son art, du lecteur, de lui-même.
(Delille, Imagination)

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