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L'origine de Hésiode



Une époque indéterminée

L'âge d'Hésiode est incertain, dit M. l'Evesque, membre de l'Institut, dans une dissertation sur ce poète et sur ses ouvrages. Mais, ajoute-t-il, on ne manque pas de témoignages antiques, suivant lesquels ce poète serait plus ancien qu'Homère : tel est celui de la chronique de Paros. Cicéron et d'autres écrivains le supposent plus jeune, d'autres les ont faits contemporains ; ils prétendent même qu'ils ont soutenu ensemble un combat poétique, dont Hésiode remporta le prix. Des vers, que l'on dit avoir été chantés alternativement dans ce combat, subsistent encore, mais on ne doute pas qu'ils ne soient supposés, et on les croit peu dignes de ces deux célèbres rivaux.
Hésiode, né à Cumes dans l'Eolide, vivait à Ascrée, dans la Béotie, au pied de l'Hélicon. La simplicité de ce poète, comparée à celle qu'on loue dans Homère, paraît plus grande encore, et peut faire croire qu'Hésiode appartient à des temps plus reculés. Mais cette différence peut être attribuée à celle des sujets qu'ils ont traités, à la vie champêtre et retirée que menait Hésiode, à son caractère doux et modéré. Il s'élève rarement ; c'est le style tempéré qui domine dans ses ouvrages, et ils doivent principalement leurs charmes à leur élégance soutenue et à la douceur de la versification.


Les œuvres d'Hésiode

Denys d'Halicarnasse lui donne la palme pour les vers hexamètres. Il nous reste, sous le nom d'Hésiode, la Théogonie ou l'origine et la généalogie des dieux ; un poème intitulé le Bouclier d'Hercule, fragment d'un ouvrage plus considérable, dans lequel étaient célébrées plusieurs héroïnes ; enfin, un poème intitulé les Œuvres et les Jours, dans lequel le poète donne des leçons de morale, d'agriculture et d'économie rurale. Les anciens le faisaient apprendre par cœur à leurs enfants. Il a pu donner à Virgile l'idée des Géorgiques, et cette fois le poète latin a surpassé son modèle.
Pausanias parle d'un ancien poème sur la théogonie, qui était attribué à Orphée. Celui qui porte le nom d'Hésiode ne serait-il pas cet ouvrage antique, refait et rajeuni ? Le poème supposé d'Orphée devait être devenu presque inintelligible par la vétusté du style ; il est assez vraisemblable que quelque poète postérieur aura voulu en conserver le fond, en le revêtant d'une forme plus agréable. Pausanias doutait que la théogonie fût l'ouvrage d'Hésiode. Ce doute lui avait été inspiré par les Béotiens, voisins de l'Hélicon, chez lesquels cet historien avait voyagé, et qui ne reconnaissaient, comme appartenant à Hésiode que le poème des Œuvres. Ils en conservaient encore un exemplaire antique, gravé sur le plomb, et endommagé en beaucoup d'endroits par le temps.

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