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L'origine de Hiéroglyphes


Ce mot vient du grec et signifie gravure sacrée.


Une invention égyptienne

L'art d'écrire n'a été d'abord qu'une peinture informe et grossière des objets ; c'est la première méthode qu'on a trouvée de peindre les idées par des figures. On a été longtemps dans l'erreur sur le premier usage des hiéroglyphes. On a cru que les prêtres égyptiens les avaient inventés, afin de cacher leur science au vulgaire. Le P. Kircher en particulier a fait de cette erreur le fondement de son Théâtre hiéroglyphique. Warburton, dans son Essai sur les hiéroglyphes, ouvrage où l'érudition et la philosophie marchent d'un pas égal, a démontré que les Égyptiens n'ont employé cette méthode d'écrire, dont ils sont les inventeurs, qu'à transmettre et à faire connaître leurs lois, leurs usages et leur histoire.
C'est la nature et la nécessité, et non pas le choix et l'art qui ont produit les diverses espèces d'écritures hiéroglyphiques ; elles ne sont qu'une invention imparfaite et défectueuse, convenable à l'ignorance des premiers siècles. C'est faute de connaître les lettres que les Égyptiens y ont eu recours.


A la fois peinture et symbole

Dans cette manière d'écrire, une seule figure était le symbole ou l'image de plusieurs choses. S'agissait-il de marquer un siège, les Égyptiens peignaient une échelle à escalader ; deux mains, dont l'une tenait un bouclier, et l'autre un arc, désignaient une bataille ; par ce moyen l'art d'écrire, qui originairement n'était qu'une simple peinture, devint peinture et symbole, les figures que l'on employait désignant plus que la simple représentation des objets.
Cette nouvelle manière d'écrire reçut différents degrés de perfection successivement et en différents temps. Tous les peuples dont nous pouvons encore apercevoir les premiers progrès dans les arts, Égyptiens, Phéniciens, Chinois, Mexicains, en ont fait usage ; et quoique la pratique de chacun de ces peuples n'ait pas été absolument uniforme, toutes les méthodes connues ont néanmoins un fondement commun. Elles dérivent de l'usage primitif de peindre les objets de la pensée. Non seulement les Chinois dans l'orient, les Mexicains dans l'occident, et les Égyptiens au midi ; mais aussi les Scythes dans le nord, les Indiens, les Phéniciens, les Éthiopiens, les Étrusques, les sauvages de l'Afrique et de l'Amérique, ont tous fait usage de la même manière d'écrire par peinture et par hiéroglyphes.


Les hiéroglyphes chez les Mexicains

« La première fois, dit Sylvain Maréchal (Costumes civils de tous les peuples connus, tome III), que les Espagnols abordèrent au Mexique, Montézuma, qui en était empereur, envoya, dit-on, au-devant d'eux un certain nombre d'écrivains très experts qui, avec le secours de figures tracées par eux sur de grandes toiles de coton, marquaient exactement tout ce qu'ils avaient vu. Ces sortes de caractères répondaient aux anciens hiéroglyphes ; chaque figure signifiait un ou plusieurs mots. »
Après l'invasion des Espagnols, les Mexicains ayant embrassé le catholicisme, ils en exprimaient par des figures les principales oraisons. Pour rendre, par exemple, ces paroles, je me confesse, ils peignaient un Indien à genoux devant un moine. Pour se représenter un dieu tout-puissant, ils dessinaient trois têtes couronnées. Le visage rayonnant d'une femme qui tient un enfant dans ses bras, figurait la vierge mère révérée des chrétiens, etc.
Un pareil concours ne peut jamais être regardé comme un effet, soit de l'imitation, soit du hasard ; on doit reconnaître dans cet accord la voix de la nature parlant d'une manière conforme aux conceptions grossières des premiers hommes.


Devenus une écriture secrète en Egypte

L'histoire des Grecs ne nous présente aucune trace de l'écriture hiéroglyphique ; ils n'ont fréquenté les Égyptiens qu'assez tard. Ces peuples avaient alors l'usage des caractères alphabétiques. L'ancienne méthode d'écrire en hiéroglyphes avait été négligée par le commun de la nation. Mais les prêtres égyptiens, qui, suivant la coutume de tous les savants de l'antiquité, n'étaient occupés que des moyens de cacher leur science, avaient retenu l'écriture hiéroglyphique, comme un voile propre à dérober la connaissance de ce qu'ils ne voulaient pas divulguer. C'est ainsi qu'après la découverte de l'écriture alphabétique, les hiéroglyphes devinrent en Egypte une écriture secrète et mystérieuse.

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