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L'origine de Horloge



Utilisée depuis le plus haute antiquité

Pour diviser le temps en parties égales, dit Goguet (De l'origine des lois, des arts, etc.), les peuples policés ont employé autrefois divers moyens. Ceux qui paraissent avoir été le plus anciennement et le plus généralement usités sont les horloges d'eau et les cadrans solaires. On voit, par tout ce qui nous reste d'anciennes traditions, que les horloges d'eau ont été les premiers instruments qu'on ait imaginés pour se procurer une mesure artificielle du temps. Les Égyptiens faisaient remonter cette invention à la plus haute antiquité. L'usage de cette espèce de clepsydre a même subsiste chez ces peuples pendant bien des siècles.
On sait que c'est par le moyen des horloges d'eau que les astronomes chinois supputaient les intervalles de temps qui s'écoulaient entre le passage d'une étoile par le méridien, le coucher ou le lever du soleil, la grandeur des jours, etc.
En général on peut douter que l'art de diviser le jour en heures ou parties égales ait été connu dans les temps qui ont précédé la mort de Jacob. Les livres de Moïse servent plutôt à augmenter cette incertitude qu'à la détruire. Les différents moments de la journée n'y sont jamais désignés que d'une manière vague et incertaine : lorsque le soleil était prêt à se coucher, sur le soir, le matin, au lever du soleil, etc. Ces manières de s'exprimer peuvent faire douter qu'on eût alors inventé quelque méthode artificielle pour subdiviser le jour en parties égales.


L'horloge solaire

Ce ne fut que plus tard qu'on fit attention à l'ombre du soleil, et sa hauteur servit à former de nouvelles divisions. Il est à remarquer que ce n'était pas la marche de l'ombre sur une surface plane qui déterminait ces divisions, ainsi que cela eut lieu sur les cadrans solaires que l'on fit par la suite, mais sa longueur plus ou moins grande.
Il paraît que l'art de tracer un gnomon ou horloge solaire est dû aux Babyloniens ou aux Phéniciens, peuples commerçants et navigateurs, qui auront senti de bonne heure la nécessité de mesurer le temps avec quelque exactitude. Cette invention et la division du jour en douze heures ou douze parties égales passèrent, au rapport d'Hérodote, des Babyloniens aux Grecs, qui, à une autre époque, les communiquèrent aux Romains.
Comme il était utile de rendre général le bienfait de pareilles inventions, on érigea sur les places publiques des colonnes ou d'autres édifices sur lesquels l'ombre projetée indiquait l'heure de la journée. Ce fut l'astronome chaldéen Berosus, qui vivait vers l'an 640 avant Jésus-Christ, qui apporta le premier aux Grecs l'art de diviser le jour en douze heures, et celui de construire des cadrans solaires. Anaximandre, environ un demi-siècle après, appliqua au gnomon ou cadran solaire l'aiguille qui sert à désigner les heures. Cet instrument encore perfectionné reçut le nom d'horoscopion ou horologion.
L'utilité des cadrans solaires en fit imaginer de portatifs. Mais comme ces inventions n'étaient bonnes que pour le jour, et encore quand le soleil n'était pas voilé par des nuages, il fallut avoir recours à d'autres instruments pour mesurer le temps pendant la nuit, ou lorsque le soleil ne paraissait pas : on inventa donc les horloges de sable et les horloges d'eau.


L'horloge à roues

Les horloges à roues, dont on attribue communément l'invention au moine Gerbert, qui devint pape sous le nom de Sylvestre II, et mourut en 1003, sont beaucoup plus anciennes. Elles étaient connues dès le IVe siècle ; ce n'est que par degrés qu'on les a perfectionnées.
La première horloge à roues qui ait paru en France fut envoyée à Pépin-le-Bref par le pape Paul Ier, l'an 760 de l'ère chrétienne.


L'horloge à sonnerie

Vers l'an 807, le calife Harounal-Raschid, ayant contracté une étroite amitié avec Charlemagne, lui fit, entre autres présents, celui d'une horloge dont nos historiens parlent avec admiration, et qui était vraisemblablement dans le goût de celle du pape Paul Ier : ce n'était pas du moins une horloge sonnante, car il n'y en avait point de telle du temps de Charlemagne ; il n'y en eut même que vers le milieu du XIVe siècle. De là vient l'ancienne coutume, qui se conserve en Allemagne, en Suisse, en Hollande et en Angleterre, d'entretenir des hommes qui avertissent de l'heure pendant la nuit.
Sous Louis XI, il y eut des horloges portatives à sonnerie. Un gentilhomme ruiné par le jeu, étant dans la chambre du roi, prit l'horloge du prince et la cacha dans sa manche, où elle vint à sonner ; au lieu de punir le voleur, Louis XI lui donna généreusement ce qu'il avait dérobé.


Les plus belles horloges

Les Italiens imitèrent les premiers les horloges à roues du pape Paul et du calife des Abassides, et la gloire en est due à Pacificus, archidiacre de Vérone, mort en 846.
Au commencement du XIVe siècle, on vit à Londres l'horloge de Wallingford, bénédictin anglais ; et bientôt après parut celle de Jacques de Dondis, né à Padoue, laquelle marquait, outre les heures, le cours annuel du soleil suivant les douze signes du zodiaque, avec le cours des planètes. On la mit sur la tour du palais de cette ville, en 1344, et l'invention parut si merveilleuse qu'on donna à son inventeur le nom d'Horologius, surnom qui est demeuré à ses descendants.
L'horloge de Dondis éveilla l'industrie et excita l'émulation dans toutes les parties de l'Europe. Celle de Courtray, que Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, fit transporter à Dijon, en 1563, fut une des plus vantées. En 1370, Charles V fit venir d'Allemagne Henri de Wick, qui fit l'horloge du Palais à Paris. C'est la première de cette espèce qu'ait eue la capitale. Vers 1550, la mécanique des grosses horloges se perfectionna partout. Henri II fit construire celle d'Anet, où l'on voyait un cerf qui frappait du pied les heures, et une meute de chiens qui couraient en aboyant. Celle de Strasbourg, achevée en 1573, passe pour une des plus merveilleuses de l'Europe, comme celle de Lyon est réputée la plus belle de France. Nicolas Lippius, de Bâle, la construisit en 1598, et Guillaume Nourrisson, habile horloger lyonnais, la répara et l'augmenta en 1660.
Enfin la plus grande et une des plus belles horloges qu'on ait faite jusqu'à présent, est celle qui fut exécutée par M. Le Paute, et placée en 1781, dans l'Hôtel-de-Ville de Paris.


Le perfectionnement de l'horloge

On inventa aussi, dans le XVIe siècle, le ressort, formé par une lame qui, pliée en Spirale et renfermée dans un tambour, a servi de force motrice à l'horloge, et a été substituée au poids. Cette invention, qui permettait de rendre les horloges portatives, amena celle des montres.
En 1647, Huyghens appliqua aux horloges le pendule, dont la découverte mémorable avait été faite par Galilée, et le substitua au balancier. L'invention du pendule fit appliquer de nouvelles divisions aux machines qui mesurent le temps. On divisa l'heure en 60 parties qu'on appelle minutes, la minute en 60 parties que l'on nomme secondes, et la seconde en 60 parties que l'on appelle tierces ; de sorte que la révolution journalière du soleil, d'abord divisée en 24 parties, l'est maintenant en 86 400 secondes que l'on peut compter.
D'après ces divisions, on commença à faire des horloges ou pendules qui marquèrent les minutes et les secondes. Dans les dernières années du XVIIe siècle, on inventa en Angleterre ce qu'on appelle la répétition, que l'on adapte aux pendules et aux montres, pour leur faire sonner les heures et les quarts.
L'invention des montres et des horloges à longitudes date du milieu du XVIIIe siècle. A cette époque et depuis, toutes les parties de l'exécution des pièces qui composent les horloges ont été portées à la plus grande précision, par l'invention de divers instruments et outils.

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