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L'origine de Hospitalité



Une pratique très ancienne

Les hôtelleries étaient inconnues chez les anciens ; mais le voyageur était sûr de trouver un hospice et l'accueil de l'amitié partout où il trouvait des hommes. On le recevait avec honneur. Le temps de son séjour était un temps de fêtes, et on ne le laissait point partir sans lui faire des présents. Des familles de contrées différentes étaient liées entre elles par les saints nœuds de l'hospitalité ; elles se respectaient mutuellement au milieu de l'horreur des combats, et semblaient ne composer qu'une même famille.


Les trois sortes d'hospitalité

La pratique de l'hospitalité paraît remonter aux temps les plus reculés. Il y avait trois sortes d'hospitalité.

  • La première était celle qu'on exerçait envers les étrangers, les voyageurs, les inconnus, telle que celle qu'Abraham exerça envers les anges, et celle d'Alcinoüs envers Ulysse.
  • La seconde était une suite de la précédente : ceux qui avaient logé une personne étaient dès lors liés avec elle par les nœuds de l'hospitalité ; ils étaient obligés de se secourir mutuellement, et ce droit passait à leur postérité : telle fut l'hospitalité exercée par Raguel envers le jeune Tobie, et celle de Nestor et de Ménélas envers Télémaque.
  • On contractait la troisième sorte d'hospitalité sans avoir vu les hôtes : on envoyait un présent à une personne, et on lui demandait de se lier par le droit d'hospitalité ; si elle renvoyait un autre présent, c'était une marque qu'elle acceptait l'offre, et dès lors les droits étaient également sacrés ; telle fut l'hospitalité de Cyniras, roi de Chypre, envers Agamemnon.

Le droit de suppliant

On pourrait encore compter une quatrième sorte de droit également sacré : c'est le droit de suppliant. Les mêmes principes religieux obligeaient les anciens à respecter et à regarder comme un dépôt dont on devait rendre compte aux dieux, un homme réduit, par ses malheurs, à prendre leur maison pour refuge, fût-il d'ailleurs leur plus grand ennemi. Le suppliant s'asseyait sur la cendre du foyer, et implorait les dieux de l'hospitalité. Tel parut Thémistocle chez Admète, roi des Molosses, et tel encore Goriolan se confia à Tullus, son plus grand ennemi.


Le droit d'hospitalité

Les deux points essentiels dans la pratique de l'hospitalité étaient premièrement, de laver les pieds et de mettre dans le bain ; secondement, de ne demander le nom des hôtes inconnus qu'après le premier repas. Dans les siècles qu'on nomme héroïques, les hôtes se faisaient mutuellement des présents qui servaient de témoignage perpétuel du lien qui unissait les familles ; dans la suite, au lieu de ces présents, on se contenta de rompre en deux une pièce de monnaie, ou plus communément de scier en deux un bâton d'ivoire, dont chacun des deux hôtes gardait une partie ; c'est ce qu'on nommait tessera hospitalis (marque de l'hospitalité).
Le droit d'hospitalité était imprescriptible, et, à moins d'y avoir renoncé par un acte en forme, rien ne pouvait y porter atteinte. Ce droit n'existait pas seulement d'individu à individu, de famille à famille ; mais même de cité à cité. Dans la guerre même, les combattants qui se trouvaient liés par le droit de l'hospitalité étaient obligés de se respecter. Les dieux protecteurs de l'hospitalité étaient Jupiter, à qui, en ce cas, on donnait le surnom de Xénius, Apollon, à qui l'on donnait celui de Théoxénius, Vénus, Minerve, Castor, Pollux, et surtout les Lares.


L'hospitalité chez les Celtes et les Gaulois

Les Celtes ou Gaulois, nos aïeux, portaient la prévoyance si loin en fait d'hospitalité, qu'ils tenaient leurs portes ouvertes pendant la nuit, dans la crainte qu'un voyageur fatigué ou égaré ne vînt à passer outre.

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