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L'origine de Imprécation



Depuis la nuit des temps

L'origine des imprécations remonte aux temps les plus reculés, et la croyance des peuples en autorisait l'usage. Les Juifs chargèrent d'imprécation le bouc Azazel, avant de l'envoyer dans le désert pour y être précipité. Josué, après la destruction de la ville de Jéricho, fit des imprécations terribles contre celui qui oserait la rétablir. Selon le précepte de Moïse, une femme accusée d'infidélité par son mari buvait de l'eau de jalousie, sur laquelle le prêtre avait prononcé des imprécations.


Les imprécations dans la Grèce antique

C'était souvent par des imprécations que les Grecs se vengeaient des tyrans et des ennemis de l'état. C'est la peine que subit Alcibiade pour avoir mutilé les statues de Mercure, et profané les mystères de Cérès. Le sénat d'Athènes ordonna des imprécations contre Pisistrate, sous le joug duquel la république avait gémi. Ce fut par une imprécation violente que les Amphictyons s'obligèrent à empêcher la culture des terres des Cyrrhéens et des Acragallides, qui avaient pillé le temple de Delphes.
Les Furies et les autres divinités qui présidaient à la vengeance étaient invoquées de préférence dans les imprécations, et les coupables qui leur avaient été dévoués étaient bannis de la société. Ils ne participaient plus aux aspersions, et ne pouvaient plus faire des libations dans les temples. Expulsés de leur patrie, ils n'y étaient pas même reçus après leur mort, à moins qu'ils ne se fussent réhabilités. La réhabilitation consistait dans le sacrifice de quelques victimes en l'honneur des dieux, dont on avait imploré le secours par les imprécations ; mais elle n'avait jamais lieu pour les meurtriers, les assassins, les parricides.


Les imprécations dans la Rome antique

L'usage des imprécations publiques passa des Grecs chez les Romains. Elles furent introduites à Rome dès le commencement de la république, et elles y subsistèrent jusqu'à la fin. Valérius Publicola dévoua aux dieux infernaux la vie et les biens de quiconque aspirerait à la royauté. Grassus ayant fait goûter à Pompée le dessein qu'il avait conçu d'envahir le pays des Parthes, malgré la résistance qu'y apportaient les pontifes, le tribun Atéïus mit sur son passage un brasier sur lequel il jeta des parfums, en prononçant une imprécation effrayante.
Les imprécations particulières les plus remarquables ont été celles des pères contre leurs enfants. Celle d'Œdipe a été trop funeste à Etéocle et à Polynice pour pouvoir être oubliée ; on sait ce que celle de Thésée coûta à Hippolyte et à Thésée lui-même.


Les imprécation en France

Enfin les imprécations furent en usage chez les Gaulois ; mais il n'appartenait qu'aux druides de les prononcer, et la désobéissance à leurs décisions était, au rapport de César, le cas le plus ordinaire où ils les employassent.
Dans des temps plus voisins de nous, on peut mettre au nombre des imprécations remarquables celle que fit sur le héron que lui présenta Robert d'Artois, la reine d'Angleterre, épouse d'Edouard III, fille de Guillaume-le-Bon, comte de Hainault, et de Jeanne de Valois, sœur du roi de France.
« Je suis enceinte, dit-elle d'une voix ferme, je n'en puis douter, j'ai senti remuer mon enfant. Je voue donc à Dieu et à la Sainte-Vierge que ce précieux fruit de notre union ne sortira pas de mon sein jusqu'à ce que vous m'ayez conduite par-delà les mers, pour accomplir incessamment votre vœu. Si l'enfant voulait naître avant le terme que je me prescris, je me plongerais plutôt dans le flanc ce couteau dont je suis armée : je perdrais ainsi d'un seul coup mon âme et mon fruit. »
Ce serment tout horrible qu'il est, peint mieux la barbarie d'un siècle (le XIVe) livré au fanatisme et à l'esprit de l'ancienne chevalerie, que le caractère même de celle qui le prononça, puisque ce fut à sa vive prière et à ses touchantes représentations qu'Edouard, son époux, accorda la vie aux généreux citoyens de Calais qui s'étaient dévoués à la mort pour sauver leurs compatriotes.

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