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L'origine de Imprimerie



Une origine indéterminée

Nous sommes trop près encore, dit M. Daunou, des premiers jours de l'imprimerie, pour mesurer son influence ; nous en sommes déjà trop loin pour connaître avec certitude les circonstances de son origine. Il est difficile de prévoir ses derniers bienfaits, et de discerner ses premières tentatives ; mais l'intérêt qu'excite un art dont la puissance, aujourd'hui si vaste, peut s'accroître encore, excuse au moins les efforts, même infructueux, qui tendent à éclaircir ses annales. Puisqu'on lui doit tant, puisqu'on en espère davantage, puisqu'il est devenu le principal véhicule de l'instruction, son histoire tient étroitement à celle de l'esprit humain. Rechercher en quel lieu, en quel temps et par qui fut inventé un tel art, ce n'est pas seulement une curiosité légitime ; c'est aussi de la reconnaissance.
L'imprimerie tabellaire, ajoute le savant que nous venons de citer, qui existait depuis longtemps à la Chine, paraît avoir été appliquée par les Européens à l'impression des cartes et des images, vers la fin du XIVe siècle, ou au moins dès le commencement du XVe ; avant 1440, on avait imprimé de cette manière, soit dans Harlem, soit ailleurs, d'abord des recueils d'images avec de courtes inscriptions, puis des livres d'église ou d'école, spécialement des donats.


La grande avancée de Gutenberg

Plusieurs villes se sont disputé l'invention de l'imprimerie ; mais l'honneur de cette découverte appartient à Mayence. Jean Gutenberg, natif de cette ville, imagina de graver sur des planches de bois des pages entières que l'on imprimait ensuite autant de fois que l'on voulait. Ce fut là le premier pas ; c'était beaucoup, mais ce n'était pas assez ; il fallait un travail immense pour graver ainsi un seul ouvrage ; et Gutenberg voulait abréger le temps : il mit en œuvre un nouveau moyen : il sculpta en relief des lettres mobiles ou sur bois, ou sur métal. Ces lettres se plaçaient les unes à côté des autres, enfilées par un cordon, comme les grains d'un chapelet. On présume qu'il fit ce second essai à Strasbourg en 1440. Ces tentatives lui réussirent peu dans le commencement et épuisèrent sa fortune. Il se vit obligé, en 1444, de retourner à Mayence, et de s'associer avec un orfèvre de cette ville appelé Fust. Ce dernier ne paraît avoir contribué à la nouvelle invention qu'en donnant les fonds nécessaires. On admit dans la société un écrivain de profession, homme industrieux, nommé Pierre Schoeffer, natif de Gernzheim en Allemagne. Ce fut lui qui acheva la découverte de l'imprimerie en trouvant le secret de jeter en fonte les caractères que jusqu'alors on avait sculptés un à un.


L'impression de la première Bible

Cette nouvelle invention, qui ne laissait plus rien à désirer que la perfection, eut lieu en 1452. Les trois associés paraissent avoir travaillé ensemble jusqu'en 1455, et il est très probable que ce sont eux qui ont mis au jour une bible sans date et sans aucune indication du nouvel art qui l'avait produite, et dont les caractères sculptés en bois et mobiles attestent une antiquité plus reculée que la bible connue de Fust et Schoeffer, imprimée en l'an 1462, en caractères de fonte. Il ne nous est parvenu de cette première bible, que le second volume qui existait à la bibliothèque Mazarine : le titre les sommaires et les lettres initiales ont été ajoutés à la main.


La mort de Gutenberg et la déchéance de Mayence

Guttenberg se sépara de ses associés vers 1455, et mourut en 1468 ; il était depuis 1465 attaché à l'électeur de Mayence, Adolphe de Nassau ,en qualité de gentilhomme, avec des appointements annuels. C'est donc de Mayence que l'art typographique sortit pour se répandre par toute la terre. Ce même Adolphe de Nassau, qui accueillait si honorablement Gutenberg, forçait en même temps les imprimeurs à abandonner la ville que l'on pouvait appeler leur patrie. Ayant surpris Mayence et usant du droit du vainqueur, il lui ôta ses libertés et ses privilèges. L'industrie souffrit de ce despotisme ; les ouvriers s'enfuirent, et les imprimeurs se dispersèrent en différentes contrées de l'Europe.


Le développement de l'imprimerie en Europe

Udalric, Han, Suvenheim et Arnold Pannaris se rendirent à Rome, où on les logea dans le palais des Maximes. Ils y imprimèrent en 1467 la Cité de Dieu de saint Augustin, une Bible latine, les Offices de Cicéron et quelques autres livres. A Venise, Jean de Spire et Vaudelin, en 1471, publièrent les Epîtres de saint Cyprien ; et, dans la même année, Sixtus Rusurger fit paraître à Naples quelques ouvrages de piété. A Milan, Philippe de Lavagna mit au jour un Suétone, en 1475. En 1468, Londres vit sortir un livre de ses presses. Strasbourg était célèbre par les beaux caractères de fonte de Jean de Cologne et de Jean Mantheim ; Lyon, Rouen, Bâle, Louvain, Séville, Florence, Genève et les autres grandes villes de l'Europe eurent bientôt des imprimeries ; Abbeville même fit paraître en 1486, une traduction de la Cité de Dieu.
Ce fut vers 1469 que l'imprimerie commença à être exercée dans la capitale de la France. On doit son établissement aux docteurs de la maison de Sorbonne, qui appelèrent à Paris trois imprimeurs de Mayence, Ulric Gering, Matrin Grantz et Michel Friburger. On les plaça d'abord dans la maison même de la Sorbonne. Le premier livre qu'ils publièrent fut les Epîtres de Gaspard Rinus Pergamensis. Le caractère dont ils se servirent pour l'impression de cet ouvrage et de quelques autres est rond, de gros-romain. Il s'y rencontre souvent des lettres à demi formées, des mots achevés à la main, des inscriptions manuscrites, les lettres initiales en blanc, pour donner le moyen de les peindre en azur ou en or.


L'imprimerie royale

Elle a été établie par François Ier, en 1531. Ce prince fit fondre des caractères hébreux, grecs et latins, dont il confia la garde au célèbre Robert Etienne, son imprimeur ordinaire, auquel son fils de même nom succéda en 1559.
Elle devint florissante sous Louis XIII, par les soins du cardinal de Richelieu, et fut placée aux galeries du Louvre. En 1642, Sublet, sieur des Noyers, en fut nommé surintendant ; Trichet Dufrêne, correcteur, et Cramoisi, imprimeur. En deux ans seulement, il sortit des presses de cette imprimerie soixante-dix gros volumes, grecs, latins, français, italiens, tous imprimés en beaux caractères et sur beau papier. Il fut dépensé, dans les sept premières années, pour monter cette imprimerie, plus de 360 000 francs.
Quelque brillante que fût, dans son origine, cette imprimerie, son état n'est pas comparable à ce qu'il a été par la suite. On y possédait des poinçons, matrices et caractères des langues de presque tous les peuples de la terre qui ont une écriture, et notamment les 137 000 caractères de la langue chinoise.
Cette imprimerie fut d'abord établie dans la galerie du Louvre, au rez de chaussée et à l'entresol ; elle fut ensuite transférée à l'hôtel de Toulouse, en face de la place des Victoires ; et enfin, par décret du 6 mars 1809, à l'hôtel de Soubise et dans les bâtiments de cet hôtel, appelé Palais-Cardinal.

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