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L'origine de Index


Mot purement latin qui signifie ce qui montre, ce qui indique. De là vient qu'on donne ce nom au second doigt de la main, c'est-à-dire à celui qui suit le pouce, parce qu'on s'en sert ordinairement pour montrer quelque chose. Les tables des matières, qui se mettent à la fin d'un livre, portent par la même raison le nom d'index.


Les premières mises à l'index de certains ouvrages

On appelle aussi index, indice ou indices expurgatoires, une table ou catalogue de livres suspects de mauvaise doctrine, dont la lecture a été interdite par l'église romaine, quoiqu'ils ne soient pas encore condamnés juridiquement.
L'ancienne église ne fit aucune loi contre les livres des hérétiques ; mais les empereurs les défendirent par des raisons d'état. Les papes, après l'an 800, ordonnèrent qu'on les brûlât ; on ne condamna cependant au feu que très peu de livres avant l'an 1500. Léon X interdit la lecture des ouvrages de Luther, sous peine d'excommunication, et ses successeurs étendirent cette défense à ceux qui liraient les livres des hérétiques en général ; ce qui causait un grand embarras, parce que les noms des hérétiques paraissaient rarement entête de leurs ouvrages.


La Congrégation de l'Index

Philippe II fut le premier qui tâcha de remédier à cet inconvénient, en ordonnant, l'an 1558, que l'on imprimât un index ou catalogue des livres défendus par l'inquisition d'Espagne. Le pape Paul IV, à son exemple, en fit imprimer un semblable, en 1559. On défendit aussi la lecture de tous les livres imprimés par certains imprimeurs, et on donna dans un index les noms de ces imprimeurs. Le concile de Trente ordonna que non seulement on ferait un nouveau catalogue des livres défendus, mais encore que les autres livres seraient examinés par des théologiens et des inquisiteurs, et qu'ils en effaceraient certains passages.
Cette commission censoriale est ce qu'on appelle la Congrégation de l'Index ; elle avait son siège à Rome, et était composée d'un cardinal-préfet, d'un grand nombre de cardinaux, de prélats, et de consulteurs séculiers et réguliers. Un livre mis à l'index était un livre inscrit au catalogue de ceux dont cette congrégation défendait la lecture et le débit. Entre ces livres cependant il y avait cette différence, que les uns étaient défendus purement et simplement, et que les autres l'étaient seulement jusqu'à ce qu'on les ait corrigés.
En 1571, le duc d'Albe fit imprimer, à Anvers, un index qui ne fut connu du public que quelques années plus tard. Clément VIII, en 1596, en fit imprimer un fort augmenté, qu'on appelle le Romain. Celui de Sottomayor, qui a été fait pour tous les états soumis au roi d'Espagne, comprend tous les autres, et va jusqu'en 1667. Benoît XIV donna un index en 1758. Pie VI ordonna l'impression d'un nouveau catalogue, comprenant tous les livres prohibés jusqu'à 1786.
On a publié, en 1825, à Paris, chez Beaucé-Rusand, le dernier catalogue des ouvrages mis à l'index ; il contient les livres qui ont été prohibés jusqu'aux dernières années de Pie VI, et sous le règne de Pie VII, ainsi que ceux des ouvrages censurés sous le gouvernement de Léon XII, dont l'éditeur a pu avoir connaissance.

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