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L'origine de Indigo



Ignoré par les anciens

Les anciens ont ignoré l'origine de l'indigo. Suivant Pline, c'est une écume de roseaux qui s'attache à une espèce de limon, noir quand on le broie, et d'un beau brun mêlé de pourpre quand on le délaie. Dioscoride croit que c'est une pierre. On sait aujourd'hui que ce que nous appelons indigo est une fécule extraite des feuilles de l'indigotier, plante des Indes orientales naturalisée en Amérique. L'indigo le plus recherché est celui qui est connu sous le nom de guatimala, parce qu'il croît sur le territoire de cette cité.


La culture du pastel

Avant la découverte de l'indigo, on cultivait, dit M. Chaptal, l'isatis tinctoria (le pastel), pour en former des coques, dans presque toutes les parties de l'Europe : c'était alors la couleur bleue la plus solide qui fût connue, et le commerce du pastel était immense. Les environs de Toulouse et surtout le Lauraguais fournissaient une énorme quantité de pastel ; les coques qu'on y préparait jouissaient de la première réputation en Europe, et 200 000 balles de coques étaient exportées chaque année par le seul port de Bordeaux.


L'apparition de l'indigo en Europe

L'indigo qu'on extrait de l'anil commença à paraître en Europe dans les premières années du XVIIe siècle ; on prévit, dès le premier moment de son importation, tout le tort qu'il devait faire au pastel ; puisque dégagé de toute matière étrangère au principe colorant, l'indigo présente, sous le même poids, environ 175 fois plus de matière colorante que les coques de pastel.
Henri IV, qui prévoyait le dépérissemcnt de la principale branche de l'agriculture française, voulut arrêter le mal dans son origine, et, par un édit de 1609, il prononça la peine de mort contre tous ceux qui emploieraient cette drogue fausse et pernicieuse appelée inde.
Cette sévérité, ajoute M. Chaptal, fut adoptée par les gouvernements de Hollande, d'Allemagne et d'Angleterre, quoiqu'ils n'y eussent pas le même intérêt ; mais la loi ne fut maintenue et exécutée que dans le dernier de ces royaumes.


Les fabriques d'indigo

La longue guerre de la révolution nous avait interdit l'usage des mers, et nos approvisionnements en denrées coloniales étaient devenus très chers et incomplets. Dans cet état de détresse et de privation, le gouvernement fit un appel aux savants, pour essayer de tirer de notre sol une partie des ressources que nous avait procurées jusque là celui du Nouveau-Monde. Leurs efforts ne furent pas infructueux, et en peu de temps on fabriqua de l'indigo du pastel qui ne le cédait pas en qualité au plus beau guatimala.
Le gouvernement forma, à ses frais, trois grands établissements, l'un à Albi, l'autre aux environs de Turin, et le troisième en Toscane ; ces établissements ont prospéré pendant plusieurs années ; les procédés y ont été améliorés ; mais les changements politiques qui se sont opérés en 1813 n'ont plus permis de les protéger.
Les usines ont été vendues par les gouvernements respectifs, et cette belle branche d'industrie qui se serait conservée, si les établissements avaient été formés par des particuliers, a disparu. Le sieur Rouqués, habile teinturier à Albi, a seul maintenu un établissement qu'il avait formé, et pendant dix ans n'a pas employé dans sa teinture d'autre indigo que celui qu'il préparait lui-même avec le pastel.

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