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L'origine de Intestat


Intestat, sans avoir testé , sans avoir fait sou testament.


Mourir déconfés

Il fut un temps où quiconque ne laissait pas une partie de son bien à l'Eglise était excommunié et privé de la sépulture après sa mort. Cela s'appelait mourir déconfés, c'est-à-dire sans avoir confessé la religion chrétienne. Il arrivait souvent, quand un chrétien mourait intestat, que l'église relevait le mort de cette excommunication, en faisant un testament pour lui, dans lequel on juge bien que les legs pieux que le défunt aurait dû faire n'étaient pas oubliés.
Le pape Grégoire IX et saint Louis ordonnèrent, après le concile de Narbonne, tenu en 1235, que tout testament auquel on n'aurait pas appelé un prêtre serait nul, et le notaire, ainsi que le testateur, excommuniés.


Les morts intestats tenus pour damnés

« Autrefois ceux qui mouraient intestats étaient tenus pour damnés et pour infâmes, car, comme par les canons des conciles, on était tenu d'appliquer en œuvres pies une partie de ses biens, que Matthieu Pâris dit être au moins la dixième, pour le salut de son âme, celui-là était réputé en avoir abandonné le soin, qui avait manqué à faire un testament et des legs pieux. Quelques conciles ont commandé aux prêtres d'exhorter les moribonds à donner une partie de leurs biens à l'église ou aux pauvres ; ce qui a été si avant, qu'on déniait l'absolution et le viatique à ceux qui ne déféraient pas à leurs exhortations, de sorte qu'ils ne mettaient pas de différence entre les intestats et les désespérés qui s'étaient procuré la mort, et on les privait de sépulture.
Cela donna lieu à un arrêt du 19 mars 1409, rapporté par Pasquier, qui fait défense à l'évêque d'Amiens d'empêcher, comme il faisait, la sépulture des décédés ab intestat. Du Cange, qui traite amplement cette matière, témoigne que tous les biens meubles de ceux qui étaient morts sans confession, sans avoir reçu le viatique, et sans avoir fait des aumônes par leur testament, quoiqu'ils fussent morts de mort subite, étaient confisqués au profit des seigneurs, et en quelques lieux au profit des évêques. » (Dictionnaire de Trévoux)

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