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L'origine de Investiture


Acte par lequel le seigneur dominant investit d'un fief son vassal. Ce mot vient du latin vestire, vêtir, revêtir.


Les symboles de l'investiture

Anciennement les actes d'investiture étaient accompagnés de certains signes extérieurs ou symboles, pour exprimer la translation qui se faisait de la propriété ou possession d'une personne à une autre. Pour l'investiture d'un champ, on donnait tantôt un morceau de terre ou de gazon, tantôt un petit bâton appelé festuca ; quelquefois un couteau ou une épée, pour désigner la puissance que l'on conférait au nouveau propriétaire de changer, détruire, couper, renverser et faire généralement dans son fonds tout ce qu'il jugerait à propos. Dans certains cas, on mettait au doigt un anneau, on donnait une pièce de monnaie, une pierre ou quelque autre chose.
Les souverains donnaient l'investiture d'une province en remettant une bannière.


L'investiture des fiefs

L'investiture des fiefs est la concession primitive du fief, ou acte d'inféodation ; c'est aussi la réception du nouveau vassal en foi et hommage, par le moyen de laquelle le vassal est saisi et investi de son fief.


L'investiture des bénéfices

L'investiture des bénéfices est un acte par lequel on déclare et on confirme le droit résultant de la collation d'un bénéfice faite par le collateur en faveur d'un nouveau titulaire.
La forme dont se conférait l'investiture des bénéfices ecclésiastiques était différente suivant la dignité : le chanoine était investi par le livre, l'abbé par le bâton pastoral, l'évêque par le bdton et l'anneau. Voici l'origine de cette institution : sous Pepin et Charlemagne, l'Eglise ayant commencé à posséder beaucoup de fiefs, dont ces princes l'avaient enrichie, tant en France qu'en Allemagne ; les évêques et les abbés se trouvèrent engagés par là à prêter entre les mains du prince la foi et hommage des fiefs qu'ils tenaient de lui, et d'en recevoir l'investiture par la crosse et l'anneau, sans que les princes aient jamais prétendu, par cette cérémonie, conférer la puissance spirituelle. Les rois d'Angleterre exerçaient également ce droit.


La querelle des investitures

Mais l'année 1708 vit commencer la trop fameuse querelle relative aux investitures. Déjà, en 1061, le pape Alexandre II, à la sollicitation du fameux Hildebrand, alors cardinal, avait statué par une bulle, que « les évêques, de quelque église que ce fût, ne l'étaient légitimement qu'autant qu'ils étaient établis par l'autorité du pape, et que ceux qui ne le devenaient que par l'élection du clergé et des peuples, eussent-ils le consentement des princes, n'étaient pas légitimement évêques. » On espérait prévenir par là l'abus des élections entachées de simonie.
Hildebrand, devenu pape sous le nom de Grégoire VII, défendit à l'empereur d'Allemagne, Henri IV, de donner désormais les investitures. L'empereur résista. Ses propres enfants furent soulevés contre lui. Le sang coula longtemps : ou sait à quelles humiliations fut réduit ce prince, qui fut dépouillé du sceptre, et qui mourut dans la même année. Mais le fils dénaturé qu'on avait armé contre son père, lorsqu'il fut monté sur le trône, ne fut pas plus docile à l'égard du sujet primitif de la querelle. Le carnage fut renouvelé ; le pape Pascal II, intimidé par l'appareil de la force militaire, parut reconnaître au nouvel empereur Henri V le droit que celui-ci réclamait ; mais à peine ce dernier se fut-il éloigné de l'Italie, qu'il fut excommunié et le traité annulé dans un concile tenu à Rome.


La fin de la dissension

La dissension se prolongea jusque sous le pontificat de Callixte II, qui en vit enfin le terme dans une assemblée tenue à Wonson : on fit en 1122 un accord généralement désiré ; il fut réglé que désormais les empereurs donneraient investiture du temporel, non par l'anneau, la croix, ou la crosse, mais en présentant au pourvu leur sceptre, qu'il toucherait ou baiserait respectueusement. Ainsi fut terminée cette querelle qui avait inondé de sang l'Italie et l'Allemagne. En soixante batailles livrées sous le règne de Henri IV, et soixante-huit autres sous son fils et son successeur, plus de deux millions d'hommes, dit-on, perdirent la vie.
Quelques années auparavant, l'archevêque de Canterbury, Anselme, avait procuré à l'Angleterre une convention en vertu de laquelle la cour de Rome conservait le droit spirituel de donner les investitures et devait seule envoyer aux évêques la croix et l'anneau pastoral, tandis que le roi recevrait d'eux le serment de fidélité pour leurs propriétés et privilèges temporels.


L'investiture des rois de France

La France fut plus heureuse, à cet égard, et la paix n'y fut point troublée au sujet du droit d'investiture. Nos rois en jouirent même sous le pontificat de Grégoire VII ; sous les suivants ils renoncèrent à l'investiture par le bâton pastoral et l'anneau, et se contentèrent de la donner par écrit ou de vive voix.
Par le concordat passé entre Léon X et François Ier, le roi est maintenu dans le droit de nommer aux évêchés, abbayes et autres bénéfices de nomination royale.

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