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L'origine de Jeûne



Depuis la plus haute antiquité

L'usage du jeûne religieux est de la plus haute antiquité ; les Juifs observaient le jeûne lorsqu'ils étaient en Egypte, et Moïse leur en ordonna un, dès qu'ils furent dans le désert. Les Israélites eurent aussi des jeûnes établis par un précepte de la synagogue ; tels étaient ceux du quatrième, du cinquième et du sixième mois, dont parle Zacharie.
Porphyre assure que les sacrifices de toutes les grandes fêtes des Egyptiens étaient précédés de plusieurs jours de jeûnes, dont quelques-uns allaient jusqu'à six semaines, et que les moindres étaient de sept jours, durant lesquels les sacrificateurs s'abstenaient de chair, de poisson, de vin, d'huile, de pain et même de certains légumes.


Le jeûne dans la Grèce antique

Les Grecs avaient aussi leurs abstinences religieuses. Aristote nous apprend que les Lacédémoniens, voulant secourir une ville alliée, ordonnèrent un jeûne général dans toute l'étendue de leur domination, sans en excepter les animaux domestiques. Les Athéniens avaient plusieurs fêtes, entre autres celles d'Eleusis et les Thesmophories, dont l'observation était accompagnée de jeûnes exacts, particulièrement entre les femmes, qui passaient un jour entier sans prendre de nourriture.
Jupiter avait ses jeûnes aussi bien que Cérès ; et ses prêtres, dans l'île de Crète, ne devaient manger durant toute leur vie ni viande, ni poisson, ni rien de cuit. En général toutes les divinités exigeaient cette abstinence de ceux qui voulaient se faire initier dans leurs mystères, des prêtres ou des prêtresses qui rendaient leurs oracles, de ceux qui se présentaient pour les consulter, pour avoir des révélations en passant la nuit dans leurs temples, ou pour se purifier de quelque manière que ce fût.


Le jeûne chez les Romains

Il en était de même en Italie. Numa Pompilius observait des jeûnes périodiques pour se disposer aux sacrifices qu'il offrait lui-même, tous les ans, pour les biens de la terre. Les Tarentins, assiégés par les Romains, ayant demandé du secours aux habitants de Reggio, ceux-ci ordonnèrent un jeune de dix jours dans tout leur territoire, et réussirent à faire entrer un convoi dans la place. Les Romains levèrent le siège, et les Tarentins, en mémoire de leur délivrance, établirent chez eux à perpétuité un jour de jeûne.
Denys d'Halicarnasse nous apprend que les Albains s'abstinrent longtemps d'aliments après le combat des Horaces et des Curiaces, dont l'issue leur avait été si funeste. On voit dans Tite-Live, que les décemvirs, ayant consulté par ordre du sénat les livres sibyllins, à l'occasion de divers prodiges, firent adopter, en l'honneur de Cérès, un jeûne public, que l'on devait observer tous les cinq ans. Il paraît aussi que Rome en avait de réglés, en l'honneur de Jupiter. Jules-César se dérobait un repas tous les mois, par principe de religion, et, ces jours-là, se contentait le soir d'une légère collation. Auguste, dans Suétone, se glorifie d'une abstinence semblable, et d'avoir passé, à la manière des Juifs, un jour entier dans un jeûne rigoureux qu'il ne rompit qu'au commencement de la nuit. On en dit autant de Vespasien, de Marc Aurèle et de Sévère, et surtout de l'empereur Julien, qui, sur cet article, se distinguait non seulement de ses prédécesseurs, mais aussi des prêtres et des philosophes les plus rigides.


Le jeûne dans l'Eglise

Dans la primitive église, le jeûne de la pâque, c'est-à-dire le carême, durait, chaque jour, jusqu'à l'heure de vêpres, ce qui signifie jusqu'au soir. Il y avait d'autres jeûnes qui n'étaient que de dévotion, savoir, toutes les semaines, le mercredi et le vendredi : ce jeûne s'appelait la station. Il y avait des jeûnes commandés par les évêques, pour les besoins des églises, et ceux que chacun s'imposait par sa dévotion particulière. Ces jeûnes de dévotion ne duraient que jusqu'à nones.

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