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L'origine de Jongleur



Un terme utilisé à partir du XIe siècle

Cette dénomination, connue dès le XIe siècle, était, dans son origine, donnée aux musiciens qui exécutaient sur divers instruments les chants que composaient les troubadours, et qui se répandaient dans les cours pour amuser les princes, et spécialement, comme le remarque Estienne Pasquier (Recherches sur la France), à ceux qui fréquentaient la cour des comtes de Flandre.
Louis-le-Jeune voulut en avoir à sa suite, quand il partit pour la conquête de la Terre Sainte, comptant qu'ils lui seraient d'un grand secours pour adoucir les ennuis d'un si long voyage. L'empereur Frédéric en attira plusieurs à sa cour ; et Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, les honora de son amitié.


La séparation des jongleurs et des troubadours

Après la mort de Jeanne première du nom, reine de Naples et comtesse de Provence, les troubdes grands, et, lassés, comme dit Mervesin, de prodiguer leur encens, ils avaient cessé d'écrire. Ces poètes et ces musiciens se désunirent vers 1382 ; les uns, sous l'ancien nom de jongleurs, récitèrent des vers au son des instruments, les autres prirent le nom de joueurs, et se bornèrent à faire des tours de passe-passe. Ces jeux parurent si ridicules, et les folies qu'ils débitaient si scandaleuses, que, pour signifier une chose vaine, fausse, extravagante, on l'appelait jonglerie.


Les jongleurs à Paris

Il n'y avait pas de spectacle à Paris du temps de Philippe-Auguste; mais il paraît, parce qui est dit dans les chroniques de France, qu'on y voyait des jongleurs ou baladins ambulants qui allaient chantant ou récitant leurs poésies ou celles des autres. « Quelquefois, y lit-on, des jongleurs ou gouliars et autres espèces de ménétriers s'assemblent dans les cours des maisons appartenant à des bourgeois, à des princes ou hommes riches, et déploient tous leurs talents, toute leur adresse, pour avoir de l'argent, des robes ou quelques joyaux, en chantant ou récitant des contes, contant nouveaux mots, nouveaux dits, et nouvelles risées de diverses guises, et prodiguant les louanges aux hommes riches, afin de les séduire. »
Ces jongleurs furent bannis du royaume sous Philippe-Auguste, en 1180 ; mais quelques uns d'entre eux s'étant reformés obtinrent de ce prince la permission de revenir en France, et ils y furent soufferts non seulement pendant son règne, mais encore sous ses successeurs.
Les jongleurs et les joueurs furent tous dans la suite désignés sous la première de ces dénominations, et les femmes qui faisaient ce métier s'appelaient jongleresses. Ils demeuraient à Paris dans la même rue qui, par cette raison, était nommée rue des jongleurs. On y allait louer ceux qu'on voulait employer dans les noces et dans les fêtes.

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