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L'origine de Jubilé



Le jubilé chez les Juifs

Chez les Juifs, chaque cinquantième année était célébrée par un jubilé qui rétablissait les choses dans leur premier état. Cette année était annoncée solennellement au son des trompettes. Les esclaves qui avaient refusé la liberté qui leur était offerte l'année sabbatique devenaient libres, lorsque l'année du jubilé arrivait. Les terres qui avaient été aliénées revenaient à leurs premiers maîtres ; toutes les dettes étaient remises, et tous les travaux de l'agriculture interrompus. Les productions de la terre étaient abandonnées aux pauvres.
L'institution du jubilé avait pour but de rappeler aux Israélites le souvenir de leur servitude en Egypte, d'empêcher que les pauvres ne fussent opprimés et retenus dans un éternel esclavage, et que les riches ne s'emparassent de toutes les terres. Cette solennité, ainsi que celle de l'année sabbatique, paraît avoir quelque rapport avec les saturnales des Romains. Quelques auteurs pensent que les Israélites avaient coutume de compter par jubilés, comme les Grecs faisaient par olympiades, et les Romains par lustres.


Le jubilé dans l'Eglise

Parmi nous, le jubilé est une solennité ou cérémonie ecclésiastique qu'on fait pour gagner une indulgence plénière que le pape accorde à l'église universelle. Le pape Boniface VIII introduisit l'usage de cette indulgence l'an 1300 ; mais elle n'a été nommée jubilé qu'en 1473 sous le pontificat de Sixte IV. D'abord les jubilés ne s'accordaient que tous les cent ans. Clément VI en limita le retour à cinquante ans. La bulle que ce pontife donna à ce sujet est remarquable par le ton d'autorité qu'il y prend avec les anges : « Faisons absolu commandement aux anges de faire jouir de la gloire du paradis l'âme de celui qui aura visité la basilique de saint Pierre, son âme étant tenue pour entièrement affranchie des peines du purgatoire. » Grégoire XI borna le terme du jubilé à trente-trois ans, et Paul II à vingt-cinq seulement.
Indépendamment des jubilés de l'année sainte, les nouveaux papes en accordent un à leur exaltation. En 1826, Léon XII, nouvellement promu au pontificat, accorda un jubilé que nous avons vu célébrer avec beaucoup de magnificence.


Les jubilés en dehors de la religion

On appelle aussi jubilé des solennités qui ne se rattachent pas à la religion. Nous en citerons quelques exemples.
En 1361, le roi d'Angleterre, Edouard III, étant entré dans la cinquantième année de son âge, la célébra par un jubilé avec les pratiques usitées en pareil cas chez les anciens Juifs. Nous rappelons ici ce fait, parce que ce fut à cette occasion que ce monarque supprima, dans les tribunaux et dans tous les actes publics, l'usage de la langue française, qui datait de la conquête du royaume par les Normands.
En 1769, l'acteur Garrick célébra, en l'honneur de Shakespeare, un jubilé.
Au XIXe siècle un jubilé a eu lieu pour solenniser la cinquantième année de professorat à l'université de Goettingue, de MM. Blumenbach, Stromeyer et Eichborn ; une médaille a été frappée pour perpétuer le souvenir de cette fête.

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