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L'origine de Lampe


« Le hasard, dit Goguet, donna sans doute lieu de remarquer que certains corps plongés dans l'huile, venant ensuite à s'allumer, conservaient leur lumière et ne se consumaient qu'assez lentement. » Cette observation suffit pour faire imaginer les lampes.


Depuis la nuit des temps

L'antiquité attribuait cette découverte aux Égyptiens. Les lampes en effet devaient être connues en Egypte quelque temps avant Moïse. Le grand usage qu'en a fait ce législateur, et les détails dans lesquels il entre à cet égard, ne permettent pas d'en douter. Mais il y a d'ailleurs des faits qui prouvent que l'usage des lampes remonte à une époque beaucoup plus reculée. Il est parlé, dans la Genèse, d'un songe mystérieux qu'eut Abraham, et il y est dit qu'entre autres objets, ce patriarche vit passer une lampe ardente. Job parle aussi très souvent de lampes ; il y fait même de fréquentes allusions.
Les lampes ont été le moyen de s'éclairer le plus parfait que les anciens aient connu ; il ne leur est jamais venu en idée d'employer à cet usage le suif ni la cire.


Le perfectionnement des lampes

C'est au célèbre Ami Argand que l'on doit l'amélioration qu'a subie l'éclairage depuis le XVIIIe siècle. Les lampes à double courant d'air de son invention ont éprouvé des changements nombreux dans le principe sur lequel elles sont fondées. Pour alimenter les lampes d'huile, on était obligé de placer le réservoir au-dessus du bec ; on a cherché à se procurer un niveau constant, afin que l'intensité de la lumière fût la même ; mais jusqu'ici on avait imparfaitement réussi.
Carcel et Carreau inventèrent, en 1800, une nouvelle construction de lampe dans laquelle le pied sert de réservoir d'huile, qui, à l'aide d'un rouage d'horlogerie, est sans cesse portée à la mèche avec une abondance telle que le pied de cette mèche est toujours blanc, à cinq à six lignes au dessus du bec qui n'est jamais noirci. C'est une des plus parfaites qu'on connaisse. M. Thilorier a inventé, en 1826, une lampe hydrostatique qui offre des avantages réels sur les lampes ordinaires ; mais elle ne put lutter toutefois avec celle de Carcel.



Les lampes inextinguibles

Les lampes conservaient leur inextinguibilité pour toujours, ou seulement pendant un temps limité. Dans le temple de Minerve à Athènes, selon Pausanias, il y avait une lampe d'or inextinguible, qui brûlait un an entier, jour et nuit, sans qu'on fût obligé pendant ce temps-là de l'entretenir. On cite d'autres exemples de lampes perpétuelles trouvées dans les tombeaux, et, entre autres, dans celui de Tulliola, fille de Cicéron, dont le sépulcre fut découvert à Rome, en 1540. On y trouva, dit-on, une lampe allumée, qui s'éteignit dès que l'air y pénétra. Des auteurs sensés nient tous ces prétendus prodiges.


Les lampes économiques

Dès le mois de Février 1642, Louis Cellier et Louis Deschamps, tous deux habitants de Grenoble, obtinrent la permission de fabriquer et de vendre des lampes en forme de chandelles, éclairant dans tous les sens, et consommant une moindre quantité d'huile.


Les lampes à air inflammable

La première lampe de cett espèce a été inventée par Furstecmberger, physicien de Baie ; et sur les principes de celle-ci, M. Brander, mécanicien d'Augsbourg, et M. Gabriel, mécanicien français, en ont varié et perfectionné la forme. Mais la lampe à air inflammable, telle qu'on la construisait, avait l'inconvénient d'exiger qu'on renouvelât très fréquemment le gaz hydrogène. Au moyen du perfectionnement que M. Gay-Lussac y a apporté, la lampe s'alimente d'elle-même, et il n'est nécessaire de renouveler les ingrédients qui doivent produire le gaz hydrogène, au plus qu'une fois par année : ce qui se fera d'ailleurs avec une extrême facilité. L'artifice consiste à suspendre un cylindre de zinc ou de fer dans la partie supérieure du vase où l'on a mis de l'acide sulfurique. Il se produira du gaz hydrogène pendant que le métal plongera dans l'acide, et le dégagement cessera aussitôt que le contact n'aura plus lieu.


La lampe flottante

Les marins qui tombent à la mer pendant la nuit, sont ordinairement des hommes perdus, parce que la difficulté de les voir ôte les moyens de leur porter des secours. Un Aglais, M. Shipley, a imaginé une lampe flottante qui remédie à cet inconvénient.


Les lampes de sûreté

Depuis que l'on a commencé à exploiter des mines de charbon de terre, on a observé qu'il s'y développe fréquemment des vapeurs susceptibles de s'enflammer avec explosion dans les mines. Quand ce courant s'est suffisamment mêlé avec l'air atmosphérique que contient la mine, s'il rencontre les travailleurs avec leurs lampes allumées, il s'enflamme tout-à-coup avec une détonation terrible. Ceux qui s'y trouvent d'abord ainsi exposés sont enveloppés de feu, misérablement déchirés et brûlés sur toutes les faces de leur corps.
Pour prévenir de pareils accidents, on a dû faire et l'on a fait beaucoup d'efforts. On n'avait imaginé que des moyens imparfaits et souvent dangereux, lorsque Davy, célèbre chimiste anglais, entreprit de chercher des procédés plus sûrs. Diverses expériences le conduisirent à voir que de simples toiles métalliques arrêtent la transmission de l'explosion du gaz, et même celle de toute flamme quelconque, quand elles sont d'un tissu suffisamment serré. Ce résultat si simple lui offrit donc le moyen de construire une lampe toujours ouverte pour le passage de la lumière, et fermée pour la flamme des explosions, ce qu'il obtint en entourant le corps d'une lampe ordinaire d'un grillage en toile métallique.
L'expérience a prouvé que, si un courant de gaz inflammable vient à s'introduire dans l'espace que la cage métallique embrasse, il s'y enflamme, et se répand en brûlant autour de la flamme de la lampe, qu'il peut même finir par étouffer, mais qu'il s'arrête au contour de la toile métallique et ne peut la traverser. La nouvelle lampe de M. Davy, qu'à bien juste titre il a nommée lampe de sûreté, possède toutes les propriétés qu'on vient d'énoncer. Cette lampe, destinée à l'éclairage des mines, et qui a reçu encore de son auteur de nouveaux perfectionnements, est plus merveilleuse que la lampe enchantée d'Aladin. Déjà elle a sauvé la vie à un grand nombre de pauvres mineurs. Cette lampe éclaire mal et la lumière qu'elle répand, absorbée en partie par les parois noires des galeries des mines est insuffisante pour éclairer les ouvriers dans leurs travaux.
Pour obvier à cet inconvénient, on a imaginé, en Angleterre, d'y ajouter un globe de cristal qui est mastiqué sur la boite à l'huile, et ferme hermétiquement. On doit à M. Humboldt l'invention d'une lampe indépendante de l'atmosphère ; elle ne s'éteint ni dans le gaz azote, ni dans le gaz acide carbonique, ni dans la mofette des galeries souterraines. Cette lampe consiste en deux magasins, dont l'un est rempli d'eau, et l'autre d'air atmosphérique : l'eau, en s'infiltrant dans le second, comprime l'air, qui s'échappe par la mèche de la lampe.


Les lampes pyro-pneumatiques

Le sieur Hareing, fabricant d'instruments de physique, confectionna au XIXe siècle, des lampes dites pyro-pneumatiques, qui à l'élégance et à la richesse joignent l'avantage de s'allumer elles-mêmes. Elle consistent dans deux réservoirs dans lesquels du zinc mis en contact avec de l'eau acidulée fournit un dégagement de gaz hydrogène qui échauffe des scories de platine, dont la température élevée subitement enflamme le gaz et fournit la lumière.

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