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L'origine de Landit



Une foire datant du XIIe siècle

L'abbé Le Bœuf prétend que le landit, appelé originairement l'indict, date de l'an 1190. Dans les premiers temps, la foire du landit, dont il va être parlé, ne pouvait s'ouvrir qu'après la bénédiction du recteur de l'université, qui s'y rendait en cérémonie.
Quelques uns font remonter au temps de Dagobert cette fête, dont l'origine est assez incertaine ; il est vrai que ce roi établit, en faveur de l'abbaye de Saint-Denis, une foire qui a pu être transférée dans la plaine qui porte le nom de ce saint. En 1225, Philippe Auguste fit un règlement pour les places que chaque espèce de marchands devait y occuper. L'abbé de Saint-Denis, qui percevait des droits considérables sur les marchandises, y avait un logement et jugeait les différents survenus entre les marchands. L'évêque de Paris, dit M. Dulaure, avec grande solennité et grand nombre de reliques, ouvrait la foire, et donnait une bénédiction qui lui était payée à raison de dix livres parisis. Les écoliers de Paris, ajoute-t-il, se rendaient à cette foire avec leurs professeurs, et y causaient mille désordres.


Les marchandises vendues à la foire de landit

La foire de landit, au XIIIe siècle, a inspiré la verve d'un rimeur qui en a fait une description, dont voici quelques traits. Les marchandises qu'on y apportait consistaient en tapisseries, en merceries, en parchemin, en vieux habits, en lingerie et en pelleteries : on y vendait aussi de la tiretaine, étoffe destinée aux pauvres gens, des cuirs, des chaudrons, des souliers, des instruments aratoires, des coffres, du chanvre, des ustensiles de ménage en étain ; et il s'y trouvait des changeurs, des orfèvres, des marchands de draps, des épiciers, des regrattiers, des taverniers, des marchands de bière et de vin.
Cette foire, en 1444, fut transférée dans le faubourg de Saint-Denis.


Le landit chez les écoliers

« Les écoliers de l'université de Paris appellent landit le jour de congé qu'on leur donne le premier lundi après la Saint-Barnabé. Le mot landit doit s'écrire avec un t et non sans t, comme on le trouve en plusieurs dictionnaires. Il vient du latin indictum, c'est-à-dire lieu et jour indiqués. Lorsqu'on eut apporté en France du bois de la vraie croix, l'évêque de Paris, pour faire voir cette relique au peuple, établit un indict annuel dans la plaine Saint-Denis.
Il s'établit depuis dans la ville une foire franche où le recteur allait en procession. Les écoliers et les régents l'accompagnaient à cheval. C'était à cette foire que se vendait le parchemin ; mais l'usage du papier la fit abolir, et la fête du landit est restée aux écoliers. » (Le Mierre, les Fastes)
On appelait aussi landit l'honoraire que les écoliers étaient dans l'usage de donner autrefois à leurs professeurs, en reconnaissance de la peine qu'ils prenaient de les instruire ; cet honoraire consistait en six ou sept écus d'or que l'on piquait dans un citron que l'on plaçait ensuite sous un verre de cristal. Landit, dans le codicille de Jean de Méung, continuateur du roman de la Rose, est pris pour bombance, divertissement :

Car quand frères de cloistre sont frères de landit.
Leur bonne renommée forment (fortement) en amendrit (en diminue).

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