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L'origine de Lanterne



Depuis la nuit des temps

L'invention des lanternes remonte à la plus limite antiquité. Les anciens se servaient de vessies pour faire des lanternes. Ils avaient aussi des lanternes sourdes ; mais elles différaient des nôtres : elles étaient couvertes de quatre peaux sur les quatre entés ; trois de ces peaux étaient noires, et la quatrième était blanche. Casaubon, qui les décrit ainsi, a tiré cette description d'un manuscrit de Julius Africanus. On s'en servait surtout à la guerre, quand on voulait la nuit dérober sa marche aux ennemis.


Les lanternes en France

Il y a eu dans le moyen-âge des lanternes militaires dont on attribue l'invention à Manuel Comnène, empereur de Constantinople. C'est, dit-on, à la dévotion de Louise de Lorraine, épouse de Henri III, que nous devons l'origine de l'illumination des rues de Paris. Elle établissait dans tous les coins des madones, des anges, des crucifix, devant lesquels on allumait des lampes et des chandelles. M. de Sartines, alors lieutenant de police, offrit une récompense à celui qui présenterait le mode d'éclairage le plus avantageux, au jugement de l'académie des sciences. Bourgeois de Châteaubland, inventa les réverbères, dont l'usage fut introduit en 1766.


La lanterne de corne

On prétend que les Romains faisaient des lanternes de corne de bœuf, mais on n'en donne point de preuve. Pline dit seulement que celle corne, coupée en petites lames minces, était transparente. On cite Plaute dans son prologue de l'Amphitryon. Il est vrai qu'il parle de lanternes ; mais il n'en indique pas la matière. Aussi est-ce à Alfred-le-Grand, qui monta sur le trône d'Angleterre en 871, qu'on attribue l'invention de ces sortes de lanternes. Ce roi, pour mesurer le temps, au défaut des horloges qui n'étaient pas encore connues dans ses états, fit faire des cierges d'un certain poids, qui duraient chacun quatre heures ; mais comme le vent les faisait brûler plus ou moins vite, et rendait ainsi la mesure du temps très imparfaite, Alfred imagina de les placer entre des feuilles de corne transparentes, encadrées dans des châssis de bois. Cette invention, utile à tant d'égards, devint bientôt générale, et le verre, qu'on substitua à la corne, lui donna un nouveau degré de perfection.


La lanterne magique

C'est une petite machine d'optique, qui fait voir dans l'obscurité, sur une muraille blanche, les figures peintes en petit avec des couleurs vives sur des verres très minces, mis au bout d'un tuyau mobile, lequel est garni de deux verres convexes. On en attribue communément l'invention au P. Kircher vers 1665. D'autres la disent inventée, en 1678, par Matthieu Campani, curé romain, né au diocèse de Spolette, et exécutée par Joseph Campani, son cadet et son élève.
Le premier qui en ait enseigné la construction est Swenterus, en son livre intitulé Deliciœ mathematicœ. Avant eux tous, le moine Roger Baconen avait donné quelque idée, et pour cela fut accusé de magie. Il s'en justifia auprès du pape Clément IV, auquel il envoya une de ses lanternes magiques, dont le Saint Père se montra très satisfait.


La fête des lanternes

Cette fête chinoise a une grande analogie avec la fête des lampes, qui se célébrait dans la ville de Saïs en Egypte, avec beaucoup de pompe et de solennité ; mais, si l'on s'en rapporte aux traditions du pays, tout l'honneur en appartient aux Chinois.
Suivant les uns, quelque temps après l'établissement de leur empire, un mandarin chéri par ses vertus perdit une fille qu'il aimait tendrement. Il se mit à la chercher jour et nuit sur les rivages du fleuve où il l'avait perdue. Le peuple, qui s'intéressait à son malheur, le suivit en portant des flambeaux et des lanternes ; circonstances qui se rapprochent des mythes d'Osiris et de Cérès. Le quinzième jour du premier mois de l'année chinoise, dit le P. du Halde, est appelé le jour ou la fête des lanternes, parce qu'on en suspend dans toutes les maisons et dans toutes les rues par millions. Ce même jour on expose des lanternes de tout prix : quelques-unes coûtent jusqu'à deux mille écus.
Ce n'est pas la matière qui les rend coûteuses ; la dorure, la peinture, la soie et le vernis en font le prix et la beauté. Pour la grandeur, elle est énorme : on en voit de quinze à trente pieds de diamètre, en forme de salles et de chambres, dans l'intérieur desquelles on met une infinité de bougies ou de lampes qui, de loin, font un fort bel effet. On y représente aussi divers spectacles pour l'amusement du peuple ; et des gens cachés font, au moyen de machines, jouer des marionnettes de grandeur naturelle, dont les actions sont si bien imitées, que ceux même qui en connaissent l'artifice ont de la peine à ne pas s'y méprendre.

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