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L'origine de Laque


On donne ce nom à plusieurs espèces de pâtes sèches dont les peintres se servent ; mais ce qu'on appelle plus proprement laque est une gomme ou résine rouge, dure, claire, transparente, fragile, qui vient du Malabar, de Bengale et de Pégu.


Une substance sécrétée par les fourmis rousses

Suivant les mémoires que le père Tachard, jésuite, missionnaire aux Indes orientales, envoya à M. de La Hire, en 1709, la laque se forme ainsi : de petites fourmis rousses s'attachent à différents arbres, et laissent sur leurs branches une humidité rouge qui se durcit d'abord à l'air par sa superficie, et ensuite dans toute sa substance, en cinq ou six jours. On pourrait croire que ce n'est pas une production des fourmis, mais un suc qu'elles tirent de l'arbre, en y faisant de petites incisions ; et en effet, si l'on pique les branches proche de la laque, il en sort une gomme ; mais il est vrai aussi que cette gomme est d'une nature différente de la laque. Les fourmis se nourrissent de fleurs ; et comme les fleurs de montagnes sont plus belles et viennent mieux que celles des bords de la mer, les fourmis qui vivent sur les montagnes sont celles qui font la plus belle laque, et du plus beau rouge. Ces fourmis sont comme des abeilles dont la laque est le miel. Elles ne travaillent que huit mois de l'année, et le reste du temps elles ne font rien, à cause des pluies continuelles et abondantes.


Une substance sécrétée par les fleurs

On appelle aussi laque, mais assez improprement, certaines substances colorées dont se servent les enlumineurs, et que l'on tire des fleurs, soit en les faisant digérer à un feu lent dans une lessive convenable, soit en les faisant infuser ou distiller plusieurs fois avec de l'esprit-de-vin. C'est par le moyen de ces procédés qu'on parvient à tirer le bleu de l'iris ; la couleur verte, de l'acanthe ; le jaune, du genêt ; le rouge, du pavot, etc. En 1797, M. Guyton-Morveau, dans un mémoire sur la matière colorante des sucs végétaux, a donné une nouvelle méthode de former les laques artificielles de couleurs plus intenses et plus solides.


Le vernis chinois

On appelle aussi laque le beau vernis de la Chine, ou noir ou rouge ; mais en ce sens ce mot est masculin.


Le laque français

MM. Monteloux-Lavilleneuve et Jauvris ont obtenu, en 1807, un brevet de perfectionnement, pour la fabrication d'un carton dit laque français. Cette invention est due au célèbre Martin, dont les vernis firent dans le dernier siècle l'admiration de toute l'Europe. Un des moyens de perfectionnement des auteurs, qui, en enlevant aux Anglais une invention due à un Français, donnent la facilité de faire avec plus de solidité des laques semblables à ceux de la Chine, de toutes les couleurs et qui se prêtent à toutes les formes, consiste dans l'espèce de colle qu'ils emploient.
Ils sont parvenus à appliquer cette découverte à des objets d'une grande dimension. On peut faire ainsi des plateaux de toutes grandeurs, des vases de différentes formes, appelés médicis, et autres de forme ronde, quelque compliqué que soit leur contour ; des colonnes, des candélabres, des entablements, des frontons, des voitures, des panneaux d'appartements, des couvertures de maisons, etc.

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