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L'origine de Latin



La langue latine

Langue morte qu'on parlait dans une ancienne contrée d'Italie nommée le Latium, d'où lui vient son nom, et qu'on parla ensuite à Rome. Elle est aujourd'hui la langue de l'église et celle des savants. Elle s'est formée du mélange du grec, et surtout du dialecte éolien, avec la langue des Celtes-Ombriens, puisque les Sabins, descendus des Ombriens, étaient, suivant Latour d'Auvergne, Gaulois d'origine. Le commerce et les guerres étrangères y portèrent dans la suite beaucoup d'autres mots.


Le jargon romain à l'origine du latin

« Du temps de Numa, et pendant plus de 500 ans après lui, on ne parlait à Rome ni grec ni latin ; c'était un baragouin, un jargon composé de mots grecs et de mots barbares. Par exemple, les Romains disaient pa pour parte, po pour populo. Pour dire des épis sans barbe, ils disaient agnas impennatas. Ils appelaient un couvre-chef de peau pesciam, des sièges, sesopia. Ils disaient promenervare pour monere, etc. Aussi Polybe dit, en quelque endroit, que dans le temps qu'il travaillait à l'histoire romaine, il eut beaucoup de peine à trouver dans Rome un ou deux citoyens qui, quoique très savants dans l'antiquité, fussent en état d'entendre et de lui expliquer quelques traités que les Romains avaient faits avec les Carthaginois, et qu'ils avaient écrits dans la langue qu'on parlait alors. » (Dacier, traduction d'Horace)


L'expansion du latin

Au commencement, la langue latine était renfermée dans la ville de Rome, et les Romains n'en permettaient pas communément l'usage à leurs voisins ou aux peuples qu'ils avaient subjugués ; mais ils comprirent depuis de quelle importance il était pour la facilité du commerce que la langue latine s'entendît partout, et que toutes les nations sujettes à l'empire fussent unies par un même langage ; ils imposèrent donc aux nations subjuguées l'obligation de parler latin.
Après la translation du siège de l'empire à Constantinople, les empereurs d'Orient, voulant toujours conserver la qualité d'empereurs romains, ordonnèrent que la langue latine demeurât toujours en usage et dans leurs rescrits et dans leurs édits, comme on le peut voir dans les constitutions des empereurs d'Orient recueillies dans le code théodosien.


L'abandon de la langue latine

Enfin, les empereurs, négligeant l'empire d'Occident, abandonnèrent la langue latine, et permirent aux juges de prononcer leurs jugements en grec. Justinien a composé ses Novelles en grec. Charlemagne, étant devenu empereur d'Occident, ordonna que, dans tous les tribunaux souverains, on rendît les arrêts en latin, et que les notaires dressassent tous leurs actes dans la même langue. Cet usage a duré très longtemps dans une partie de l'Europe.
C'est François Ier qui l'a aboli en France ; l'article troisième de son ordonnance de 1539 ordonne que dorénavant tous arrêts soient prononcés, enregistrés, et délivrés aux parties en langage maternel français, et non autrement. La raison qu'il en apporte, est qu'il naissait souvent des difficultés sur l'intelligence des mots latins, ce qui donnait lieu à de nouveaux procès. Cela suppose visiblement qu'autrefois les arrêts de la cour se mettaient en latin : c'est encore dans cette langue que s'expédiaient avant lui tous les actes de justice.


Le latin comparé au grec

Formée en grande partie sur le modèle de la langue grecque, la langue latine a, dit M. de Gérando (des Signes et de l'art de Penser) ; hérité de ses principales imperfections, et leur en a joint d'autres qui lui sont propres. Par cela seul d'abord qu'elle résulte du mélange de deux idiomes entièrement différents entre eux, elle offre moins d'unité dans son ensemble. La plupart des termes qu'elle emploie ne s'expliquent point par eux-mêmes ; c'est dans les étymologies du grec qu'il faut en chercher l'origine ; encore ces étymologies sont-elles quelquefois assez défigurées. Souvent, en empruntant à cette source des mots dérivés, le latin n'a point adopté les mots primitifs. Les Latins n'ont pas admis, comme les Grecs, l'usage de l'article, ce signe indicateur si utile pour fixer et déterminer les idées ; ils réunissent souvent dans un même mot plusieurs termes du discours, que les Grecs avaient distingués ; quelquefois c'est le pronom qui est contenu dans le verbe, quelquefois c'est la préposition qui est contenue dans le pronom ou l'adjectif.
En général, la langue latine, tendant davantage à la concision que la langue grecque, se permet un plus grand nombre d'ellipses. Moins flexible, moins abondante, elle renonce au mérite de la délicatesse pour atteindre à celui de l'énergie ; elle cherche moins à décrire exactement la pensée, qu'à produire de fortes impressions sur l'âme. On croit voir que ses auteurs s'occupaient peu de dialectique ; que, fixés sur d'importants objets, ils n'employaient en quelque sorte la parole que pour la nécessité ; qu'ils n'avaient guère le loisir de s'arrêter à une réflexion détaillée sur eux-mêmes et à une exacte analyse de leurs idées.
Cependant cette même circonstance semble donner à la langue latine un caractère plus sérieux et plus austère, qui n'est pas sans quelque charme pour le philosophe. Affectant peu d'ornements, elle distrait moins ceux qui l'emploient ; et c'est aussi seconder les efforts de l'esprit, que de le laisser mieux à lui-même. Il semble qu'une langue si grave autorise moins l'abus des mots, et qu'elle imprime à l'imagination une sévère retenue. Pauvre en expressions métaphysiques, elle n'en est peut-être que plus sage. D'ailleurs, la force des conceptions est aussi nécessaire au génie de la science ; la rapidité du discours est aussi une des conditions du langage philosophique. Le luxe de la langue, comme celui des mœurs, concourt à énerver l'esprit.

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