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L'origine de Lavement



Le lavement des pieds

Comme les anciens ne portaient pour toute chaussure que des espèces de sandales, ils ne pouvaient marcher sans se remplir les pieds de poussière ou de boue ; aussi le premier soin, lorsque quelqu'un entrait dans une maison, était-il de lui offrir de l'eau pour se laver les pieds.
Lorsque les trois anges arrivèrent chez Abraham, ce patriarche commença par leur faire laver les pieds ; on lava aussi les pieds à Éliézer et à ceux qui l'accompagnaient, lorsqu'ils entrèrent dans la maison de Laban, et aux frères de Joseph, lorsqu'ils arrivèrent en Egypte. Cet office s'exerçait ordinairement par des serviteurs et des esclaves. Abigaïl témoigna à David, qui la demandait en mariage, qu'elle s'estimerait heureuse de laver les pieds aux serviteurs du roi.
Jésus-Christ, après la dernière cène qu'il fit avec ses apôtres, voulut leur donner une leçon d'humilité, en leur lavant les pieds ; et cette action est devenue depuis un acte de piété.


Les lavements sacrés

L'usage de laver les pieds a été pratiqué dans les églises d'Italie, des Gaules, d'Espagne et d'Afrique. Le concile d'Elvire le supprima en Espagne, à cause de la confiance superstitieuse que le peuple y mettait, et il paraît que dans les autres églises on l'a aboli, à mesure que la coutume de donner le baptême par immersion a cessé.
Les Syriens célèbrent la fête du lavement des pieds le jour du jeudi saint. Les Grecs font, le même jour, le sacré niptère ou le sacré lavement. Dans l'église latine, les évêques, les curés dans quelques diocèses, les princes mêmes lavent, ce jour-là, les pieds à douze pauvres qu'ils servent à table, ou auxquels ils font des aumônes. On fait aussi le même jour la cérémonie du lavement des autels, en répandant de l'eau et du vin sur la pierre consacrée, et en récitant quelques prières et oraisons.


Une pratique chez les rois

Robert est le premier des rois de France qui ait exercé cette pratique de charité et d'humilité chrétienne. Ce roi nourrissait chaque jour un nombre prodigieux de pauvres ; il les appelait ses amis. Le jeudi saint, il les servait à table, et leur lavait les pieds.
Autrefois les rois d'Angleterre faisaient la cérémonie de laver les pieds à douze pauvres, ainsi que cela se pratique dans les cours catholiques ; plus tard, le monarque anglais faisait des aumônes à autant d'indigents qu'il avait d'années. Ces pauvres étaient conduits dans une salle du palais de Withehall, où ils trouvaient pour chacun d'eux un plat de poisson, six petits pains, une bouteille de vin, de la bière, du drap pour un habit, de la toile pour deux chemises, des bas, des souliers, avec deux bourses de cuir rouge, l'une contenant autant de petites pièces d'argent, et l'autre autant de schellings que le roi régnant avait d'années.

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