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L'origine de Law


Law, que nous prononçons lass (Jean), écossais, né à Édimbourg ; contrôleur général des finances de France en l'année 1720, mort à Venise en 1729, dans un état à peine au-dessus de l'indigence, après avoir vécu quelque temps, à Londres, des libéralités du marquis de Lassay.


Son projet de fonder une banque

Cet étranger n'eut d'abord d'autre mérite que d'être grand joueur et grand calculateur. Obligé de fuir de la Grande-Bretagne pour un meurtre, il avait, dès longtemps, rédigé le plan d'une compagnie qui paierait en billets les dettes d'un état, et qui se rembourserait par les profits. Ce système, suivant la remarque de Voltaire, était fort compliqué ; mais, réduit à ses justes bornes, il pouvait être très utile : c'était une imitation de la banque d'Angleterre et de sa compagnie des Indes.
Law proposa cet établissement au duc de Savoie, depuis premier roi de Sardaigne, Victor-Amédée, qui répondit qu'il n'était pas assez puissant pour se ruiner. Il vint le proposer au contrôleur général Desmarets ; mais c'était dans le temps d'une guerre malheureuse, où toute confiance était perdue, et la base de ce système était la confiance. Enfin, il trouva tout favorable sous la régence du duc d'Orléans : deux milliards de dettes à éteindre, une paix qui laissait du loisir au gouvernement, un prince et un peuple amoureux de nouveautés.


L'expansion considérable de sa compagnie

Il établit d'abord une banque en son propre nom, en 1716. Elle devint bientôt un bureau général des recettes du royaume. On y joignit une compagnie de Mississippi ; compagnie dont on faisait espérer de grands avantages. Le public, séduit par l'appât du gain, s'empressa d'acheter les actions de cette compagnie et de cette banque réunies. Les richesses, auparavant resserrées par la défiance, circulèrent avec profusion ; les billets doublaient, quadruplaient ces richesses. La France fut très riche en effet par le crédit. Toutes les professions connurent le luxe, et il passa chez les voisins de la France, qui eurent part à ce commerce.
En 1718, la banque fut déclarée banque du roi. Elle se chargea du commerce du Sénégal ; elle acquit le privilège de l'ancienne compagnie des Indes, fondée par le célèbre Colbert, tombée depuis en décadence, et qui avait abandonné son commerce aux habitants de Saint-Malo. Enfin, elle se chargea des fermes générales du royaume. Tout fut donc entre les mains de l'Écossais Law, et toutes les finances du royaume dépendirent d'une compagnie de commerce.
Cette compagnie paraissant établie sur de si vastes fondements, ses actions augmentèrent vingt fois au-delà de leur première valeur. Les variations fréquentes dans le prix de ces effets produisirent à des hommes inconnus des sommes immenses : plusieurs, en moins de six mois, devinrent plus riches que beaucoup de souverains. Law, séduit lui-même par son système, et ivre de l'ivresse publique et de la sienne, avait fabriqué tant de billets, que la valeur chimérique des actions valait, en 1719, quatre-vingts fois tout l'argent qui pouvait circuler dans le royaume. Le gouvernement remboursa en papier tous les rentiers de l'état.


L'écroulement du crédit

Le régent ne pouvait gouverner une machine si immense, si compliquée, et dont le mouvement rapide l'entraînait malgré lui. Les anciens financiers et les gros banquiers réunis épuisèrent la banque royale, on tirant sur elle des sommes considérables. Chacun chercha à convertir ses billets en espèces, mais la disproportion était énorme ; le crédit tomba tout d'un coup. Le régent voulut le ranimer par des arrêts qui l'anéantirent. On ne vit plus que du papier ; une misère réelle commençait à succéder à tant de richesses factices.
Ce fut alors qu'on donna la place de contrôleur général des finances à Law, précisément dans le temps qu'il était impossible qu'il la remplit : c'était en 1720, époque de la subversion de toutes les fortunes des particuliers et des finances du royaume. On le vit en peu de temps d'Écossais devenir Français par la naturalisation ; de protestant, catholique ; d'aventurier, seigneur des plus belles terres ; et de banquier, ministre d'état : le désordre était au comble. Le parlement de Paris s'opposa, autant qu'il le put, à ces innovations, et il fut exilé à Pontoise. Enfin, dans la même année, Law, chargé de l'exécration publique, fut obligé de fuir du pays qu'il avait voulu enrichir, et qu'il avait bouleversé.

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