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L'origine de Lazaroni



Un peuple de Naples libre et sans soucis

Encore au XIXe siècle, les principaux besoins de certains habitants de Naples étaient satisfaits par la bienveillante nature, sans qu'ils aient à acheter ses dons de leur travail. Ils mangeaient et buvaient peu, ne s'habillaient presque pas, ne se chauffaient jamais, et pouvaient même se passer d'une habitation. La classe du peuple qu'on nommait Lazaroni comprenait quarante mille individus. Un grand nombre d'entre eux habitaient toujours en plein air, passaient la nuit sous les portiques, les avant-toits, et les rochers. On ne leur persuadait guère de travailler tant qu'ils avaient en poche quelque pièce de monnaie. Jamais ils ne s'avisaient de songer au lendemain. La sérénité du climat et la prodigalité de la nature sympathisaient avec leur constante gaieté. Leur sang circulait avec une liberté parfaite. Ils étaient exempts de soucis.
Si l'on offrait de l'argent à un Lazaroni qui n'en avait pas besoin, il semblait trop paresseux pour articuler un refus, il faisait signe qu'il n'en voulait pas ; mais lorsque quelque objet réveillait son appétit, ou frappait son imagination, il causait, il se démenait, il gesticulait avec une excessive vivacité. Ses passions étaient comme un feu de paille ; elles s'enflammaient et s'apaisaient avec une facilité extrême.


Les Lazaroni et le pouvoir

Ces gens-là avaient des femmes et des enfants. L'un d'entre eux avait une si grande influence sur tous les autres, qu'on le nommait il capo dei Lazaroni. Il allait nu-pieds et presque sans vêlements, comme ses camarades ; il était l'orateur du corps, lorsqu'il y avait quelque chose à demander au gouvernement. Il s'adressait alors à l'eletto dei popolo (l'élu du peuple), espèce de tribun, si l'on peut appeler ainsi un fantôme de magistrat du peuple, dans un gouvernement despotique. Le chef des Lazaroni s'adressait aussi quelquefois directement au roi. En général, leurs demandes était assez raisonnables. Il était dangereux de refuser sans motifs, ou de mépriser une demande modérée lorsqu'ils la présentaient. Un corps si nombreux, et composé de gens qui n'avaient rien à perdre, était véritablement à craindre, et pouvait servir de frein au despotisme d'un tyran. Un gouvernement despotique avait peut-être besoin d'un frein de cette espèce. Il en résultait une sorte de balance entre deux pouvoirs également aveugles et déréglés. Chez une nation libre, une telle masse de populace oisive ne pourrait exister, car l'ordre est la base de la liberté.

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