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L'origine de Lithographie


Ce mot désigne l'art d'imprimer sur la pierre des dessins, des caractères, des cartes géographiques, etc., qu'on y a tracés d'abord avec une encre préparée.


Une invention de M. Aloys Sennefelder

M. Aloys Sennefelder, chanteur dans les chœurs du théâtre de Munich, fut le premier qui observa la propriété qu'ont les pierres calcaires de retenir des tracés, par une encre grasse, et de les transmettre dans toute leur pureté au papier appliqué par une forte pression sur leur superficie. Il reconnut en outre qu'on pouvait répéter le même effet en humectant la pierre, et en chargeant les mêmes traits d'une nouvelle dose de noir d'impression. Il obtint, en 1800, du roi de Bavière un privilège exclusif pour l'exercice de son procédé, pendant l'espace de treize années, et, de concert avec M. le baron d'Aretin, il forma à Munich un établissement lithographique, où l'on gravait la musique et des recueils de modèles de différents genres.


Le développement de la lithographie à Munich et en France

Quelque temps après, Munich vit se former successivement plusieurs ateliers lithographiques, où l'on multiplia les modèles qu'on donnait aux élèves de l'école gratuite dirigée par M. Mitterer, auquel on était, dit-on, redevable de la reproduction des objets tracés au crayon sur la pierre. Mais bientôt MM. Manlich et d'Aretin formèrent un nouvel établissement, consacré spécialement à accélérer les progrès de cet art ; et de là sortit la belle collection des copies des dessins de grands maîtres qui ornaient le cabinet du roi de Bavière.
M. le comte de Lasteyrie, ayant reconnu les avantages de ce procédé, fit plusieurs voyages à Munich, et vint à bout de former à Paris un établissement lithographique qui, nous pouvons le dire, devint la pépinière de nos premiers lithographes français. Cependant cette invention fit d'abord très peu de prosélytes en France. Les artistes n'auraient peut-être pas encore conçu l'idée qu'on doit s'en former, si M. Engelmann de Mulhausen, qui avait déjà établi un atelier lithographique à une des extrémités de la France, n'avait surmonté toutes les difficultés pour faire jouir la capitale d'un pareil établissement.


La lithographie et la gravure sur cuivre

Après l'introduction de la lithographie en France, les résultats de cet art égala, sous quelques rapports, ceux des autres arts analogues pratiqués depuis des siècles. La gravure sur cuivre conservait, il est vrai, cette vigueur et cette netteté dont approche rarement son émule ; mais celle-ci à son tour présentait, dans les dessins au-crayon, un moelleux et un naturel qui reproduisaient avec identité le talent du dessinateur dans tous ses détails.
La lithographie reproduit comme par enchantement les peintures, à l'aide de l'ingénieux procédé lithochromique de M. Malapeau.
Par un procédé qui tient en quelque sorte à la gravure pour l'établissement des types et à la lithographie pour l'impression, un autre lithographe, M. Paulmier, obtint de la pierre des épreuves de cartes géographiques que l'on peut souvent comparer à nos plus beaux travaux en gravure sur cuivre.
Un trait de crayon ou d'encre lithographique sur une pierre suffit pour faire un type ; mais MM. Cormont et Selves ont, ainsi qu'on l'avait prévu, trouvé le moyen de rendre la pierre lithographique habile à recevoir les types de la gravure même, c'est-à-dire de transporter ces types de dessus le cuivre ; et l'impression lithographique donne ensuite des épreuves presque identiques avec celles qui sont tirées sur le cuivre. On a vu à l'exposition de 1819 deux eaux-fortes de M. Duplessis-Berthaux reproduites par ce procédé.


Un procédé économique

MM. Haussmann frères ont obtenu, en 1819, la médaille d'or à l'exposition des produits de l'industrie, pour avoir, les premiers, appliqué avec un plein succès la gravure lithographique à l'impression sur les étoffes de soie, de laine et de colon.
Lors même que la pureté et la force ne se retrouveraient pas dans la lithographie au même degré de perfection que dans la gravure ; lors même que la lithographie n'aurait, sous le rapport de l'art, presque aucun des nombreux avantages qui ne peuvent raisonnablement lui être contestés, encore aurait-elle celui de reproduire avec la plus grande facilité, en tableaux ou dessins d'une exécution commune, mais frappante, tous les détails des sciences et des arts ; et, à l'aide de sa flexibilité indéfinie, elle peut prendre toutes les formes et reproduire instantanément et à peu de frais tout ce que l'esprit humain peut réclamer en faveur du progrès des lumières. C'est à l'aide de ce procédé économique que M. Selves, lithographe de l'université, parvint à livrer au commerce des cartes géographiques et des globes à un prix si modéré qu'il ne passait pas les facultés des élèves les moins favorisés de la fortune. On peut donc regarder la lithographie comme l'instrument le plus propre à compléter tous les matériaux nécessaires au développement de nos connaissances, matériaux que les autres arts ne pouvaient multiplier qu'avec des frais qui rendaient souvent leur usage peu praticable.

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