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L'origine de Lustral



Le jour lustral

Jour où les enfants nouveau nés recevaient leur nom, et où se faisait la cérémonie de leur lustration. La plupart des auteurs assurent que c'était pour les mâles le neuvième jour après leur naissance, et le huitième pour les filles ; d'autres prétendent que c'était le cinquième, sans aucune distinction de sexe ; d'autres, le dernier de la semaine où l'enfant était né.
Les accoucheuses, après s'être purifiées en lavant leurs mains, faisaient trois fois le tour du foyer avec l'enfant dans leurs bras ; ce qui désignait d'un côté son entrée dans la famille, et de l'autre, qu'on le mettait sous la protection des dieux de la maison, à laquelle le foyer servait d'autel ; ensuite on jetait par aspersion quelques gouttes d'eau sur l'enfant. On célébrait ce même jour un festin avec de grands témoignages de joie, et l'on recevait des présents de ses amis à cette occasion. Si l'enfant était un garçon, la porte du logis était couronnée d'une guirlande d'olivier ; si c'était une fille, la porte était ornée d'écheveaux de laine, symbole de l'ouvrage dont son sexe devait s'occuper.


L'eau lustrale

Eau commune dans laquelle on éteignait un tison ardent tiré du loyer des sacrifices. Cette eau était contenue dans un vase placé à la porte ou dans le vestibule des temples, et ceux qui entraient s'en lavaient eux-mêmes ou s'en faisaient laver par les prêtres. Quand il y avait un mort dans une maison, on mettait à la porte un grand vaisseau rempli d'eau lustrale, apporté de quelque autre maison où il n'y avait point de mort.
Tous ceux qui venaient à la maison de deuil s'aspergeaient de cette eau en sortant : ou s'en servait aussi pour laver le corps. Outre L'usage de se laver de cette eau avant d'entrer dans les temples, on s'en aspergeait encore en sortant des maisons, en route, dans les chemins, et même dans les rues.
L'usage de l'eau lustrale était connu aussi des Égyptiens, des Étrusques, des Hébreux, et de presque toutes les nations de l'antiquité. La privation de l'eau lustrale était une sorte d'excommunication chez les Grecs ; c'est pourquoi Œdipe, dans Sophocle, défend de donner de cette eau sacrée au meurtrier de Laïus.


Les fêtes lustrales

C'était le nom qu'on donnait à des fêtes qui se célébraient à Rome de cinq ans en cinq ans, d'où vient l'usage de compter par lustres. La première élégie de Tibulle fournit quelques détails assez curieux sur les fêtes lustrales. Nous nous servirons de l'élégante et fidèle traduction que M. Tissol a donnée de ce passage :
« Qui que vous soyez, dit le poète, prenez part à notre joie. Fidèles aux rites antiques que nous ont transmis nos pères, nous purifions nos fruits et nos champs. Viens, Bacchus, et qu'une grappe mûre soit suspendue aux cornes de ton front. Viens aussi, blonde Cérès, viens, la tête parée d'épis ; que dans ce jour sacré la terre se repose, et que le tranquille laboureur, laissant le soc oisif, interrompe ses pénibles travaux. Délivrez les taureaux du joug : je veux que les bœufs, couronnés de fleurs, restent tout le jour à l'étable. Dans ce jour réclamé par le dieu, gardez-vous, ô bergères, d'oser mettre la main au fuseau qui file votre laine !
Voyez, vers les autels étincelants, s'avancer la victime, que suit la foule des pasteurs au front ceint d'olivier. Dieux de mon pays, nous purifions les champs, nous purifions les laboureurs ; vous, daignez écarter les maux de notre asile. Ne souffrez pas qu'au lieu du blé promis à notre espérance, des herbes avides trompent la faux du moissonneur, et que la lente brebis ait à redouter le loup rapide et cruel. »

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