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L'origine de Madrigal



L'étymologie du mot Madrigal

Ménage et le père Labbé font venir ce mot de mandra qui en grec signifie une bergerie ; ainsi un madrigal serait une chanson de berger. Ce mot, selon le dernier de ces étymologistes, ayant été latinisé par Juvénal et d'autres bons auteurs, nos ancêtres, dit-il, l'ont pu prendre d'eux sans l'aller chercher chez les Grecs.
Plusieurs pensent que madrigal vient de Madrid, parce que cette espèce de poésie était en vogue du temps que François Ier était prisonnier à Madrid. D'autres tirent ce mot de l'espagnol madrug (se lever matin), parce que les amants avaient coutume de chanter des madrigaux dans les sérénades qu'ils donnaient de grand matin sous les fenêtres de leurs maîtresses
L'évêque d'Avranches, Huet, ne partage aucun de ces sentiments. « Les cantadours, dit-il (De l'origine des romans, 1711), les jongleurs et les musars, coururent la France du temps de Hugues-Capet, débitant leurs ballades, aubades et martegalles, que l'on a ridiculement appelées martingalles, et d'où, selon ma conjecture, s'est formé le mot de madrigal, terme dont l'origine a été jusqu'ici plus inconnue que celle du Nil. Et les martegales et madrigaux ont pris leur nom des Martegaux, peuples montagnards de Provence. »


Une pièce de poésie

Quelle que soit l'étymologie de ce mot, le madrigal est une petite pièce de poésie fort semblable à l'épigramme, qui renferme, dans un petit nombre de vers, une pensée ingénieuse et galante. Ce poème, par sa noblesse et sa délicatesse, semble fait pour exprimer une louange adroite, un sentiment tendre, une idée gracieuse. Boileau, après avoir parlé de la ballade, dit:

Le madrigal plus simple et plus noble en son tour,
Respire la douceur, la tendresse et l'amour.

Iris s'est rendue à ma foi.
Qu'eût-elle fait pour sa défense ?
Nous n'étions que nous trois, elle, l'Amour et moi,
Et l'Amour fut d'intelligence.

Ce madrigal si joli, si délicat, est de ce même abbé Cottin que Boileau a si maltraité dans ses satires.
On peut citer encore ce billet de Pradon à une jeune personne:

Vous n'écrivez que pour écrire ;
C'est pour vous un amusement :
Moi, qui vous aime tendrement,
Je n'écris que pour vous le dire.

Les anciens n'avaient point, dans leurs langues, le nom de madrigal, mais on peut le donner à plusieurs de leurs pièces, à quelques odes d'Anacréon, à certains morceaux de Tibulle et de Catulle.


Une pièce de musique

C'est une pièce de musique travaillée et savante, qui était fort à la mode en Italie au XVIe siècle. Les madrigaux, comme l'observe J.-J. Rousseau, se composaient ordinairement, pour la musique vocale, à cinq ou six parties toutes obligées, à cause des fugues et dessins dont ces pièces étaient remplies ; mais les organistes composaient et exécutaient aussi des madrigaux sur l'orgue, et il est probable que ce fut sur cet instrument que le madrigal fut inventé.
Ce genre de contre-point, qui était assujetti à des lois très rigoureuses, portait le nom de style madrigalesque. Plusieurs auteurs, pour y avoir excellé, ont immortalisé leurs noms dans les fastes de l'art. Tels sont entre autres Luca Marentio, Luigi Prenestino, Pomponio Nenna, Tommaso Pecci, et surtout le fameux prince de Venosa, dont les madrigaux pleins de science et de goût étaient admirés par tous les maîtres, et chantés par toutes les dames.

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