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L'origine de Mage



Des ministres de la religion

Ministres de la religion chez les Perses. Ils jouissaient d'une grande considération, et se voyaient également recherchés des grands et du peuple. On leur confiait l'éducation des princes ; et même aucun roi n'était couronné, dit Suidas, qu'il n'eût subi une espèce d'examen par-devant les mages. Darius, fils d'Hystaspes, crut s'honorer beaucoup, en faisant graver sur son tombeau qu'il avait été parfaitement instruit dans toutes leurs connaissances.
Leur secte était entièrement opposée à celle des Sabéens ; ils ne voulaient ni temples ni autels, et prétendaient que c'était diminuer la majesté de celui qui remplit tout par sa présence et par ses bienfaits, que de le renfermer, pour ainsi dire, dans des murailles. Ils croyaient à une espèce de métempsychose astronomique, toute différente de celle de Pythagore.


Zoroastre : le fondateur du magisme

Selon Thomas Hyde, savant anglais, les mages ne reconnaissaient qu'un souverain être, dont le feu était le symbole ; et s'ils rendaient un culte religieux à cet élément, ce n'était qu'un culte relatif à la divinité qu'il représentait. Cette religion, qu'on appelle le magisme, subsiste encore aujourd'hui chez les Guèbres, dont on retrouve quelques restes en Asie, selon le même auteur. Zoroastre passe pour le fondateur de cette religion, et pour chef des mages, auxquels il fit porter le nom de hyrbad ou harbood.


Les mages et les adeptes

Les mages des Parsis ou Guèbres portent une barbe fort longue au menton. Ils n'ont presque point de moustaches ; leur tête est couverte d'un grand bonnet qui a la forme d'un cône, et qui leur descend jusque sur les épaules. Ils ont ordinairement les cheveux fort longs, et ne les coupent jamais que lorsqu'ils portent le deuil. Autrefois leurs bonnets se croisaient par-devant sur la bouche ; ils se la couvrent aujourd'hui avec un morceau d'étoffe carré. La ceinture dont ils se servent pour attacher leur robe, qu'on nomme judra, a quatre nœuds qui désignent quatre choses différentes. Le premier nœud les avertit qu'il n'y a qu'un seul Dieu ; le second, que la religion des mages est la seule véritable ; le troisième nœud, que Zoroastre est un prophète envoyé de Dieu ; le quatrième, qu'ils doivent toujours se tenir prêts à faire de bonnes œuvres. Cette ceinture n'est pas particulière aux mages ; les laïques aussi doivent toujours la porter.
C'est ordinairement vers l'âge de douze à quinze ans qu'ils commencent à la prendre. Les Guèbres trouvent dans cette divine ceinture une source abondante de bénédictions et un rempart assuré contre les attaques de l'esprit malin. S'il leur arrive de la perdre, c'est le plus grand malheur dont ils puissent être affligés. Jusqu'à ce que le mage leur en ait donné une autre, ils n'osent faire aucune action ; ils ne diraient pas même une parole, et ne voudraient pas faire un pas, persuadés que tout ce qu'ils feraient sans leur ceinture tournerait à mal.
Le Sadder, un de leurs livres sacrés, excommunie celui qui, à l'âge de quinze ans, n'aurait pas encore reçu la ceinture, et défend à toute personne de donner à ce profane du pain et de l'eau.


Les conditions des mages

Quant aux mages, ils sont distribués dans les différents pyrées où ils exercent le culte religieux. Ils vivent de dîmes et de quelques contributions volontaires que le peuple s'impose. Par exemple, tous les Guèbres ont coutume d'éteindre leur feu chaque année, le 15 avril, et en achètent de nouveau à leur prêtre. Les mages peuvent se marier ; le sacerdoce est même concentré dans leurs familles ; il n'y a que les fils de mages qui puissent l'être eux-mêmes, mais, s'ils se sont trompés dans leur choix, et que la femme qu'ils ont prise soit stérile, ils ne peuvent en épouser une autre que dans le pieux dessein d'augmenter le nombre des fidèles ; encore est-il nécessaire que la femme stérile y consente, sans quoi le mage est obligé de la garder.

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