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L'origine de Magie


« Cet art, dit Mirabeau (Traduction des Élégies de Tibulle, 1798), considéré comme la science des premiers mages, ne fut d'abord que l'étude de la sagesse. Mais, chez les peuples ignorants et barbares, les hommes instruits succombent trop aisément à la tentation de passer pour extraordinaires et plus qu'humains, Ainsi les mages de l'Orient s'attachèrent à l'astrologie, aux divinations, aux enchantements, aux maléfices, et à la science ténébreuse appelée magie, qui règne surtout chez les peuples stupides et grossiers »


Pratiquée dès la plus haute antiquité

Il serait difficile d'assigner le temps où cet art chimérique a pris naissance ; mais il est certain qu'il remonte à la plus haute antiquité. Quelques auteurs le font exister avant le déluge, et prétendent que Cham conserva les dogmes de cet art pernicieux, qu'il fit revivre quelque temps après.
Un savant critique se contente de remonter jusqu'aux premiers temps dont les écrivains profanes ont pu donner l'histoire, et l'on y trouve Zoroastre, l'inventeur de la magie, contemporain du roi Ninus, qui est le premier monarque dont l'historien Justin décrive les guerres. Zoroastre régnait dans la Bactriane, et Ninus dans l'Assyrie : ils combattirent l'un contre l'autre, non seulement par les armes, mais aussi par les secrets de la magie.


La magie en Orient

Au temps de Joseph, cet art était bien établi en Egypte. Les magiciens de Pharaon, au temps de Moïse, firent des choses prodigieuses. Balaam, dans le même siècle, passait pour un fameux magicien ; puisque Balac, roi des Moabites, le manda afin de faire maudire le peuple de Dieu. La Palestine, dans le même siècle, était infectée d'arts magiques ; car l'Ecriture, dans le Deutéronome, déclare que c'est l'une des raisons pourquoi Dieu voulait en exterminer les habitants. Le roi Saül, qui avait chassé les sectateurs de ces arts infâmes, ne laissa pas de trouver une pythonisse qui lui fit voir l'âme du prophète Samuel.
On remarque dans l'Ecriture, au livre du prophète Daniel, que le roi Nabuchodonosor, cherchant l'interprétation d'un songe, fit venir les devins, les magiciens, les sorciers et les Chaldéens. Ceux-ci, selon Diodore de Sicile, tenaient, parmi les Babyloniens, le même rang que les prêtres parmi les Égyptiens. Ils s'attachaient au culte des dieux ; ils cultivaient l'astrologie, et, s'appliquant à deviner l'avenir, ils se servaient de sacrifices et d'enchantements pour détourner les malheurs, et pour attirer le bonheur.


La magie dans les Gaules

La magie a existé dans les Gaules de temps immémorial. Les Gaulois avaient leurs druides qui chassaient les démons et commandaient aux esprits de l'air. Les prêtres d'Isis, qu'on honorait près de Paris, passaient leur vie à offrir des sacrifices, à rendre des oracles, et à composer des préservatifs contre les charmes et les sortilèges. La cérémonie du Gui de l'an neuf, qui commençait l'année, se rapportait principalement à la magie, car les druides après avoir coupé le gui le plongeaient dans un vase plein d'eau, qu'on distribuait ensuite au peuple, comme très efficace contre les maléfices, et capable de guérir toutes les maladies.
Les Francs qui vinrent s'établir dans les Gaules vers le commencement du Ve siècle, y apportèrent leurs superstitions, qui, comme celles des Gaulois, admettaient l'existence des sorciers et la puissance des démons, puisque les lois saliques renferment des dispositions contre les magiciens.
La magie s'introduisit dans l'Église, dés le IIIe siècle, et les grands et le peuple en furent également entêtés dans le XIVe. Les païens cherchaient, dans Homère et dans Virgile, l'avenir que les chrétiens cherchèrent depuis dans l'Ecriture sainte.
On peut reconnaître des vestiges de cette pratique superstitieuse dans ce qui avait encore lieu, au XVIIIe siècle, lorsqu'on recevait un chanoine dans la cathédrale de Boulogne, ainsi que dans celle d'Ypres et de Saint-Omer. Après l'aspersion et le baiser de paix, le récipiendaire ouvrait le livre des psaumes, et écrivait les paroles qui se présentaient, pour conserver la mémoire de la réception : il est arrivé quelquefois que le verset du psaume contenait des imprécations, des reproches, ou des traits odieux, qui devenaient pour le nouveau chanoine une espèce de note ridicule ou même d'infamie.

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