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L'origine de Mahométisme


C'est la religion de Mahomet.


Né dans un contexte historique chaotique

Pour se faire une idée du mahométisme, qui a donné une nouvelle forme à tant d'empires, il faut, dit un historien philosophe, d'abord se rappeler que ce fut vers la fin du VIe siècle, en 570, que naquit Mahomet, à la Mecque, dans l'Arabie pétrée. Son pays défendait alors sa liberté contre les Perses, et contre ces princes de Constantinople qui retenaient toujours le nom d'empereurs romains.
Les enfants du grand Nouschirvan, indignes d'un tel père, désolaient la Perse par des guerres civiles et par des parricides. Les successeurs de Justinien avilissaient le nom de l'empire ; Maurice venait d'être détrôné par les armes de Phocas, et par les intrigues du patriarche cyriaque et de quelques évêques que Phocas punit ensuite de l'avoir servi. Le sang de Maurice et de ses cinq fils avait coulé sous la main du bourreau, et le pape Grégoire-le-Grand, ennemi des patriarches de Constantinople, tâchait d'attirer le tyran Phocas dans son parti, en lui prodiguant des louanges, et en condamnant la mémoire de Maurice, qu'il avait loué pendant sa vie. L'empire de Rome en Occident était anéanti. Un déluge de Barbares, Goths, Hérules, Huns, Vandales, inondait l'Europe, quand Mahomet jetait, dans les déserts de l'Arabie, les fondements de la religion et de la puissance musulmane.


La jeunesse de Mahomet

Les auteurs arabes le font descendre en droite ligne d'Ismaél, fils du patriarche Abraham. Son père, nommé Abdolah, était païen ; sa mère était juive et s'appelait Ainénah. Il les perdit de bonne heure l'un et l'autre, aussi bien qu'Abdol-Motaleb, son grand-père, qui s'était chargé de sa tutelle ; et ce fut Abu-Taleb, son oncle, qui prit soin de son éducation. A quatorze ans, il fit ses premières armes dans une guerre que ses compatriotes, les Koraïschites, curent à soutenir contre les Kénanites. Lorsqu'il eut atteint sa vingt-cinquième année, Khadigia, veuve d'un riche marchand arabe, le choisit pour être son facteur, et l'envoya en Syrie pour y vendre ses marchandises et en racheter de nouvelles. Ce fut dans ce voyage qu'il lia, dit-on, connaissance avec un moine nestorien, nommé Félix ou Bossa ira, d'autres disent Sergius, et avec un hérétique jacobite, appelé Batiras, et que, de concert avec eux, il compila son Coran.
A son retour de Syrie, Khadigia se prit pour lui d'une forte passion et l'épousa. Mahomet était naturellement sombre et rêveur. Cette disposition de caractère lui fit chercher la retraite et la solitude, et lui suggéra probablement alors, ou le plan de législation qu'il exécuta depuis, ou simplement les moyens d'exécuter ce plan, s'il est vrai qu'il l'eût formé dans son voyage de Syrie.


L'enseignement et les recommandations de Mahomet

Il ne déploya qu'à l'âge de quarante ans les talents qui le rendaient supérieur à ses compatriotes. Il avait une éloquence vive et forte, dépouillée d'art et de méthode, telle qu'il la fallait à des Arabes ; un air d'autorité et d'insinuation, animé par des yeux perçants et par une heureuse physionomie.
Après avoir connu le caractère de ses concitoyens, leur ignorance, leur crédulité, leur disposition à l'enthousiasme, il vit qu'il pouvait s'ériger en prophète, il feignit d'avoir des révélations ; il parla ; il se fit croire d'abord dans sa maison, ce qui était probablement le plus difficile. En trois ans il eut quarante-deux disciples persuadés ; Omar, son persécuteur, devint son apôtre : au bout de cinq ans, il en eut cent quatorze.
Il enseignait aux Arabes, adorateurs des étoiles, qu'il ne fallait adorer que le Dieu qui les a faites ; que les livres des juifs et des chrétiens s'étant corrompus et falsifiés, on devait les avoir en horreur ; qu'on était obligé, sous peine de châtiment éternel, de prier cinq fois le jour, de donner l'aumône, et surtout, en ne reconnaissant qu'un seul Dieu, de croire en Mahomet son dernier prophète ; enfin, de hasarder sa vie pour sa foi.
Il défendit l'usage du vin, parce que l'abus en est dangereux ; il conserva la circoncision, pratiquée par les Arabes, ainsi que par les anciens Égyptiens, et instituée probablement pour prévenir les abus de la première puberté, qui énervent souvent la jeunesse ; il permit aux hommes la pluralité des femmes, usage immémorial de tout l'Orient. Il n'altéra en rien la morale, qui a toujours été la même dans le fond chez tous les hommes, et qu'aucun législateur n'a jamais corrompue. Sa religion était d'ailleurs plus assujettissante qu'aucune autre, par les cérémonies légales, par le nombre et la forme des prières et des ablutions. Il proposait pour récompense une vie éternelle, où l'âme serait enivrée de tous les plaisirs spirituels, et où le corps, ressuscité avec ses sens, goûterait toutes les voluptés qui lui sont propres.


Un fugitif devenu le maître de l'Arabie

Mahomet fut persécuté à la Mecque, et sa fuite, qu'on nomme hégire, fut l'époque de sa gloire et de la fondation de son empire. De fugitif, il devint conquérant ; réfugié à Médine, il y persuada le peuple et l'asservit ; il battit d'abord avec cent treize hommes les Mecquois, qui étaient venus fondre sur lui au nombre de mille. Cette victoire, qui fut un miracle aux yeux de ses sectateurs, les persuada que Dieu combattait pour eux, comme eux pour lui. Dès lors ils espérèrent faire la conquête du monde. Mahomet prit la Mecque, vit ses persécuteurs à ses pieds, conquit, en neuf ans, par la parole et par ses armes, toute l'Arabie, pays aussi grand que la Perse, et que les Perses ni les Romains n'avaient pu soumettre. Au bout de neuf ans, se croyant assez fort pour étendre ses conquêtes et sa religion chez les Grecs et chez les Perses, il commença par attaquer la Syrie, soumise alors à Héraclius, et lui prit quelques villes.
Enfin Mahomet, maître de l'Arabie, et redoutable à tous ses voisins, attaqué d'une maladie mortelle à Médine, à l'âge de soixante-trois ans et demi, voulut que ses derniers moments parussent ceux d'un héros et d'un juste : « Que celui à qui j'ai fait violence et injustice paraisse, s'écria-t-il, et je suis prêt à lui faire réparation. » Un homme se leva et lui redemanda quelque argent. Mahomet le lui fit donner, et expira peu de temps après, regardé comme un grand homme par ceux mêmes qui savaient qu'il était un imposteur, et révéré comme un prophète par tous les autres.

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