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L'origine de Malte



L'institution de ordre de Malte au XIIe siècle

Cet ordre, dit l'abbé de Vertot, d'abord hospitalier, devenu militaire et depuis souverain, que la charité fit naître, que le zèle de défendre les lieux saints arma ensuite contre les infidèles ; et qui, dans le tumulte des armes, et au milieu d'une guerre continuelle, sut allier les vertus paisibles de la religion avec la plus haute valeur dans les combats, fut institué vers la fin du XIIe siècle.
Il avait commencé lorsque la ville de Jérusalem était encore sous la puissance des infidèles. Les religieux y desservaient un hôpital dédié à saint Jean l'aumônier, d'où ils furent appelés les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, ou frères de l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les chrétiens ayant fait la conquête de cette ville, ces hospitaliers crurent devoir seconder de si heureuses entreprises, et joindre la valeur à l'humanité ; ils prirent donc les armes pour défendre les chemins contre les incursions des infidèles. Cette nouvelle fonction attira dans leurs rangs un grand nombre de nobles de toute la chrétienté ; alors le titre de chevalier fut joint à celui d'hospitalier, et l'ordre fut composé de trois sortes de religieux ; de frères chevaliers, de clercs et de frères servants.
Les papes leur accordèrent les plus grands privilèges, et ajoutèrent aux trois vœux ordinaires, celui de secourir les pèlerins, et de combattre les infidèles. Le bienheureux Gérard, natif de Martigues en Provence, fut le premier supérieur de cet ordre, et en est regardé comme l'instituteur.


Malte : le refuge des chevaliers de Rhodes

En 1187, Soliman s'étant rendu maître de Jérusalem, à la faveur de la division qui régnait entre les princes chrétiens, la profession des chevaliers les obligea à suivre le parti des vaincus. Ils se retirèrent dans la forteresse de Maigat, et, quelques années après, dans celle de Saint-Jean-d'Acre, où l'ordre subsista prés de cent ans, malgré les attaques continuelles des Sarrasins. Les forces de ceux-ci prévalurent à la fin sur la valeur des chevaliers, qui trouvèrent un nouvel asile dans l'île de Chypre, auprès de Lusignan, roi de Jérusalem. Les secours qu'ils reçurent et leur bravoure leur ayant fait conquérir l'île de Rhodes, ils s'y établirent, vers l'an 1310, et prirent le nom de chevaliers de Rhodes.
Depuis la prise de cette île, en 1522, par Soliman II, ils errèrent d'établissement en établissement : à Messine, aux îles d'Hyères, à Viterbe jusqu'en 1530 ; ils se fixèrent alors dans l'île de Malte. Cette île fut donnée à l'ordre par Charles V, pour servir de rempart à la Sicile, et à condition que les chevaliers y auraient toujours un nombre suffisant de vaisseaux pour faire la guerre aux Turcs ; qu'ils se tiendraient sous la protection du roi d'Espagne et de ses successeurs ; et que le grand-maître lui enverrait tous les ans un faucon par forme de tribut.


La composition de l'ordre de Malte

L'ordre de Malte était divisé en trois classes : la première était celle des chevaliers ; la seconde, celle des chapelains pour le service spirituel ; la troisième, celle des servants d'armes pour la société militaire. L'ordre avait aussi des prêtres d'obédience pour desservir les bénéfices de l'ordre, et qui pouvaient porter la croix ; des servants d'office pour le service de l'hôpital ; des donnés, qui pouvaient être mariés ; ceux-ci n'avaient qu'une croix à trois branches, ce qui leur avait fait donner le nom de demi-croix.
La croix d'or des chevaliers était à quatre branches et émaillée de blanc. Ils la portaient attachée à un cordon noir. Leur habit militaire était une soubreveste rouge en forme de dalmatique, ornée d'une croix blanche sans pointe. Les chapelains ou servants-d'armes avaient une croix émaillée comme celle des chevaliers ; mais ils ne la portaient que par une permission du grand-maître. Tous les profès de l'ordre étaient obligés de porter une croix octogone ou à huit pointes de toile blanche sur le côté gauche de leur habit : c'était la véritable marque de leur profession ; la croix émaillée n'était qu'un ornement.
L'ordre était partagé en huit langues ou nations, savoir : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Allemagne, Castille et Angleterre ; mais depuis le schisme de ce royaume, on ne dut plus compter que sept langues. Celle de Provence avait le premier rang, en considération du bienheureux Gérard, qui était de cette province.
L'île de Malte ayant été prise par le général Bonaparte en 1799, l'ordre cesse d'exister. L'île fut reprise en 1801 par les Anglais, et devint indépendante en 1964.

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