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L'origine de Manteau



Depuis la plus haute antiquité

Ce vêtement remonte à une très haute antiquité. On sait que Joseph ne put se dérober aux empressements de la femme de Putiphar, qu'en lui laissant son manteau ; et que les fils de Noé couvrirent la nudité de leur père en le couvrant d'un manteau. Samuel aurait échappé à Saül, s'il n'eût été arrêté par son manteau, etc.
Ce vêtement, fort ordinaire aux Grecs, ne fut guère connu à Rome avant le temps des Antonins. Quoique le manteau devint insensiblement chez les Grecs l'habillement particulier des philosophes, on trouve sur des marbres, sur des médailles et sur des pierres gravées antiques, des dieux et des héros représentés avec des manteaux.


Porté autrefois par les personnes de premier rang

Partout et dans tous les temps les manteaux ont donc été d'usage ; mais cet habillement paraît avoir été plus commun parmi les Français que chez aucun peuple moderne. Anciennement, quand il était fourré, il n'appartenait qu'aux personnes du premier rang. On l'agrafait sur l'épaule droite, de sorte qu'étant toujours ouvert de ce côté-là, on avait l'entière liberté du bras droit, et on le repoussait sur l'épaule gauche , pour laisser le libre usage de l'épée. Il traînait par derrière, et tombait jusqu'à terre. On distinguait les divers ordres des seigneurs par l'ampleur du bord, et à la qualité de la fourrure en hermine qui l'entourait, à la largeur du repli du collet, à la longueur de la queue traînante.
On donnait autrefois le nom de manteau d'honneur à ce long manteau d'écarlate doublé d'hermine qu'il n'était permis qu'aux chevaliers de porter comme la plus noble décoration qu'ils pussent avoir, lorsqu'ils n'étaient pas parés de leurs armes. Les pièces de velours ou d'autres étoffes qui se donnent encore à des magistrats en sont la représentation, ainsi que l'ancien droit d'avoir le manteau d'hermine, figuré dans les armoiries des ducs et dans celles des présidents à mortier. Les ducs, comtes, barons, chevaliers, portaient le manteau d'un drap écarlate ou violet. Cette dernière couleur a prévalu dans le long habit de cérémonie pour les pairs.


Le symbole de la chevalerie

Le manteau devint pendant longtemps le symbole et le signe de la chevalerie, au point que nos rois mêmes s'accoutumèrent à faire présents de manteaux aux nouveaux chevaliers qu'ils honoraient de l'accolée aux fêtes solennelles et aux jours de cour plénière. Pour les rendre plus honorables, ils les distribuaient le plus souvent d'écarlate vermeille, couleur qui approchait le plus de leur habit. Ces manteaux étaient donnés tous les ans pour l'été et pour l'hiver, par le roi, aux principaux seigneurs du royaume et aux chevaliers de sa maison, et cela s'appelait livrée ou livraison des manteaux.
Ducange, dans son Glossaire, au mot mantum, fait voir que l'investiture des plus grandes dignités se faisait par le manteau. La cotte d'armes fut dans la suite remplacée par le manteau.


Le port du manteau en France du XVIIe au XIXe siècles

Du reste, dit Millin, le manteau ample fut généralement adopté en France dans le XVIIe siècle et durant une grande partie du XVIIIe. La couleur écarlate passait pour la plus distinguée ; la couleur de muraille grise et bleue fut successivement de mode. Souvent un manteau était orné de broderies ou de galons ; mais, ajoute-t-il, la multiplicité des équipages et l'embarras que ce vêtement occasionnait le firent tomber peu à peu dans le discrédit, et il fut enfin proscrit à la fin du XVIIIe siècle. On a, au XIXe siècle, cherché à faire revivre l'usage des manteaux, dont on a changé la forme ; aux larges agrafes qui les fermaient par-devant on a notamment substitué des ganses d'or ou de soie d'où pendaient des glands de même matière.


L'étymologie de mot Manteau

On n'est point d'accord sur l'origine de ce mot. Les uns la trouvent dans le grec ancien, les autres dans le grec du moyen âge ; d'autres dans mantellum ou mantelum, mot latin employé par Plaute et Varron ; plusieurs enfin dans mantel, vieux mot celtique.

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