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L'origine de Marbre


Ce mot vient du latin marmore, ablatif de marmor, qui a la même signification, et vient probablement du grec marmairein, reluire, à cause du poli que cette pierre est susceptible de recevoir.


Certainement exploité dès la plus haute antiquité

Goguet prétend avec plusieurs auteurs qu'Homère ne connaissait point le marbre. On ne trouve, selon lui, dans l'Iliade et dans l'Odyssée aucun mot qu'on puisse croire le désigner. « Je pense, au contraire, dit Millin dans son Dictionnaire des beaux-arts, que cette substance était connue alors, et qu'on savait même la polir et la travailler. L'espèce de pierre qu'Homère appelle marmaron me paraît être le marbre. » Ce poète, dans le passage cité par Goguet, ajoute le mot brut ; il ne fait probablement cette distinction que parce que l'on connaissait l'art de le polir. Iris trouve Hélène occupée dans son palais à faire un voile éclatant ; l'expression qu'emploie Homère signifie mot à mot, brillant comme le marbre. C'est du moins le sentiment d'Eustathe, et Politi est du même avis.
Cette expression prouve que c'est le marbre blanc qu'Homère a désigné, et probablement celui que sa cassure cristalline et brillante a fait nommer marmor salinum, marbre salin. L'île de Chio fournit beaucoup de ce marbre ; il est très abondant dans l'île de Crète. En général, le marbre est très commun dans l'Asie, mineure. Rien n'indique dans les poèmes d'Homère qu'il ait connu les marbres de couleur.


Le marbre de Grèce

Il est malheureux que les ouvrages grecs qui avaient été composés par Sotaces et par Thrasyllus sur les pierres soient perdus ; car on y trouvait, selon Pline, beaucoup de détails sur les marbres des anciens. C'était, en effet, de la Grèce qu'on tirait les plus beaux marbres ; c'était de là que les riches patriciens, qui donnaient tant au luxe des arts et à la somptuosité des édifices, faisaient venir les leurs, ainsi que l'indique Juvénal. Les palais ne paraissaient magnifiques qu'autant qu'ils étaient revêtus de marbres grecs, et c'est pour ce genre de magnificence que Stace loue la maison de campagne de Pollion.
Les espèces de marbre les plus connues chez les Grecs étaient celles de l'île de Paros et du mont Pentélicien dans l'Attique. Le marbre pentélicien est très solide, et plus dur que quelques espèces de celui de Paros : aussi n'est-il pas tout-à-fait aussi maniable que le premier, qui, par cette raison, paraît plus propre pour les ornements et les ouvrages délicats. Quant au marbre de Paros, si renommé chez les anciens par sa blancheur qui approche le plus de la blancheur de la peau, il s'en trouve de différente dureté et de diverses qualités ; mais en général l'homogénéité de ses parties le rend plus propre pour la composition de toutes sortes d'ouvrages de sculpture.


La teinte des marbres

Sous l'empereur Claude, on commença à teindre le marbre pour en augmenter la beauté, et pour lui donner la couleur qu'on désirait obtenir dans les mosaïques. Sous Néron, on diversifia les couleurs du marbre en y incrustant des morceaux colorés. C'est ce qui se fait encore aujourd'hui dans ce qu'on appelle le scaïole et dans la mosaïque de Florence. On employait différentes espèces de mastics pour coller les marbres, et ce mastic portait le nom de lithocolle. Souvent un groupe était travaillé par plusieurs artistes ; on joignait alors les différentes parties, on polissait si bien les jointures qu'il n'en paraissait plus de traces.


La carrière de marbre en France

En 1820, M. Grave, secrétaire de la préfecture de l'Oise, a découvert à quelques lieues de Beauvais une carrière de marbre, qui depuis longtemps était exploitée par des ouvriers qui ignoraient sa nature. Elle occupe une étendue de six lieues de longueur ; plus on pénètre dans l'intérieur, plus les couches de marbre qui commencent à la surface du sol augmentent en épaisseur. La couleur générale est plus ou moins grise ; quelquefois elle tire sur le jaune varié par des points rougeâtres. Ce marbre est très dur, susceptible du plus beau poli, et résiste longtemps aux plus violents acides.
On avait déjà trouvé auprès de la commune de Brognon (Cote-d'Or), en 1812, un marbre lumachelle.


Le marbre artificiel au XVIIIe siècle

Il est fait d'une composition de gypse en manière de stuc, dans laquelle on met diverses couleurs pour imiter le marbre. Cette composition est d'une consistance assez dure et reçoit le poli ; mais elle est sujette à s'écailler.
Ou fait encore d'autres marbres artificiels avec des teintures corrosives sur du marbre blanc, qui imitent les différentes couleurs des autres marbres, en pénétrant de plus de quatre lignes dans l'épaisseur du marbre, ce qui fait que l'on peut peindre dessus des figures et des ornements de toute espèce ; en sorte que si l'on pouvait débiter ce marbre par feuilles très minces, on aurait autant de tableaux de même façon qu'on en aurait de feuilles. Cette invention, est due à M. le comte de Caylus.

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