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L'origine de Marée


On appelle ainsi deux mouvements périodiques des eaux de la mer, par lesquels elle s'élève et s'abaisse alternativement deux fois par jour, en coulant de l'équateur vers les pôles, et refluant des pôles vers l'équateur. Ce mouvement s'appelle aussi flux et reflux de la mer.


Découverte par Pythéas de Marseille

Le premier des Grecs qui fit attention à la cause des marées fut Pythéas de Marseille, qui vivait environ 320 ans avant notre ère. Il disait que la pleine lune cause le flux, et son décours le reflux. Il ne se trompait pas en les attribuant à la lune ; mais il était loin d'en connaître la véritable cause. En général, les Grecs étaient peu instruits à cet égard ; et leurs différentes opinions, pour expliquer l'effet de la lune sur les marées, sont si peu satisfaisantes, qu'il est inutile de les rapporter. Chez les modernes, Jean Kepler est le premier qui paraisse avoir donné la vraie théorie du flux et du reflux de la mer.


L'explication des marées selon Descartes

« De toutes les explications que l'on a entrepris de donner sur ce qui occasionne le flux et le reflux de la mer, la plus simple et la plus ingénieuse, dit M. Dutens (Origine des découvertes attribuées aux modernes), est celle de Descartes, qui suppose un tourbillon de matière subtile et d'une figure elliptique, lequel environne notre globe et le presse de tous côtés. La lune, selon ce philosophe, nage dans ce tourbillon elliptique ; et, lorsqu'elle se trouve dans la partie la plus allongée, elle fait moins d'impression sur la partie éthérée qui environne la terre ; mais lorsqu'elle est dans la partie la plus étroite de ce tourbillon, elle cause une impression sur l'atmosphère dont les eaux doivent surtout se ressentir. Descartes appuie cette explication par la remarque que le flux de la mer suit ordinairement l'irrégularité du cours de la lune. »


La cause des marées selon Kepler et Newton

L'autre opinion sur la cause du flux et reflux est plus exactement conforme aux observations, et a été donnée par Kepler et Newton. Elle est fondée sur l'hypothèse que la lune attire les eaux de la mer, de façon que leur pesanteur sur la terre doit diminuer lorsque cette planète se trouve être directement au-dessus des eaux ; et la pesanteur des eaux collatérales doit augmenter leur pression sur la terre, et faire élever par conséquent les eaux dans le point correspondant de l'hémisphère opposé à la lune. L'action du soleil, dans ce système, concourt aussi avec celle de la lune dans la cause des marées ; elles y sont plus ou moins fortes, suivant la différente situation respective de ces deux astres.


D'autres travaux sur les marées

Dans un mémoire lu à la société philomatique, en l'an VII (1798), M. Coquebert a relevé une erreur de d'Alembert, qui, sur la foi de Cavalier, jésuite de Cahors, avait avancé, en 1740, que le flux et reflux n'est pas sensible prés des pôles ; il a démontré que les marées s'étendent sur les côtes de la Norvège, du Cap-Nord, le long des côtes septentrionales de la Sibérie, où elles s'élèvent d'un mètre ou un mètre et demi ; sur celles du Spitzberg, placées entre le 71e et le 80e degré de latitude, où elles s'élèvent de deux mètres. Si l'on passe aux contrées à l'ouest de l'Islande, on voit la mer monter de quatre à cinq mètres sur la côte occidentale du Groenland, et les voyageurs qui ont pénétré jusqu'à l'embouchure de la rivière Mine-de-Cuivre, ont vu des marées de la même force.

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