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L'origine de Mariage



Depuis la nuit des temps

Partout, dit l'auteur de l'Esprit des lois, où il se trouve une place où deux personnes peuvent vivre commodément, il se fait un mariage. Le mariage est donc aussi ancien que le monde, si on le considère seulement comme l'union des deux sexes dans l'intention de procréer des enfants.
Rien n'était plus simple que la cérémonie du mariage chez les premiers Hébreux. Quand Tobie eut demandé Sara en mariage, Raguel prit la main droite de sa fille, et la mit dans la main droite de l'époux ; puis il écrivit et cacheta le contrat. A ces engagements succéda un festin. Après le festin, la mère conduisit sa fille dans une chambre destinée aux époux, et toutes deux pleurèrent d'être obligées de se séparer l'une de l'autre. Raguel, après avoir laissé quelque temps couler leurs larmes, bénit les époux, et lit des vœux pour que leur union fût heureuse. Dans la suite des temps les mariages des juifs furent chargés de cérémonies.


Le mariage dans la Grèce antique

La Grèce était divisée en plusieurs républiques qui avaient chacune leurs lois et leurs usages pour le mariage.
A Lacédémone les hommes ne se mariaient point avant trente ans, et les filles avant vingt. Lycurgue l'avait ainsi ordonné, afin que les enfants qui naîtraient de ces mariages fussent forts et vigoureux. Les filles ne portaient à leurs maris d'autre dot que l'honneur et la vertu ; ainsi les femmes n'étaient point recherchées pour leurs richesses, mais seulement pour leur beauté, leur agilité et leur courage dans les exercices publics. Lorsque les parents étaient convenus de donner leur fille en mariage, au jour marqué, le jeune homme à qui elle avait été promise venait, sur le soir, enlever, comme de force, sa fiancée d'entre les bras de sa mère, et la conduisait à sa maison, où il n'était accompagné que d'une seule femme que les Latins appelaient pronuba. Aussitôt que la jeune épouse était entrée chez son nouvel époux, cette femme, qui l'avait suivie, lui coupait les cheveux fort près de la peau, en présence des parents assemblés pour la cérémonie ; après quoi on lui ôtait ses habits et sa chaussure de fille, pour lui faire prendre un habit et une chaussure d'homme. Ainsi travestie, on la conduisait sans lumière au lit nuptial, où on la laissait seule. Il n'y avait point de festin de noces, dit Furgault ; après la cérémonie, le jeune marié allait souper dans les salles communes avec ceux de son âge et se couchait à l'ordinaire ; seulement, vers le milieu de la nuit, il se levait sans bruit, et allait furtivement trouver sa nouvelle épouse avec laquelle il restait peu de temps, puis revenait se coucher avec ses compagnons, conformément aux lois de Lycurgue sur le mariage.
Plutarque dit que, chez les Béotiens, on conduisait la nouvelle épouse à la maison de son mari dans un chariot dont ils brûlaient l'essieu devant la porte, aussitôt qu'elle eu était descendue, pour lui faire entendre que c'était là qu'il fallait demeurer, et qu'il n'y avait plus de voiture pour s'en retourner. Dans l'île de Cos, le fiancé s'habillait en femme le jour de ses noces. Chez les Macédoniens, on faisait manger aux nouveaux mariés du pain coupé avec une épée ; et chez les Galates, ils buvaient pendant le festin dans la même coupe.
Les Athéniens se mariaient ordinairement en hiver, surtout dans le mois appelé gamélion, de gamein (se marier) ; c'était proprement le mois des noces ; il répondait au mois de janvier. Le quatrième du mois, selon Hésiode, était regardé comme le plus heureux pour cette cérémonie. Le mariage à Athènes, comme ailleurs, était toujours précédé de sacrifices dans lesquels les aruspices consultaient la volonté des dieux. Le jour du mariage, on faisait au fiancé une espèce de coiffure composée de figues, de fruits de palmier et de légumes. Avec cet ajustement il se présentait dans la maison du père de la fiancée, où il l'enlevait, pour ainsi dire, d'entre les bras de sa mère, et la conduisait chez lui. Alors la mère les précédait portant devant les époux une torche de pin. Elle était ordinairement accompagnée de jeunes garçons qui chantaient des chansons en l'honneur de l'Hyménée. Après un grand festin qui se donnait aux parents des deux époux, on conduisait la nouvelle mariée au lit nuptial. La compagnie étant retirée, deux troupes de jeunes garçons et de jeunes filles chantaient l'épithalame à la porte de l'appartement.
Il faut remarquer que tous les mariages, en Grèce, se faisaient le soir à la clarté des flambeaux.


Le mariage chez les Romains

A Rome, l'âge fixé par les lois pour se marier, était à quatorze ans pour les garçons, et à douze pour les filles. Le mariage se traitait ordinairement avec le père de la fille ; c'était à lui seul qu'on en faisait la demande. Quand le contrat était dressé, on le scellait du cachet des parents qui étaient présents. Le jour du mariage arrivé, on commençait dès le matin à prendre les auspices et à faire des sacrifices au ciel et à la terre ; on en faisait aussi un à Minerve, déesse de la virginité, et un à Junon, qui présidait particulièrement au mariage, selon l'expression de Virgile, cui vincla jugalia curœ ; ensuite à toutes les divinités qu'on voulait se rendre favorables. Le jour des noces, en coiffant la mariée, on observait de séparer ses cheveux avec le fer d'une javeline, pour lui apprendre qu'elle serait sub hastâ, c'est-à-dire sous l'empire du mari. On les partageait en six tresses ou boucles, à la manière des vestales, pour annoncer que la mariée était vierge ; ensuite on lui plaçait sur la tête un chapeau de fleurs de verveine qu'elle avait cueillies elle-même, et, par-dessus ce chapeau, un voile blanc ou de couleur de safran appelé flammeum. Ce voile était quelquefois garni de diamants. On mettait à la mariée une chaussure fort élevée, à peu près comme le cothurne, et de la couleur de son voile, pour qu'elle parût d'une taille plus grande et plus majestueuse. Sa robe était blanche ou de couleur de safran, mais tout unie et sans ornement ; sa ceinture était de laine de brebis, nouée d'un nœud, appelé herculien, que le mari dénouait en invoquant Junon, lorsque l'épousée était prête à se mettre au lit.
Dans les premiers siècles de Rome, ajoute Furgault, on mettait sur la tête des fiancés une espèce de joug de charrue, pour leur apprendre que le mariage était un véritable joug. C'est de là qu'on a appelé cet engagement confugium, et les époux conjuges.
On feignait à Rome, comme à Athènes, d'arracher la fiancée d'entre les bras de sa mère pour la livrer à son mari, ce qui se faisait à la clarté de cinq flambeaux de bois de pin, car les noces ne se célébraient jamais que le soir. Ce nombre de cinq était mystérieux ; c'était en l'honneur des cinq divinités principales dont ceux qui se mariaient invoquaient l'assistance : Jupiter, Junon, Vénus, Diane et la déesse Persuasion, appelée en latin Suada.
La mariée, en sortant de la maison paternelle, était conduite par deux jeunes garçons, vêtus de la robe appelée prétexte, qui la tenaient chacun par une main ; un troisième portait devant elle le flambeau de l'hymen, qui était d'épine blanche, et que les amis des deux époux avaient grand soin d'enlever, de peur qu'on ne s'en servît pour faire quelques maléfices ; car on attribuait de grandes vertus à ce flambeau. Tandis que l'on conduisait la mariée chez son époux, chacun chantait hymen, hyménée. On invoquait aussi Thalassius, qui avait été marié à une des Sabines enlevées par les Romains, et dont le mariage avait été très heureux. On portait, derrière la mariée, une quenouille garnie de laine avec un fuseau, pour lui apprendre qu'elle devait s'occuper à filer. On portait aussi des corbeilles dans lesquelles étaient ses bijoux, sa toilette, des hochets et d'autres bagatelles pour l'enfant qui devait naître. Arrivée à la porte de son mari, qu'on avait ornée de guirlandes de fleurs et de feuillages, on lui présentait de l'eau et du feu, ce qui signifiait qu'elle devait avoir part à la fortune de son mari ; on lui jetait en même temps de l'eau lustrale, afin qu'elle entrât pure et chaste dans la maison. On observait encore de lui demander son nom, à quoi elle répondait Caïa ; car il n'était pas permis aux mariés de prendre leur vrai nom ce jour-là ; l'époux prenait celui de Caïus. Alors la mariée lui disait, Si vous êtes Caïus, je suis Caïa ; c'est-à-dire si vous êtes le maître, je suis la maîtresse. Les jeunes mariées prenaient le nom de Caïa, pour annoncer qu'elles seraient aussi bonnes ménagères que Caïa Cœcilia, femme de Tarquin l'Ancien. Ensuite la jeune épouse attachait de la laine à la porte et la frottait de graisse de porc et de loup, pour éloigner les sortilèges et les enchantements. Après quoi les femmes la soulevaient et la faisaient passer par-dessus le seuil de la porte sans le toucher, parce que le seuil était consacré aux dieux Pénates et à la déesse Vesta. Aussitôt qu'elle était entrée, on lui présentait un anneau qui contenait les clefs, pour lui apprendre qu'elle aurait la conduite du ménage ; on la faisait asseoir sur la
toison d'une brebis immolée, afin de l'avertir de l'obligation où elle allait être de faire de l'étoffe pour habiller son mari et ses enfants. Peu après commençait le festin nuptial, qui était toujours splendide, et pendant lequel les joueurs de flûte jouaient différents airs.
Après le souper les femmes appelées pronubœ conduisaient l'épouse dans la chambre de l'époux, et la mettaient au lit nuptial appelé génial, parce qu'il était dressé en l'honneur du génie du mari, lequel, avant de fermer la porte, jetait des noix aux jeunes gens ; alors une troupe de jeunes garçons et de jeunes filles chantaient l'épithalame, qui n'avait été, jusqu'au temps de Catulle, que des chansons libres qu'on nommait vers fescennins.
Le lendemain des noces, le mari donnait à ses parents et à ses amis un grand repas que les Latins appelaient repotia, et pendant lequel la jeune mariée, assise à son côté sur le même lit, tenait des propos si peu retenus, que pour désigner en général des discours où régnait une licence outrée, on disait que c'étaient des discours de jeune mariée. Après le festin du lendemain, le nouveau marié faisait des sacrifices à Jupiter, à Junon, à Vénus et aux autres dieux domestiques.


Le mariage en France

Chez nos ancêtres les mariages étaient heureux, parce que l'austérité des mœurs en était la base. Cette grande union, comme l'observe le président Hénault, pouvait venir principalement de ce que les maris ne recevaient point de dot de leurs femmes. Dans l'origine, elles leur apportaient quelques armes, présent militaire qui se ressentait de la rudesse de ces premiers temps ; mais il n'était question ni de terres ni d'argent qui dussent être donnés au mari ; son choix purement gratuit assurait sa femme du goût qu'il avait pour elle, et le désintéressement du mari la retenait dans une plus grande dépendance.
Loin que les femmes apportassent quelque chose en mariage à leurs maris, c'étaient eux au contraire qui les dotaient. Il y a eu, dans l'abbaye de Saint-Pierre en Vallée, un ancien cartulaire qui avait 750 ans, au jugement de Le Laboureur, dans lequel on trouvait une donation faite à ce couvent par Hildegarde, comtesse d'Amiens et veuve de Valeron, comte du Vexin. Cette dame déclare dans ce titre qu'elle donne à l'abbaye de Saint-Pierre un alleu qu'elle a reçu, en se mariant, de son seigneur, suivant l'usage de la loi salique, qui oblige, dit-elle, les maris à doter leurs femmes.

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