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L'origine de Marne



Utilisée depuis la plus haute antiquité

L'emploi de la marne sur les sols auxquels elle convient peut être regardé comme une des plus importantes améliorations de l'agriculture. Il ne faut pas croire que cette découverte appartienne aux temps modernes. « L'usage de la marne, lit-on dans le Journal d'agriculture, lettres et arts du département de l'Ain (1824), date de la plus haute antiquité. Pline nous rapporte que de son temps les Gaules et la Grande-Bretagne s'étaient enrichies par son emploi : il décrit les procédés du marnage des Grecs, et distingue de cinq à six espèces de marnes.
Pline n'annonce pas que le marnage soit connu en Italie, par conséquent la Gaule ne l'aura pas reçu des Romains. Cette pratique, à cette époque, y paraissait très anciennement établie. On tirait la marne, dit Pline, dans quelques cantons, de puits de plus de cent pieds de profondeur, et ayant des galeries comme les mines ; il semble donc qu'on faisait à cette amélioration de plus grands sacrifices d'industrie et de temps qu'aujourd'hui ; ce qui prouverait que l'agriculture florissait à cette époque dans notre pays, et que, par conséquent, il n'était pas couvert de bois et de druides, comme on le pense communément, et qu'enfin la civilisation, qui suit toujours les progrès des arts et de l'agriculture, y était plus avancée qu'on ne paraît le croire.


Le marnage oublié puis redécouvert

Bernard Palissy, qui écrivait au XVIe siècle, dans un mémoire remarquable sur la marne et la fécondité qu'elle produit, nous parle comme d'un usage habituel et ancien des marnages d'un grand nombre de provinces de France. Le traducteur de Pline, Dupinet, qui a écrit plus tard, cite les marnages de Normandie ; La Bruyère nous parle d'un vieillard qui marne sa terre, qui, de quinze ans, n'aura besoin de fumier. L'usage de la marne est donc très ancien en France, et il ne paraît pas avoir cessé dans un grand nombre de lieux.
Cependant il en est dans lesquels il a été mis en vigueur, et a cessé sans laisser de souvenir à la mémoire des hommes ; en Angleterre, dans plusieurs comtés, en France, dans plusieurs pays, et notamment dans divers cantons de l'Yonne, de l'Ain et de Saône-et-Loire, où, depuis le XIXe siècle seulement, on a repris le marnage. On trouve dans des bancs de marne de grandes mares qui ne tiennent pas l'eau, et qui, par conséquent n'ont point été faites pour abreuver des bestiaux. Ces grands vides, dont on n'a pu sortir que de la marne, sont évidemment l'ouvrage des hommes et sont les restes d'anciennes excavations qui ont servi à marner les terres du voisinage.

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