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L'origine de Métallurgie



Un art connu depuis la plus haute antiquité

C'est au hasard qu'il faut probablement attribuer la découverte des métaux ; mais c'est au besoin et à l'industrie des premiers agriculteurs qu'on doit attribuer la métallurgie, qui est l'art de séparer les métaux des substances avec lesquelles ils sont mêlés dans le sein de la terre, afin de leur donner l'état de pureté qui les rend propres aux différents usages auxquels nous les employons.
« Nous voyons, dit Goguet, l'usage des métaux établi peu de siècles après le déluge, dans l'Egypte et dans la Palestine. Les Égyptiens faisaient honneur de cette découverte à leurs premiers souverains, les Phéniciens à leurs anciens héros. Ces traditions sont pleinement confirmées par l'autorité des livres saints. Dès le temps d'Abraham, les métaux étaient communs en Egypte et dans plusieurs contrées de l'Asie. Je crois cependant, ajoute l'auteur que nous citons, qu'on ne sut d'abord travailler qu'un certain nombre de métaux, tels que l'or, l'argent et le cuivre. Le fer, ce métal si nécessaire et si commun aujourd'hui, a été longtemps inconnu ou fort peu en usage chez les anciens peuples. »


La métallurgie dans la Grèce antique

L'art d'épurer les métaux et de les rendre fusibles ou malléables, fut aussi connu des Grecs. Les uns en font remonter la découverte aux temps les plus reculés ; d'autres lui donnent une époque plus récente. Les titans apportèrent originairement la métallurgie dans la Grèce ; mais la domination de ces princes ayant été très courte, les lumières dont ils avaient enrichi ces contrées s'éteignirent avec eux ; il fallut que des colonies nouvelles sorties de l'Egypte et de l'Asie vinssent recréer les arts dans cette partie de l'Europe.
Cadmus, roi de Thèbes, doit être regardé comme le premier qui y ait renouvelé l'art de travailler les métaux, puisque c'est lui qui a découvert dans la Thrace, au pied du mont Pangée, des mines d'or et d'argent ; qui a enseigné aux Grecs la manière de les exploiter, et de mettre à profit les richesses qu'ils en avaient tirées. Mais il ne leur fit pas connaître le fer. Ces peuples n'ont su mettre en œuvre ce métal que 431 ans avant Jésus-Christ, sous le règne de Minos.
Cette connaissance avait passé de Phrygie en Europe, avec les Dactyles, lorsqu'ils quittèrent les enviions du mont Ida, pour venir s'établir en Crète ; cependant elle ne fut pas dès lors très répandue dans la Grèce : on y employa le cuivre pour une grande partie des ouvrages que nous faisons en fer. Du temps de la guerre de Troie, non seulement les armes, mais encore tous les outils et tous les instruments des arts mécaniques étaient de cuivre. Le fer, qu'Hésiode dit avoir été trouvé en Crète par les Dactyles, était alors si estimé, que le fils de Pélée, dans les jeux qu'il fit célébrer en l'honneur de Patrocle, proposa comme un prix considérable une boule de ce métal.
A l'égard de l'étain que découvrit Phénix, à qui fut confiée l'éducation d'Achille, les Grecs s'en procuraient par le commerce qu'ils faisaient avec les Phéniciens, et ils s'en servaient beaucoup dans les siècles héroïques. Pour le plomb, que Midacrite apporta le premier des îles Cassitérides, l'usage paraît en avoir été inconnu parmi eux.


La métallurgie dans la Rome antique

Il en a été originairement des Romains comme de tous les autres peuples de l'antiquité : pendant bien des siècles, le cuivre leur tint lieu de fer ; aussi presque tout ce qui nous reste de leurs armes, de leurs outils, de leurs instruments et de leurs vases propres aux expiations et aux sacrifices, est-il de cuivre.


La métallurgie dans les temps modernes

George Agricola, né à Glauchen, dans la Misnie, en 1494, peut, à juste titre, être regardé comme le fondateur de la métallurgie dans les temps modernes. Après avoir étudié la médecine en Italie, il alla l'exercer avec succès à Joachimsthal, et ensuite à Chemnitz. L'occasion qu'il eut de contempler la nature dans ses ateliers souterrains, lui fit naître l'envie de tirer l'art des mines et celui de la métallurgie des ténèbres où ils avaient été jusqu'alors ensevelis.
En effet, les Grecs, les Romains et les Arabes n'en avaient parlé que d'une manière confuse. Agricola entreprit de suppléer à ce défaut ; c'est ce qu'il fit en publiant, en 1530, plusieurs ouvrages sur cette matière. Parmi ceux qui ont suivi Agricola, Beccher et surtout Stahl occupent un rang distingué.

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