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L'origine de Méthaphysique


C'est le traité d'Aristote qui est placé après celui de la physique. Selon d'autres, ce mot signifie ici au-delà, au-dessus de la physique, parce que les matières que traite la métaphysique sont d'un ordre supérieur à celles que traite la physique.


L'objet d'étude de la métaphysique

L'objet de cette science est la connaissance des choses purement intellectuelles, et qui ne tombent pas sous les sens. On la définit aussi la science qui traite des premiers principes de nos connaissances, des idées universelles, des êtres spirituels ; les plus célèbres philosophes, Platon, Aristote, etc., en ont fait leur principale étude. Elle a eu aussi ses censeurs : Pline l'Ancien pense que l'homme n'est ni intéressé dans les recherches de cette nature, ni capable de ces découvertes. Voltaire l'appelle le roman de l'esprit. La décision tranchante de l'un et le mot spirituel de l'autre, ne sont pas des preuves et n'ôtent rien à cette science de son attrait.


La métaphysique depuis Condillas

Aussi a-t-on vu dans tous les siècles les plus beaux génies la prendre pour l'objet de leur méditation. Longtemps défigurée par les subtilités des scolastiques, elle brilla d'un plus vif éclat dans le siècle où Descartes, Gassendi, Malebranche, le docteur Arnauld, Leibnitz, etc., réunirent leurs efforts. Elle prit un essor plus hardi avec Locke et Condillac : la gloire de celui-ci est d'avoir été le premier disciple du philosophe anglais ; il répandit même une plus grande lumière sur ses découvertes ; il les rendit pour ainsi dire sensibles, et c'est grâce à lui qu'elles sont devenues communes et familières. En un mot, la science métaphysique, dit Laharpe, ne date en France que des ouvrages de Condillac, et à ce titre il doit être compté dans le petit nombre d'hommes qui ont avancé la science qu'ils ont cultivée.
En appliquant, ajoute-t-il, la métaphysique à la morale, cette science indépendamment de sa dignité, qui la met à la tête de toutes les autres, à raison des objets qu'elle considère, Dieu et l'intelligence, peut avoir encore cette utilité pratique, sans laquelle toutes nos études ne sont que des amusements stériles. La contemplation des choses intellectuelles n'est plus une curiosité frivole, si en remontant jusqu'à la première cause de nos erreurs, de nos passions, de nos injustices, on s'aperçoit avec quelque honte qu'elles tiennent en effet à des erreurs plus ou moins volontaires, que nous pouvons, par le secours de la réflexion, ou par les lumières d'autrui, rectifier nos idées ; qu'au fond nos défauts et nos vices ne sont que des mauvais jugements, et que s'il ne dépend pas de nous de leur donner cette rectitude constante qui n'est point faite pour la faiblesse humaine, nous pouvons du moins les redresser souvent quand nous connaissons la nature du mal.
C'est ainsi que depuis Locke, depuis l'abbé de Condillac, la métaphysique, autrefois si abstraite, a changé d'objet, de méthode et de style ; elle s'appuie sur l'observation des faits, et les faits qu'elle observe sont ce que nous pouvons le mieux connaître ; ce sont nos sensations. Elle analyse l'esprit humain, mais toujours dans ce qu'il y a de plus sensible ; et cette science, autrefois si hérissée d'abstractions, cherche aujourd'hui dans les beaux arts la lumière qu'elle doit répandre sur eux. La métaphysique a changé, mais son nom est resté le même ; elle sera encore longtemps confondue avec une fausse science que sa principale gloire est d'avoir détruite ; et l'abus des mots, contre lequel elle s'est tant récriée, lui sera peut-être encore funeste à elle-même, malgré les bons écrits de MM. Garât, de Gérando, Destut-Tracy, Cabanis, Laromiguières, Royer-Colard, etc.

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