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L'origine de Meule de moulin



La découverte de l'art de moudre le blé

Quelques uns attribuent l'invention de la meule à Myletas, fils de Mélèges, premier roi deLacédémone ; suivant Pline et Virgile, ce fut Cérès qui apprit à moudre le blé dans l'Attique et dans la Sicile.
Les meules de moulin étaient si petites chez les Égyptiens, les Juifs et les Romains, qu'ils ne se servaient point de chevaux, d'eau, ni de vent pour les tourner ; ils employaient à ce pénible exercice leurs esclaves et leurs prisonniers de guerre : Samson tourna la meule chez les Philistins.
On ne s'avisa pas d'abord de concasser le grain pour en faire usage, on se contenta de le séparer de sa pellicule ou de son enveloppe, comme on fait pour manger des noix, des amandes, etc. Pour cet effet, on le faisait torréfier ; on le concassa ensuite, et l'on fit des espèces de gruaux semblables à ceux que nous faisons avec l'avoine. En pilant davantage les grains dans les mortiers, on les réduisit en une espèce de poudre qu'on nomma farine, du mot far, qui est le nom d'une sorte de blé dont on se servait le plus, et qu'on préparait ainsi.


Le perfectionnement de la meule

On perfectionna dans la suite les moyens de convertir les grains en farine : il paraît, par un passage d'Homère, qu'on a été dans l'usage d'écraser le grain avec des rouleaux sur des pierres taillées en tables, au lieu de le faire dans des mortiers avec des pilons ; ce qui vraisemblablement conduisit à le broyer entre deux meules dont on fait tourner la supérieure sur l'inférieure. On n'a su, à proprement parler, réduire le grain en farine que lorsqu'on a su le moudre par le moyen de ces meules. Dans les premiers temps, la meule supérieure n'était que de bois, mais il y avait autour des espèces de têtes de clous de fer.
Dans la suite, on les a prises toutes les deux de pierres ; elles n'étaient alors que d'un pied à un pied et demi de diamètre ; mais on trouva bientôt le moyen de mouvoir ces machines autrement qu'à force de bras, et avec moins de peine. Cela donna lieu d'augmenter le diamètre de ces meules, et on les fit tourner par des chevaux et par des ânes. A l'occasion de deux meules déterrées prés d'Abbeville, le savant Mongez, de l'Institut, a fait connaître dans un mémoire, en 1806, la nature des pierres que les anciens ont employées et que les modernes emploient pour faire les meules à moudre le grain. Il en résulte que c'était presque toujours des pierres basaltiques poreuses ; celles d'Abbeville, étant des poudingues, lui paraissent donc venir des Gaulois ou des Francs, parce qu'en France on employait encore dans quelques départements des poudingues semblables pour moudre le grain.


L'utilisation de la force de l'eau et du vent

On ne tarda point à imaginer d'employer la force de l'eau courante pour mouvoir des meules plus grandes encore que celles qu'où faisait tourner par des animaux ; ensuite on apprit à se servir pour cela non seulement de l'eau, mais aussi du vent. On multiplia ainsi les moyens de moudre les grains.
Les pestors, (c'est ainsi que l'on nommait en gaulois ceux qui tiraient la farine du grain, du lalin pistores), qui étaient les fariniers, commencèrent à les moudre sans les monder ; et, pour séparer la plus fine farine de la grosse et du son, ils se servirent de gros linges clairs qu'on avait faits en Egypte avec des filets d'écorces d'arbres, en Asie avec des fils de soie, en Europe avec du crin de cheval ; dans la suite, avec des fils de poil de chèvre, et avec des soies de cochon, d'où est venu le nom de sas que l'on donne à une espèce de tamis.


La multiplication des moulins

L'usage du pain étant devenu général partout où l'on avait du grain, augmenta la consommation de la farine et l'emploi des moulins. Tout cela ne se fit pas sans que la mouture des grains se perfectionnât. On ajouta aux moulins des bluteaux pour tamiser la farine à mesure que les meules moulent le grain ; on cessa presque de tamiser à la main, comme on avait cessé de moudre à bras ; et, comme il en coûtait moins de moudre dans les moulins à eau ou à vent qu'à moudre chez soi à bras ou par des animaux, on se mit dans l'usage de moudre son grain dans ces grands moulins, qui devinrent publics, moyennant une rétribution.

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