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L'origine de Milice


Les anciens peuples étaient tous guerriers. Chez les Hébreux, dès l'âge de 21 ans, les hommes étaient considérés comme disponibles pour la guerre. On n'accordait d'exemption qu'aux malades et aux infirmes. En Perse, nul n'était exempt du service personnel.


La milice dans la Grèce antique

Tous les Grecs étaient soldats, et soumis à deux réquisitions : la première à 40 ans, pour l'inscription sur les contrôles ; la seconde à l'âge fixé pour les combats. Il y avait des peines sévères contre quiconque se serait soustrait à l'inscription ; et celui qui aurait refusé d'obéir à la seconde réquisition aurait été puni de mort. La surdité, les maladies incurables et les défauts de conformation pouvaient seuls exempter du service personnel.
Dans la république d'Athènes, dès l'âge de 18 ans ou était exercé aux armes ; à 20 ans on se faisait inscrire sur les registres de départ. On restait sous les drapeaux jusqu'à l'âge de 45 ans.


La milice dans la Rome antique

Chez les Romains, au commencement de la monarchie, il n'existait que deux classes, des guerriers et des laboureurs. Servius Tullius fixa deux âges militaires : le premier comprenait les citoyens de 17 à 47 ans ; le second, ceux qui avaient plus de 47 ans. Le premier âge fournissait à la guerre, le second faisait le service des villes. Nul ne pouvait aspirer à une fonction civile ou religieuse qu'après avoir servi pendant dix ans.
On était inscrit sur les listes de la conscription à 14 ans ; on marchait à 17 ans. Les années de service exigées pour être admis dans les emplois civils comptaient de ce dernier âge ; mais l'exercice de ces emplois ne dispensait pas de l'obligation de porter les armes : on n'en était exempt qu'à l'âge de 55 ans. La conscription constituait le premier privilège du citoyen.
Les affranchis, à moins de péril imminent, n'étaient point admis dans les légions ; on n'y recevait que les citoyens désignés par ces mots, optimo jure cives.
On divisait la milice romaine en trois classes : la première, appelée sacramentum, atteignait tous les citoyens ; la seconde, conjuratio, se composait de ceux qui avaient répondu au cri de guerre du général chargé de commander l'armée, après que le sénat avait déclaré la guerre ; la troisième, evocatio, n'était formée que dans le cas de danger imminent.


La milice en France

Chez les Francs, et sous les rois de la première dynastie, la nation entière était militaire. Sous Charlemagne et ses successeurs, aucune classe n'était exempte du service. Jusqu'à Clotaire Ier, les Gaulois n'étaient point admis dans les armées françaises ; on n'y recevait que des Francs, des Bourguignons et des Allemands.
Jusqu'à Charles VII, on suivit les capitulaires de Charlemagne pour la levée des troupes ; ces levées étaient divisées en ban et arrière-ban. La durée du service était, ordinairement, de trois mois ; elle a varié selon les circonstances.
Philippe-Auguste créa une milice à sa solde. Philippe-le-Bel régularisa les appels du ban et de l'arrière-ban : il fixa l'âge de la réquisition à 18 ans, et n'accorda d'exemption qu'aux seuls vieillards et infirmes. Pendant la guerre de Flandre ce prince créa une armée permanente.
Charles VII institua les francs archers. Chaque canton était tenu d'en fournir un, et de l'entretenir en tout temps pour le cas de guerre. On fait remonter à cette époque la création des milices ; toutefois on avait déjà eu la milice des communes sous Philippe Ier.
Jusqu'à la fin du XVe siècle, la levée des armées se fit toujours sous la dénomination de ban et d'arrière-ban, et d'après les règles posées par Philippe-le-Bel.
Au commencement du XVIe siècle, François Ier introduisit un nouveau mode de recrutement, celui des enrôlements volontaires avec prime ; mais le ban et l'arrière-ban furent encore conservés comme ce qu'il y avait de plus avantageux. C'est sous ce prince que l'armée permanente reçut quelque accroissement de force, par la création des légions (sept de 6000 hommes chacune).
Sous Henri IV les provinces fournissaient les soldais, les armaient et les payaient.
Louis XIII exigea que le service fût personnel, et que tous les possesseurs de fiefs entrassent dans la cavalerie.
C'est sous Louis XIV que se fît la première levée qui semble avoir été basée sur une population militaire ; en 1645, époque de cette levée, ce prince rendit les communes solidaires de leur contingent.

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