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L'origine de Mime


Nom que les anciens donnaient à une espèce de poésie dramatique, aux acteurs qui la composaient et aux autres acteurs qui la jouaient. Plutarque distingue deux sortes de mimes : les uns, dont le sujet était honnête, aussi bien que la manière, approchaient assez de la comédie ; les autres n'étaient que des bouffonneries, et les obscénités en faisaient le caractère.


Inventé par Sophron de Syracuse

L'inventeur des mimes n'a pas été, comme l'a cru Cassiodore, Philistion de Magnésie, qui, selon la chronique d'Eusèbe, n'a vécu que sous l'empire d'Auguste ; mais plutôt Sophron de Syracuse, qui vivait du temps de Xerxès. Platon prenait du plaisir à lire les mimes, semés de leçons de morale, que cet auteur avait composés ; mais à peine le théâtre grec fut-il formé, que 1'on ne songea plus qu'à divertir la multitude avec des farces et des acteurs qui, en les jouant, représentaient, pour ainsi dire, le vice à découvert.


Les mimes dans la Rome antique

Les mimes plurent aussi aux Romains, et formèrent la quatrième espèce de leurs comédies. Les acteurs mimiques se distinguaient à Rome par une imitation licencieuse des mœurs du temps. Ils jouaient sans chaussure, ce qui faisait quelquefois nommer cette comédie déchaussée ; au lieu que dans les trois autres les acteurs portaient pour chaussure le brodequin, comme le tragique se servait du cothurne. Ils avaient la tête rasée, ainsi que nos bouffons l'ont dans les farces ; leurs habits étaient de morceaux de différentes couleurs, comme celui de nos arlequins. Ils paraissaient aussi quelquefois sous des habits magnifiques et des robes de pourpre ; mais c'était pour mieux faire rire le peuple par le contraste d'une robe de sénateur avec la tête rasée et les souliers plats. C'est ainsi qu'arlequin sur notre théâtre revêt quelquefois l'habit d'un grand seigneur. Ils joignaient à cet ajustement la licence des paroles et toutes sortes de postures ridicules.
Quoi qu'il en soit, le jeu mimique passa jusque dans les funérailles, et celui qui s'en acquittait fut appelé archimime. Il devançait le cercueil, et peignait par ses gestes les actions et les mœurs du défunt ; les vices et les vertus, tout était donné en spectacle.
Parmi les poêles mimographes des Latins, qui se distinguèrent en ce genre, les deux plus célèbres furent Decimus Laberius, et Puhlius Syrus. Le premier plut tellement à Jules César, qu'il en obtint le rang de chevalier romain et le droit de porter des anneaux d'or. Il avait l'art de saisir à merveille tous les ridicules, et se faisait redouter par ce talent. Cependant Publius Syrus lui enleva les applaudissements de la scène, ce qui le détermina à se retirer à Pouzol.
Un grand nombre de sentences dont Syrus semait ces petites pièces nous sont parvenues isolées dans les écrits d'Aulu-Gelle, de Macrobe et de Sénèque ; elles ont été réunies et souvent imprimées.

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